Après la récitation du Tashahhoud, du Ta’awwouz et de la Al-Fatihah, Sa Sainteté, Hazrat Mirza Masroor Ahmad (aba) a indiqué qu’il poursuivrait la présentation de récits relatifs à la générosité du Saint Prophète (sa).
La générosité incomparable du Saint Prophète (sa)
Sa Sainteté (aba) a relaté que des gens s’étaient un jour présentés auprès du Saint Prophète (sa) pour lui demander des biens ; il les leur accorda. Les gens revinrent demander encore et encore, jusqu’à ce que le Saint Prophète (sa) n’eût plus rien. Il déclara alors qu’il ne dissimulerait jamais sa richesse à quiconque, et que celui qui s’abstenait de mendier serait préservé par Dieu. Il ajouta que celui qui cherchait à se rendre indépendant des biens de ce monde se verrait accorder cette indépendance par Dieu ; que celui qui s’efforçait de pratiquer la patience se verrait accorder la patience par Dieu — et que la patience demeurait la plus grande source de récompense.
Sa Sainteté (aba) a ensuite relaté qu’au cours d’un voyage, Abdullah bin Umar (ra), fils de Oumar bin Khattab (ra), montait un chameau d’une vigueur exceptionnelle qui devançait tous les autres. Chaque fois que le chameau d’Abdullah (ra) prenait la tête, Oumar (ra) le réprimandait et lui enjoignait de ne pas dépasser les autres. En réalité, Oumar (ra) ne supportait pas que quiconque précédât le Saint Prophète (sa).
Le Saint Prophète (sa), observant la scène, demanda à Oumar (ra) de lui vendre le chameau. Oumar (ra) répondit d’abord que le chameau appartenait au Saint Prophète (sa) de plein droit s’il le souhaitait, et refusa d’en accepter le prix ; mais le Saint Prophète (sa) insista, et Oumar (ra) lui vendit l’animal.
Une fois le chameau en sa possession, le Saint Prophète (sa) en fit don à Abdullah bin Umar (ra), lui signifiant qu’il lui appartenait désormais et qu’il pouvait en user et le monter à sa guise. Par ce geste, le Saint Prophète (sa) ne se contenta pas d’offrir un présent avec magnificence : il envoyait également le message que cette affaire n’était qu’une question mondaine, et qu’il n’y avait rien à y redire si le chameau devançait les autres, fût-ce le sien propre. Désormais, si le chameau prenait la tête, on ne pourrait que dire que c’était là le chameau offert par le Saint Prophète (sa) lui-même.
Sa Sainteté (aba) a relaté que lors d’un autre voyage, le chameau de Jabir (ra) se montra lent et paresseux. Le Saint Prophète (sa) mit pied à terre, saisit le chameau par la bride, l’encouragea à avancer, et l’animal se mit aussitôt à marcher d’un bon pas. Le Saint Prophète (sa) demanda à Jabir (ra) s’il était marié ; celui-ci répondit par l’affirmative, et le Saint Prophète (sa) lui conseilla d’être attentionné dans son foyer. Il lui proposa ensuite d’acheter le chameau, et Jabir (ra) le lui vendit. À son retour, le Saint Prophète (sa) fit remettre à Jabir (ra) le prix convenu, puis le fit appeler et lui annonça qu’il pouvait non seulement conserver la somme, mais également garder le chameau.
Sa Sainteté (aba) a rapporté qu’un homme se présenta un jour auprès du Saint Prophète (sa) pour lui demander des biens. Le Saint Prophète (sa) répondit qu’il n’avait rien à lui donner sur le moment, mais lui conseilla de se procurer ce dont il avait besoin en son nom, et qu’il réglerait sa dette dès qu’il recevrait des ressources. Oumar (ra) dit au Saint Prophète (sa) qu’il avait déjà pourvu aux besoins de cet homme et qu’il n’était pas tenu de s’engager sur des biens qu’il ne possédait pas encore. Cette remarque déplut au Saint Prophète (sa). Un homme des Ansars [les habitants originaires de Médine] prit alors la parole et dit au Saint Prophète (sa) qu’il devait donner sans craindre la pauvreté, car Dieu pourvoirait. Le Saint Prophète (sa) sourit et répondit que c’était précisément ceci que Dieu lui avait commandé.
Son souci de la formation morale des croyants
Sa Sainteté (aba) a souligné que le Saint Prophète (sa) n’était pas seulement généreux : il se montrait également compatissant et veillait à la formation morale des gens. Un Bédouin s’adressa un jour à lui pour solliciter de l’aide — peut-être en matière de prix du sang. Le Saint Prophète (sa) lui accorda des biens, puis lui demanda s’il avait été bon envers lui. Le Bédouin répondit que non.
Certains musulmans s’en offusquèrent et s’apprêtèrent à s’emparer de lui. Cependant, le Saint Prophète (sa) les retint. Il rentra chez lui et y invita le Bédouin. Là, il lui dit qu’il lui avait accordé ce qu’il avait demandé, et que pourtant il avait déclaré n’avoir pas été bien traité. Le Saint Prophète (sa) lui remit alors davantage de biens et lui demanda s’il reconnaissait maintenant avoir été bien traité. Le Bédouin répondit que oui, et pria pour le Saint Prophète (sa) et sa famille. Le Saint Prophète (sa) lui expliqua que sa première déclaration avait causé du déplaisir aux compagnons, et qu’il devrait aller leur dire ce qu’il venait de lui dire, afin d’apaiser leurs cœurs. Il ajouta que son exemple et celui du Bédouin ressemblaient à celui d’un voyageur et de son chameau qui s’enfuit : plus on court après lui, plus il s’éloigne.
Le maître du chameau dit à chacun de les laisser, lui et son chameau, car il connaît mieux son animal et sait comment l’approcher. Il prit alors de l’herbe dans sa main et s’avança vers le chameau. Le Saint Prophète (sa) conclut : s’il avait laissé les compagnons se saisir du Bédouin, celui-ci eût serait entré en Enfer ; mais il l’avait préservé de ce sort.
Sa prise en charge des dettes des défunts
Sa Sainteté (aba) a rapporté que lorsqu’un défunt était endetté, le Saint Prophète (sa) s’enquérait de savoir s’il avait laissé de quoi s’acquitter de ses dettes. Dans l’affirmative, il dirigeait la prière funéraire. Si on lui répondait dans la négative, il ne la dirigeait pas. Lorsque Dieu accorda au Saint Prophète (sa) des victoires, il déclara être plus proche des musulmans que leurs propres familles, et qu’en conséquence, si l’un d’eux mourait endetté, il en assumerait personnellement la charge. Si ce défunt avait laissé des biens, ceux-ci reviendraient à ses héritiers.
Sa Sainteté (aba) a également relaté que le Saint Prophète (sa) dit un jour à Zubair (ra) de lancer son cheval à bride abattue, lui promettant que toute la terre qu’il parcourrait lui appartiendrait. Le cheval s’arrêta à un certain point, et Zubair (ra) jeta alors le fouet qu’il tenait en main. Le Saint Prophète (sa) ordonna qu’on attribuât à Zubair (ra) la terre jusqu’à l’endroit où son fouet était retombé.
À la bataille de Tabûk, le Saint Prophète (sa) entra en possession d’un beau cheval dont il appréciait particulièrement la voix. Un homme s’approcha et le lui demanda ; le Saint Prophète (sa) le lui donna, malgré l’attachement qu’il lui portait.
Sa manière de tisser des liens avec les chefs de tribu
Sa Sainteté (aba) a expliqué qu’à la réception des butins de la bataille de Hounain, le Saint Prophète (sa) les distribua en premier lieu dans le but de resserrer les liens avec certains chefs et notables. Lorsqu’Abou Soufyan vit un amas de richesses devant le Saint Prophète (sa), il remarqua que le prophète était devenu l’homme le plus riche d’Arabie. Le Saint Prophète (sa) sourit et lui remit une généreuse part. Abou Soufyan demanda alors qu’il en fût de même pour ses fils ; le Saint Prophète (sa) y pourvut avec générosité. Abou Soufyan s’exclama alors que le Saint Prophète (sa) était d’une bonté rare. Il reconnut l’avoir combattu, et que le Saint Prophète (sa) était excellent à la guerre ; puis, ayant fait la paix avec lui, il déclara qu’il excellait tout autant dans la conciliation.
La manière dont les butins de la bataille de Hounain furent réparties répond en soi à l’allégation selon laquelle les musulmans auraient livré ces batailles pour s’emparer de butin. S’il en avait été le cas, ces butins auraient été immédiatement distribuées aux musulmans. Or, les premiers à en recevoir une part n’étaient pas des musulmans, mais des chefs et des notables, dans le but de nouer des alliances. De surcroît, le Saint Prophète (sa) ne garda rien pour lui-même et distribua aux compagnons une part comparativement modeste.
Sa Sainteté (aba) a rapporté qu’après la bataille de Hounain, des gens affluèrent vers le Saint Prophète (sa) pour lui demander des biens ; il donna jusqu’à n’avoir plus rien. Il demanda alors aux gens s’ils souhaitaient le voir devenir avare, affirmant que, par Dieu, il n’était ni avare, ni craintif, ni menteur.
Sa sagesse dans le don
Sa Sainteté (aba) a expliqué comment le Saint Prophète (sa) offrait un exemple admirable, non seulement en étant généreux envers quiconque faisant la demande, mais aussi en y apportant discernement. Un jour, le Saint Prophète (sa) distribuait des biens parmi les gens, mais en omettait délibérément une personne. Interrogé sur ce point, il dit : « Ô musulman », et répéta ces mots à la deuxième question. Interrogé pour la troisième fois, il expliqua que lorsqu’il distribuait des biens, il le faisait pour préserver de la tentation certaines personnes dont la foi était relativement faible, et qu’il n’en donnait pas à d’autres dont la foi était plus solide, car ceux-là n’en avaient pas besoin. Le Saint Prophète (sa) enseignait ainsi à porter une attention particulière aux plus vulnérables, afin qu’ils ne trébuchassent point du fait de leur faiblesse. Cet épisode renfermait quatre leçons. La première : il existe une différence entre être musulman et posséder la foi — l’un est apparent, l’autre est une richesse du cœur. La deuxième : savoir choisir les mots justes et le moment opportun. La troisième : être attentif aux sentiments d’autrui. La quatrième : ne jamais s’exprimer d’une manière qui peut devenir la cause de la défaillance d’un autre dans sa foi.
Sa Sainteté (aba) a conclu que la générosité du Saint Prophète (sa) ouvre également une fenêtre sur les autres dimensions de son caractère. De même que son enseignement était empreint d’équilibre, ses actes l’étaient tout autant. Sa Sainteté (aba) a prié pour qu’Allah accorde à chacun de méditer chaque aspect de la vie du Saint Prophète (sa) et d’agir en conséquence, en s’efforçant de façonner sa propre existence à son image et de rechercher ainsi la satisfaction de Dieu.









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