Après la récitation du Tashahhoud, du Ta’awwouz et de la Al-Fatihah, Sa Sainteté, Hazrat Mirza Masroor Ahmad (aba), a poursuivi le récit d’épisodes de la vie du Messie Promis (as), mettant en lumière ses éminentes qualités d’humilité et de mansuétude.
La conduite du Messie Promis (as) envers autrui et sa noblesse dans la salutation
Sa Sainteté (aba) a expliqué que le Messie Promis (as) accueillait ses détracteurs les plus farouches avec une bienveillance et une hospitalité remarquables lorsqu’ils se présentaient à sa porte. Si d’aventure ces derniers sollicitaient une aide financière, il leur octroyait invariablement une somme supérieure à leur demande. Telle était sa grandeur d’âme face à l’adversité.
Sa Sainteté (aba) a également rapporté qu’un homme souffrant de troubles mentaux interpella un jour le Messie Promis (as) de façon fort discourtoise. Loin de s’en offusquer, le Messie Promis (as) lui répondit sur-le-champ. L’homme ayant exigé qu’il lui adressât la salutation de paix, le Messie Promis (as) s’exécuta de bonne grâce, avant de lui remettre quelque argent. L’homme s’en retourna joyeux, témoignant de la sollicitude constante dont le Messie Promis (as) faisait preuve, même à l’égard de personnes aussi difficiles.
Sa Sainteté (aba) a souligné que le Messie Promis (as) se levait fréquemment pour accueillir ses visiteurs. S’il était absorbé par une tâche à leur arrivée, il s’en détournait aussitôt pour leur accorder sa pleine attention.
À ce propos, Sa Sainteté (aba) a relaté la visite de Hazrat Mufti Muhammad Sadiq (ra). Reçu chaleureusement, ce dernier fut invité à s’asseoir le temps que le Messie Promis (as) allât lui préparer de quoi manger. Pensant que le Messie Promis (as) chargerait un tiers de cette tâche, Mufti Muhammad Sadiq (ra) fut bouleversé de le voir réapparaître quelques instants plus tard, portant lui-même le plateau de nourriture. Le Messie Promis (as) l’invita à se restaurer pendant qu’il allait lui-même quérir de l’eau. Devant tant d’égards, Mufti Muhammad Sadiq (ra) ne put retenir ses larmes. Cet exemple insigne invite à méditer à quel degré nous devons faire preuve de bonté et de compassion les uns envers les autres.
Sa disponibilité pour les tâches ménagères
Sa Sainteté (aba) a rappelé que le Messie Promis (as) n’éprouvait aucune aversion pour les tâches domestiques. Mufti Muhammad Sadiq (ra) raconte qu’alors qu’il cherchait un employé pour remplir un récipient d’eau en vue de ses ablutions, le Messie Promis (as) l’aperçut et s’enquit de ses besoins. S’emparant du vase, il alla lui-même puiser l’eau pour son disciple.
De même, Sa Sainteté (aba) a rapporté qu’une fois, plusieurs personnes s’étaient réunies dans la cour du Messie Promis (as) pour y déguster des mangues. Absorbés par leur conversation, les convives oublièrent de ramasser les épluchures, lesquelles commencèrent à attirer les mouches. C’est le Messie Promis (as) lui-même qui se chargea de nettoyer la cour et de jeter les reliefs du repas.
Son souci des autres avant lui-même
Sa Sainteté (aba) a cité le témoignage d’un employé qui accompagnait régulièrement le Messie Promis (as) lors de ses déplacements juridiques. En chemin, le Messie Promis (as) insistait toujours pour que son serviteur montât à cheval le premier. Devant le malaise de l’employé qui peinait à voir son maître marcher à ses côtés, le Messie Promis (as) le rassura en affirmant que, puisque la marche ne lui causait aucun désagrément, son serviteur ne devait éprouver aucune gêne à chevaucher.
Sa Sainteté (aba) a ajouté que lors de ses promenades, le Messie Promis (as) ne s’offusquait nullement que l’on marchât devant lui. Bien que ses compagnons veillassent à rester en arrière pour ne pas soulever de poussière sur sa personne, le Messie Promis (as) n’y prêtait aucune attention. Nul ne le vit jamais soucieux de faire étalage de son rang ou de sa stature.
Sa Sainteté (aba) a raconté qu’au cours d’un convoi funéraire, alors que l’on préparait la tombe dans un verger, le Messie Promis (as) s’assit modestement par terre. Un compagnon s’empressa d’étendre un drap à l’ombre d’un grand arbre pour l’y inviter. À mesure que les fidèles affluaient autour de lui, le Messie Promis (as) cédait sa place sur le drap à chaque nouvel arrivant. Ainsi, le Messie Promis (as) finit par s’installer à même le sol, tandis que ses disciples profitaient confortablement du drap ombragé.
Un autre exemple a été rapporté par Maulvi Abdul Karim de Sialkot (ra). En juin, la famille du Messie Promis (as) voyageait vers Ludhiana. Alors que la demeure venait d’être rénovée, Maulvi Abdul Karim s’assoupit sur l’un des lits. À son réveil, il découvrit le Messie Promis (as) allongé par terre à ses côtés. Ce dernier lui expliqua qu’il était resté ainsi afin de veiller sur son sommeil et de contenir le bruit des enfants.
Sa Sainteté (aba) a également évoqué la visite du Messie Promis (as) à Kapurthala, à l’invitation de Hazrat Munshi Zafar (ra). Arrivé à l’improviste par voiture à cheval — le train ne desservant pas la localité —, le Messie Promis (as) prit place dans une mosquée non-ahmadi et chargea le desservant des lieux d’informer Hazrat Munshi Zafar (ra) et Munshi Arora (ra) de sa présence. Munshi Arora (ra), saisi de surprise, peinait à croire que le Messie Promis (as) se fût rendu dans une mosquée non-ahmadi. Ces derniers accoururent et trouvèrent le Messie Promis (as) étendu à même le sol. Interrogé sur la soudaineté de sa venue, il répondit qu’il n’était point nécessaire de les importuner à l’avance, sa démarche visant simplement à honorer une promesse de longue date : celle de visiter Kapurthala.
Sa Sainteté (aba) a ensuite cité ces paroles du Messie Promis (as) : Sa nature était telle que s’il entendait les cris de détresse d’une personne souffrante au cours de sa prière, il aurait souhaité l’interrompre sur-le-champ pour lui porter secours et lui témoigner sa compassion. Il rappelait qu’il est immoral de délaisser une âme dans le besoin ; à défaut d’action concrète, la prière demeure un devoir. Le Messie Promis (as) préconisait cette haute exigence morale envers les hommes de toutes confessions, cela n’était pas seulement son enseignement, mais également sa pratique établie, par laquelle il donnait l’exemple à tous ses disciples.
L’humilité du Messie Promis (as) dans le dialogue et l’écoute
Sa Sainteté (aba) a souligné que le Messie Promis (as) accueillait toujours ses interlocuteurs avec un visage souriant. Chaque fidèle savait qu’il pouvait lui confier ses peines les plus intimes. Le Messie Promis (as) écoutait chaque récit avec une attention soutenue, sans jamais couper la parole à quiconque, et répondait avec une infinie délicatesse. Un jour, un homme tenta de poser son front sur ses pieds ; le Messie Promis (as) l’en empêcha aussitôt, qualifiant cette pratique d’inappropriée et rappelant que la salutation de paix était amplement suffisante.
Sa Sainteté (aba) a rapporté l’anecdote d’un visiteur habitué aux assemblées de dignitaires religieux et de pirs. Surpris par la liberté de ton des fidèles envers le Messie Promis (as), il estima que le lieu manquait de déférence. Le Messie Promis (as) lui répondit qu’il refusait d’être inaccessible ou d’inspirer la crainte, précisant qu’il méprisait une telle idolâtrie et que sa mission consistait précisément à abattre les idoles, à commencer par celle de l’arrogance. Le Messie Promis (as) affirma qu’il n’est point de pire idolâtre qu’un homme arrogant.
Sa Sainteté (aba) a également conté l’histoire d’un homme en proie à la dépression, qui égrainait ses malheurs auprès de quiconque voulait bien l’écouter. Lassés, ses proches lui conseillèrent de se rendre à Qadian pour consulter Hazrat Hakim Maulvi Nooruddin (ra). À son arrivée, l’homme rencontra le Messie Promis (as) et entreprit de lui narrer longuement ses griefs. Alors que l’assistance s’éclipsait, fatiguée par ce long monologue, le Messie Promis (as) resta là et prêta une oreille attentive jusqu’à ce que l’homme, épuisé, la gorge sèche, s’arrêtât de lui-même. Le Messie Promis (as) l’invita alors à se restaurer et à prendre du repos avant d’aller consulter Hazrat Hakim Maulvi Nooruddin (ra). Impressionné par tant de magnanimité, cet homme embrassa par la suite l’Ahmadiyya.
Son rejet de toute prétention personnelle
Sa Sainteté (aba) a rappelé le témoignage du propre fils du Messie Promis (as), attestant que son père ne vivait point à la manière des rois ou des nobles moghols, mais menait une existence modeste. Devant se rendre à Batala, il fit préparer une voiture à cheval. Ayant oublié un objet, il retourna brièvement chez lui. Entre-temps, le cocher prit d’autres passagers et quitta les lieux. Constatant l’absence du véhicule à son retour, le Messie Promis (as) effectua le trajet vers Batala à pied. Apprenant l’incident, Hazrat Mirza Sultan Ahmad (ra) réprimanda vivement le cocher. Le Messie Promis (as) intervint alors pour prendre sa défense, expliquant que l’homme n’avait commis aucune faute : devant gagner sa vie, il était naturel qu’il n’attendît point.
Sa Sainteté (aba) a ensuite cité ce passage des écrits du Messie Promis (as) :
« Il est très important pour les Ahl al-Taqwa (les personnes pieuses) de passer leur vie dans la simplicité et l’humilité. Ceci est une branche de la Taqwa par laquelle nous pouvons nous débarrasser de la colère injustifiée. Le dernier stade, qui s’avère être le plus crucial pour les gens pieux et honnêtes, est d’éviter la colère. L’arrogance et la vanité proviennent de la colère ; et, inversement, la colère est quelques fois une conséquence de l’arrogance et de la vanité. La colère est engendrée lorsque l’homme donne préséance à son nafs (moi) sur celui de l’autre. […] Je ne désire point que les membres de ma Jama’at se considèrent les uns les autres inférieurs ou supérieurs, ou encore qu’ils soient hautains ou méprisants envers autrui. Dieu sait qui est grand ou petit. Pareilles pensées sentent le dédain et j’ai peur que ce mépris, à l’instar d’une graine, ne pousse et n’engendre la destruction de son auteur. […] Certains traitent avec grande courtoisie les grands de ce monde. Mais grand est celui qui écoute en toute humilité les paroles de l’humble et qui accorde de l’importance à ses propos et qui ne blesse pas ses sentiments. Dieu Très-Haut déclare :
« Et ne vous donnez pas entre vous des sobriquets par sarcasme. C’est en effet très vilain de se faire une mauvaise réputation après avoir professé la croyance et ceux qui ne se repentent pas sont du nombre des injustes. » (Le saint Coran, 49 : 12)
Et ne vous diffamez pas les uns les autres, et ne vous donnez pas entre vous des sobriquets par sarcasme. Cet acte sied uniquement aux pécheurs et aux vicieux. Celui qui méprise l’autre ne mourra pas avant d’avoir été frappé lui-même du mal dont il l’accuse. Ne méprisez pas vos frères. Etant donné que vous vous désaltérez tous à la même source, comment savoir qui en boira davantage ? Le plus honorable n’est pas défini selon les principes de ce monde : le plus grand aux yeux d’Allah est celui qui est le plus Mouttaqi. Ceci est énoncé dans le verset suivant :
« En vérité, le plus honorable d’entre vous aux yeux d’Allah est le plus pieux parmi vous. Assurément, Allah est Omniscient, Très-Conscient. » (Le Saint Coran, 49 : 14) »
(Malfuzat, traduction anglaise, vol. I, p. 35-36)
En conclusion, Sa Sainteté (aba) a prié pour qu’Allah accorde à chacun la grâce de cultiver une humilité et une douceur sincères, afin que notre allégeance au Messie Promis (as) nous permette d’incarner et d’honorer les véritables enseignements de l’Islam.








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