Islam

Comment célébrer l’Aïd-ul-Ad-ha?

La Ka'aba est un lieu sacré du culte musulman.
La Ka'aba est un lieu sacré du culte musulman au sein du masjid al-Haram (« La Mosquée sacrée ») à La Mecque
Comment célèbre-t-on Aïd-ul-Ad-ha en Islam ? Quel est le sens véritable de cette fête ? Suffit-il de sacrifier un animal pour mériter le plaisir d’Allah ?

L’Aïd-ul-Ad-ha est célébré le dixième du mois de Dhul-Hajj du calendrier islamique pour commémorer l’obéissance d’Ibrahim (Abraham) et de son fils Isma’il (Ismaël), que la paix soit sur eux. Allah accepta la dévotion et l’obéissance des deux et décréta qu’un agneau fût sacrifié au lieu d’Isma’il, que la paix soit sur lui (pour accomplir le rêve de son père). Les musulmans qui se réunissent à la Mecque pour le Hajj, offrent ce sacrifice pour l’Aïd-ul-Ad-ha, en suivant l’exemple d’Abraham. Cet acte de sacrifice est accompli par les musulmans partout dans le monde.

Préparation pour la prière de l’Aïd

À l’occasion de cette fête, tous les musulmans, hommes, femmes, et enfants participent à la prière de congrégation de deux Rak’at qui est effectuée, si possible, à l’extérieur, en dehors du village ou de la ville.

Tôt le matin le jour de l’Aïd, après s’être douchés, les musulmans, jeunes et vieux, se vêtissent de leurs meilleurs habits. Les femmes ainsi que les hommes se parfument selon la pratique du Saint Prophète Muhammad, que la paix et les bénédictions d’Allah soient avec lui. Des plats spéciaux sont préparés pour la fête de l’Aïd dans les foyers musulmans.

La prière de l’Aïd

L’heure de la prière de l’Aïd est avant midi. À l’instar de la prière du vendredi, la prière de l’Aïd est toujours faite en congrégation. Il n’y a ni Adhan ni Iqamah pour la prière de l’Aïd.

Dans la première Rak’ah de la prière de l’Aïd, l’Imam dit le Takbir-ut-Tahrim et récite le Thana´ avant de lever les mains vers les oreilles et, sept fois, en disant Al-lahu Akbar à voix haute. Après le septième Takbir, l’Imam croise les bras de la manière normale et poursuit la prière. Les fidèles suivent l’Imam dans tous ses gestes mais disent Al-lahu Akbar en silence. Dans la deuxième Rak’ah il y a cinq Takbirat, où l’Imam et les fidèles lèvent leurs mains jusqu’aux oreilles et les ramènent vers les côtés tout en disant Al-lahu Akbar à chaque fois.

A la fin de la deuxième Rak’ah, après la récitation du Tachah-hud et Darud ainsi que les supplications prescrites, l’Imam termine en tournant sa tête à droite et à gauche en répétant As-salamu ‘aleïkum wa rahmatul-lah.

Après la prière de l’Aïd l’Imam présente son sermon, qui, comme la prière du vendredi, consiste en deux parties. Notons que le sermon précède la prière dans le cas de la Salat-ul-Jumu’ah, tandis que dans le cas de l’Aïd s’est le sermon qui suit la prière.

Après les deux Rak’at de la prière de l’Aïd-ul-Ad-ha, l’Imam et la congrégation récite la formule de glorification de Dieu suivante, d’une voix audible :

ٱللّهُ أَكْبَرُ ٱللّهُ أَكْبَرُ لا إِلهَ إِلاَّ اللّهُ

وَ ٱللّهُ أَكْبَرُ ٱللّهُ أَكْبَرُ وَ ِللّهِ ٱلْحَمْدُ

Al-lahu akbar al-lahu akbar la ilaha il-lal-lahu wal-lahu akbar al-lahu akbar wa lil-lahil hamd

Traduction :

Allah est le plus grand ! Allah est le plus grand ! Personne ne mérite d’être adoré excepté Allah et Allah est le plus grand ! Allah est le plus grand ! Et toutes les louanges sont à Allah.

De même, à partir de l’heure de la prière de Fajr au neuvième jour de Dhul Hajj jusqu’à celle de la prière de ‘Asr au treizième du même mois, une récitation audible de cette formule est faite après chaque prière Fard.

L’immolation d’un animal et le sacrifice véritable

Hazrat Mirza Masroor Ahmad, le cinquième Calife de la communauté Ahmadiyya explique l’essence même de cette célébration en ces termes : « Des millions de musulmans de par le monde sacrifient des animaux le jour de l’Aïd-Ul-Adha (ou Aïd-el-Kebir) en honneur au Hajj et au sacrifice consenti par le Prophète Abraham et son fils Ismaël. Or, le sacrifice d’un animal en soi ne fait pas mériter au musulman l’assentiment divin. La pureté du cœur et la Taqwa (crainte révérencielle et amour divin) sont les vertus qu’Allah valorise chez le croyant. Ainsi immoler l’animal le plus gras ou le plus cher n’a aux yeux d’Allah aucune valeur si sacrifice ne s’accompagne pas de crainte révérencielle de Dieu et de la purification du cœur. […] Les sacrifices des animaux ont pour vocation de servir de rappel. Sommes-nous prêts à nous sacrifier pour Dieu, tout comme nous sacrifions pour notre bien-être ces créatures inférieures ? C’est notre Taqwa et non le sang et la chair de cet animal qui atteint Dieu. Nous devons nous sacrifier dans Sa voie à l’instar de ces animaux que nous égorgeons. Si notre Taqwa n’est pas à la hauteur, elle sera imparfaite. » [1]


[1] Sermon de l’Aïd-ul-Adha, prononcé le 2 septembre 2017

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