Dires du Calife

Sagesses du Calife : comment répondre à la haine

Hazrat Mirza Masroor Ahmad, le cinquième Calife de la Communauté Musulmane Ahmadiyya.
Hazrat Mirza Masroor Ahmad, le cinquième Calife de la Communauté Musulmane Ahmadiyya.
Face au torrent de haine qui s'abat sur la communauté musulmane Ahmadiyya, le Calife a prodigué de précieux conseils pour y faire face.

Par Asif Basit

Le monde a connu le phénomène sans précédent du confinement avec la pandémie du coronavirus. Dirigeants et populations se sont mobilisés pour tenter d’arrêter sa propagation et se débarrasser de ce virus mortel. Mais un groupe d’individus, indifférent à la misère de l’humanité, était aveuglé par sa vicieuse ambition : celle d’écraser l’Ahmadiyya et d’effacer son nom de la surface de la terre. Les forces anti-Ahmadiyya considèrent leur basse besogne comme un travail à plein-temps : l’oisiveté de leur confinement leur fut « utile » et leur campagne de haine semblait sans limite.

Une émission titrée « Jawab aap bhi dein » (dont l’objectif était d’inverser les rôles) a été lancée sur la chaîne MTA afin de démontrer l’ineptie de la campagne de haine anti-Ahmadiyya. L’objectif était d’interroger les détracteurs de l’Ahmadiyya sur leurs croyances et de mettre en évidence leur approche contradictoire à travers leurs propres réponses.

Lors d’une audience avec Sa Sainteté le cinquième Calife celui-ci évoquait les parties de l’émission qu’il avait suivies, offrant également de précieux conseils sur certains points mentionnés. Je présente ci-dessous quelques-uns afin que d’autres puissent également en bénéficier. Je tiens à préciser que si l’émission comportait des lacunes, elles étaient toutes dues à mon incompréhension ou parce que je n’étais pas en mesure de me conformer aux conseils de Sa Sainteté le Calife. Après la toute première émission, il a déclaré :

« Parfois, le ton que tu employais était un peu dur. Tu affirmes que les ahmadis apprennent leur manière de présenter leur message auprès de leur Imam, mais le ton que tu employais était parfois sévère. Nos adversaires ont tout fait pour nous blesser, mais mon ton n’a jamais été dur. Je n’ai jamais élevé la voix. Un ton doux est plus efficace. »

J’en ai naturellement éprouvé une grande tristesse. Lorsque je présente des émissions sur la MTA, l’idée que le Calife puisse, à un moment donné, visionner une partie de l’émission envahit toutes mes pensées. J’ai souffert énormément en comprenant qu’un de mes actes avait déplu au Calife.

J’étais assis, inondé de chagrin, lorsque j’ai reçu le message du Calife :

« Mais ne te retiens pas par peur. Sois audacieux. »

J’étais revenu à la vie, moi qui étais tel un homme mort. Cette phrase en apparence courte a insufflé une quantité d’énergie colossale en ma personne. Toutes mes craintes se sont dissipées avec cette courte phrase, anodine à première vue, mais empreinte d’une grande profondeur. Composée de sept ou huit mots, elle possède cette grande leçon d’équilibre que plusieurs pages ne pourront enseigner.

Dans une émission, nous abordions l’accusation selon laquelle les ahmadis avaient rejoint l’armée israélienne et étaient, par conséquent, en guerre avec les pays musulmans. À l’instar des autres calomnies contre l’Ahmadiyya, celle-ci n’est pas nouvelle et a été démentie par les gouvernements pakistanais d’antan. Mais afin de continuer leur campagne, nos opposants n’hésitent pas à recycler ces accusations périmées. Cette fois-ci, elle a été lancée par un journaliste pakistanais basé à Londres et a été reprise par les médias de pacotille du Pakistan. J’ai interviewé le journaliste pour lui demander ce qui l’avait poussé à énoncer pareils mensonges. Pourquoi tenter de créer une tempête dans un verre d’eau ? J’ai enregistré l’entretien et je l’ai diffusé pendant l’émission. Il n’avait pas de réponse : il s’est obstiné à dire qu’il retirerait ses propos si je pouvais prouver le contraire. J’ai insisté sur le fait que c’était lui qui avait porté cette accusation, donc la charge de la preuve reposait sur lui, pas sur moi. Le sophisme avait duré un peu trop longtemps. Sa Sainteté avait regardé une petite partie de l’émission, qui en était d’ailleurs la plus irritante. Lors d’une audience, le Calife a déclaré :

« Tu as fait traîner trop longtemps [la conversation]. Tu aurais dû voir qu’il était têtu et qu’il ne serait jamais d’accord avec toi ; pourquoi faire durer [la discussion] ? Je sais que les talk-shows pakistanais ont rendu ce style à la mode, mais je n’ai jamais aimé les longs débats. Présente-lui ton point de vue, demande-lui le sien et laisse le spectateur se faire son opinion. Son point de vue était infondé et n’importe qui aurait pu aisément tirer la juste conclusion. »

Dans une autre émission, un de nos intervenants avait fait un si long prologue avant de répondre à sa question que la moitié du temps de l’émission s’était écoulée. Le Calife a déclaré :

« [Les intervenants] doivent connaître la longueur d’une réponse requise et le temps imparti. Il doit planifier les introductions et les conclusions en fonction. Il a fallu tellement de temps pour en arriver au fait, que tu as dû parler vite et terminer rapidement l’émission. »

Sa Sainteté le Calife a ajouté :

« Chaque intervenant doit connaître le temps qui lui est imparti et tu dois parler lentement et clairement. Si le message n’est pas transmis, à quoi bon [cette émission] ? »

Ici encore, la consigne est révélatrice. Malgré la longue réponse de notre invité, j’étais content de pouvoir terminer l’émission dans le temps imparti. Mais le Calife m’a rappelé une fois de plus l’importance de l’équilibre. Faisant allusion à l’une des émissions, le Calife a déclaré :

« Demande à tes invités d’apporter [des arguments soutenus] par une recherche poussée. L’émission est sous un format nouveau : le contenu doit lui aussi être nouveau. J’ai remarqué qu’à certains moments, certaines réponses très courantes sont simplement répétées. Tes invités doivent venir avec du matériel bien étudié. »

Ceci nous rappelle à tous les dangers de la complaisance. Récupérer des réponses toutes faites et les déverser sur les spectateurs n’est pas une option envisageable. Nous devons être à la pointe de la recherche et devons explorer de nouvelles manières de présenter nos points.

Sa Sainteté le Calife a une soif sans égale de quête de nouveaux éléments : et ses encouragements vont dans ce sens. Je ne connais personne qui ait le cœur, l’esprit et les mains aussi ouverts lorsqu’il s’agit de faire des recherches et d’acquérir du nouveau contenu sur la véracité du Messie Promis (as) ou même sur tout ce qui peut être historiquement pertinent pour la communauté. Ne pas en tirer le meilleur parti serait très négligent et malheureux de notre part.

Au cours de cette étrange période, des vidéos troublantes et vulgaires sur certaines personnalités respectées de la communauté ont été diffusées sur YouTube. J’ai informé le Calife que les Ahmadis en étaient profondément blessés et demandaient que la MTA y réponde. Le Calife a déclaré :

« La grande révolution apportée par le Messie Promis (as) s’est faite par ses enseignements et ses écrits. Certes des accusations d’ordre savant et des citations erronées doivent être répondues pour rétablir les faits : mais répondre à des vulgarités, c’est se plonger dans la boue. À quoi bon ? »

Qui pourrait être plus blessé que le Calife par ces attaques grossières contre des personnes bénies de la communauté ? Mais qui d’autre défend la morale enseignée par le Saint Prophète de l’Islam, celle qui démarque l’humain et l’inhumain ? Ces grandes qualités morales ont été ravivées par des exemples pratiques du Messie Promis et aujourd’hui, son successeur en est un modèle inégalé. Cette réponse du Calife m’a permis de comprendre que toutes les peines ne doivent pas être exprimées publiquement. Ce chagrin est l’un de ceux que le Calife ne présente que devant son Seigneur. Il m’a dit un jour :

« Si jamais je te montrais les lettres que je reçois de nos adversaires, tu ne pourrais même pas les supporter. Si je commence à prendre de telles choses à cœur, comment pourrais-je accomplir mon devoir ? »

Voyez à quel point la leçon sur le maintien de l’équilibre est de plus en plus claire et belle : notre ton ne doit jamais être dur, mais nous ne devons pas non plus nous retenir par peur ou sombrer dans la négativité.


Cet article est la première partie d’un article qui a été publié en anglais dans le magazine Al-Hakam. Il a été traduit en français par Adnan Haider qui est Responsable de la MTA Francophone et qui intervient dans plusieurs émissions de la MTA.

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