Dires du Calife

L’importance du mahr : don de l’époux à l’épouse

Le mariage est une institution sacrée en Islam.
Le Calife (aba) nous rappelle l'importance du mahr, le don que l’époux doit faire à l’épouse : son montant est fixé avant l’annonce du mariage islamique.

Par Nabil Ahmad Mirza

Le mahr est la propriété de la mariée : elle peut l’utiliser comme bon lui semble. L’Islam reconnaît ainsi le droit de l’épouse à la propriété. Le Saint Coran déclare à cet effet :

« Et donnez de plein gré leurs mahrs aux femmes. Cependant, si de leur bon plaisir, elles vous en remettent une partie, alors profitez-en sans hésitation et avec plaisir. »

Le Saint Coran, chapitre 4 verset 5

Dans un autre verset, Allah insiste sur l’importance du mahr :

« Vous sont interdites les femmes qui sont déjà mariées, excepté celles que votre main droite possède. Voilà ce qu’Allah vous a prescrit. Et il vous est permis toutes les autres femmes que vous chercherez au moyen de vos biens, les épousant convenablement et non en débauchés. Et en retour des avantages provenant d’elles, remettez-leur leur mahr comme une obligation et il n’y aura pas de péché une fois la question du don réglée, concernant ce que vous pourrez consentir l’un à l’autre. Assurément Allah est Omniscient, Sage. »

Le Saint Coran, chapitre 4 verset 25

Le deuxième Calife de la Communauté Ahmadiyya déclare : « Le mahr offre à la femme une propriété fixe sur laquelle elle détient une autorité personnelle. Elle a de nombreux besoins que les hommes considèrent comme sans importance : or ils sont importants pour elle. De plus, il y a certains points qu’elle ne peut expliquer à son mari. La charia a reconnu ses besoins et a fixé une propriété indépendante pour elle. En lui attribuant le mahr, l’Islam a établi son droit et a ainsi comblé un grand besoin de la société. » [1]

Le mahr doit être impérativement payé par le mari sauf si la femme l’en exonère. Sa Sainteté le Cinquième Calife (aba) déclare à cet égard : « Le but du mahr est qu’il soit offert [à la femme] et pas pour qu’elle en exempte [son mari]. C’est le droit légitime de la femme. Celles qui veulent en exempter leurs maris doivent leur demander de leur remettre la somme [dans un premier temps]. Si elles sont généreuses et courageuses pour le lui rendre, elles peuvent le faire. » [2]

Attirant l’attention sur le paiement du mahr, Sa Sainteté le Calife (aba) a aussi déclaré : « Abou Hourayra (r.a.) relate que le Saint Prophète Mohammad (s.a.w.) a déclaré : « Un homme qui épouse une femme et qui fixe le mahr avec l’intention de ne pas le payer est coupable d’adultère. Celui qui contracte un emprunt sans intention de le rembourser est à mes yeux un voleur. »[3]

« Il est important pour un homme de payer le mahr. S’il a de mauvaises intentions, il est coupable de perfidie et de vol. » [4]

Sa Sainteté le Calife déclare à cet égard : « Ali s’est marié à Fatimah en l’an deux de l’Hégire. […] Il déclare : « Je me suis présenté au Saint Prophète Mohammad (s.a.w.) et je lui ai demandé la main de Fatimah. » Il m’a répondu : « Possèdes-tu de quoi offrir comme mahr ? » J’ai répondu : « Je possède un cheval et une cotte de maille. » Le Saint Prophète Mohammad (s.a.w.) a répondu : « Tu auras besoin du cheval. Tu peux vendre ta cotte de maille. » Sur ce, je l’ai vendu pour 480 dirhams pour débourser le mahr. »

D’aucuns pensent qu’ils peuvent fixer n’importe quelle somme pour le mahr et qu’ils la verseront plus tard. Le Saint Prophète Mohammad (s.a.w.) a demandé [à ‘Ali] de faire le nécessaire pour débourser le mahr avant le mariage. Cela signifie que c’est un droit immédiat [de la femme avant le mariage.] Certains hommes m’écrivent pour me dire que leurs femmes réclament le mahr, tandis qu’ils mènent une vie conjugale heureuse. Elles ont en fait le droit de le réclamer et il faudra le débourser tout de suite. Ne pas le faire peut conduire à des querelles. Certaines personnes affirment également que le mahr doit être réglé lors des divorces ou de la séparation [demandée par la femme], tandis que cela n’a aucun lien avec les accords de divorce. »[5]

Sa Sainteté le Calife déclare : « Cette alliance (le mariage) est scellée en public en prenant Allah comme témoin, en promettant de respecter les conditions de la taqwā. Pourtant, il existe des gens qui ne s’en soucient guère. Ils ne respectent pas les droits de leurs femmes et les maltraitent. Bien qu’ils sont aisés, ils dépensent peu sur leur foyer et ne paient pas le mahr de leurs femmes, alors qu’au moment du nikah, ils s’étaient levés très fièrement devant l’audience pour déclarer qu’ils étaient d’accord avec le montant ! On ignore si ces personnes acceptent le montant du mahr par prétention ou si leur intention était de ne pas le payer quelle que soit la somme.

Ces individus doivent méditer sur le hadith dans lequel le Saint Prophète Mohammad (s.a.w.) déclare que ceux qui fixent le montant du mahr sans l’intention de le payer sont coupables d’adultère. Qu’Allah fasse preuve de miséricorde ! Même s’il existe moins d’un pour cent de gens de cette catégorie parmi nous, voire une sur mille, nous devrions nous en inquiéter car nous pourrons garantir la norme excellente de la moralité et de la spiritualité des nouveaux venus uniquement quand celle des anciens sera élevée. D’où la nécessité de prendre en considération ces faits ! »[6]


[1] Fatawa Hadrat Musleh Mau‘ud, vol. 2, p. 22

[2] Sermon du vendredi 12avril 2012, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad

[3] Majma-al-Zawā’id, vol. IV, p. 131

[4] Sermon du vendredi prononcé le 6 février 2004 à la mosquée Baitul-Futuh à Londres. Khutbāt-i-Masroor, vol. 2. p. 111, édition 2005. Publié par la Nazārat-i-Ishā’at, Rabwah

[5] Sermon du vendredi 04 décembre 2020, prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, à la mosquée Moubarak, à Islamabad, Tilford au Royaume-Uni.

[6] Sermon du vendredi prononcé le 27 février 2004 à la mosquée Bait-ul-Futuh à Londres. Publié dans le journal Al-Fazl International du 12 mars 2004


A propos de l’auteur : Nabil Ahmad Mirza est Rédacteur-en-Chef adjoint de La Revue des Religions. Il est originaire de France et est actuellement missionnaire de la communauté musulmane Ahmadiyya dans la ville de Montréal, située dans la province du Québec. Il intervient également régulièrement dans les émissions francophones de la MTA.

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