Après la récitation du Tashahhoud, du Ta’awwouz et de la Al-Fatihah, Sa Sainteté Hazrat Mirza Masroor Ahmad (aba) a récité les versets suivants du Saint Coran :
« Ceux qui dépensent leurs biens nuit et jour, en secret et ouvertement, auront leur récompense auprès de leur Seigneur ; nulle crainte ne les atteindra, et ils ne seront point affligés. » (Le Saint Coran, 2 : 275)
« Et dans leurs biens, il y avait une part pour celui qui demandait et pour celui qui ne pouvait pas. » (Le Saint Coran, 51 : 20)
Sa Sainteté (aba) a annoncé qu’il allait s’entretenir de la générosité du Saint Prophète (sa). Les récits prophétiques montrent comment le Saint Prophète (sa) ne cessait d’appeler les croyants à la générosité et comment il en donnait lui-même l’exemple, mettant ainsi en pratique l’enseignement qu’Allah le Tout-Puissant a déposé dans le Saint Coran. En vérité, chaque aspect de la vie du Saint Prophète (sa) était une incarnation vivante des enseignements moraux du Saint Coran — à tel point que son épouse, A’ishah (ra), déclara à son sujet : « Sa morale, c’était le Saint Coran. »
Une prière pour se prémunir de l’avarice
Il est rapporté que le Saint Prophète (sa) priait pour être préservé de l’avarice, de la paresse, d’une vie misérable, du châtiment du tombeau, et des épreuves de cette vie et de la mort.
La générosité rapproche de Dieu
Sa Sainteté (aba) a expliqué que le Saint Prophète (sa) conseillait aux croyants de ne jamais garder leur bourse fermée ; ils devaient au contraire la laisser ouverte, faute de quoi les richesses leur seraient retenues. En d’autres termes, il faut dépenser et venir en aide à autrui. De même, le Saint Prophète (sa) mettait en garde contre le fait de compter chaque sou lors d’une aumône, car Allah alors, en retour, compterait chaque sou au moment d’accorder Ses bienfaits.
Sa Sainteté (aba) a relaté qu’un jour le Saint Prophète (sa) déclara qu’un homme généreux est proche d’Allah, proche du paradis, proche des gens et éloigné du feu. Un avare, au contraire, est loin d’Allah, loin du paradis, loin des gens et proche du feu. Un ignorant qui donne en charité est plus cher à Allah qu’un avare qui se consacre au culte.
Il est également rapporté que le Saint Prophète (sa) dit que trois personnes n’entreront pas au paradis : celui qui trompe, l’avare, et celui qui ne cesse de rappeler aux autres ses bienfaits. Il précisa aussi qu’un vrai croyant est de nature simple et généreux, tandis qu’un pécheur est trompeur et impur. Ici, la simplicité ne désigne pas une personne sans finesse ; elle caractérise celui qui fuit les querelles, fait preuve de bonté et mérite le respect d’autrui.
Sa Sainteté (aba) a souligné que la meilleure richesse est celle que l’on dépense et que l’on donne en charité, car c’est cette richesse-là qui sera multipliée dans l’au-delà. Le Saint Prophète (sa) déclara qu’il n’est permis d’envier que deux catégories de personnes : ceux à qui Allah accorde des richesses et la capacité de les dépenser ouvertement en charité, et ceux à qui Il accorde la sagesse et qui s’en servent pour décider et orienter leurs actes.
La meilleure façon d’employer sa fortune
Sa Sainteté (aba) a rapporté que le Saint Prophète (sa) conseillait d’utiliser ses biens pour subvenir à ses besoins et de donner le surplus en charité. De même, la richesse que l’on garde pour soi n’est pas la meilleure que l’on possède ; celle que l’on envoie en avant pour les autres est encore plus précieuse.
Sa Sainteté (aba) a relaté qu’un jour le Saint Prophète (sa) aperçut un tas de dattes devant Bilal (ra) et lui demanda s’il ne craignait pas que la chaleur du feu de l’enfer ne vînt envelopper ces biens. Il l’exhorta à continuer de dépenser sans jamais redouter la pauvreté ni la faim, car Allah est là pour pourvoir.
Le Saint Prophète (sa) se considérait simplement comme le distributeur des richesses, tandis qu’Allah le Tout-Puissant en était le véritable pourvoyeur — ce que son épouse, Khadijah (ra), confirma en rappelant que, dès la première révélation, il portait secours aux pauvres et à ceux qui traversaient l’épreuve.
Deux qualités incompatibles chez un vrai croyant
Le Saint Prophète (sa) enseigna qu’un croyant ne peut jamais réunir en lui deux qualités : l’avarice et l’immoralité. La foi et l’avarice ne peuvent coexister en une même personne. Ce sont donc là les critères à l’aune desquels chacun doit s’examiner s’il aspire à devenir un vrai croyant.
Sa Sainteté (aba) a rapporté que le Saint Prophète (sa) dit que chaque matin, deux anges descendent : l’un prie Allah de récompenser ceux qui dépensent en charité, tandis que l’autre prie que la fortune de l’avare soit ruinée. Ainsi, la richesse de ceux qui ne dépensent pas reste sans bénédiction en ce monde, et cet avare n’en tire aucun bénéfice dans l’au-delà non plus.
Exemples de la générosité du Saint Prophète (sa) envers autrui
Sa Sainteté (aba) a rappelé que le Saint Prophète (sa) déclara qu’Allah est le Plus Généreux, et que, parmi les humains, lui-même était le plus généreux. Sa générosité, notamment durant le mois de Ramadan, a été comparée à un vent rapide : il distribuait en charité tout ce qu’il possédait.
Le Saint Prophète (sa) dit un jour que s’il avait une montagne d’or, il la distribuerait entièrement en charité. Il lui déplaisait de posséder une telle montagne et de laisser passer trois jours sans en avoir dépensé jusqu’au dernier sou, à l’exception de ce qu’il devait rembourser comme emprunts.
Sa Sainteté (aba) a relaté qu’un homme demanda un jour au Saint Prophète (sa) de lui accorder tous les moutons qui se trouvaient entre deux montagnes. Le Saint Prophète (sa) les lui accorda sans hésitation. Cet homme retourna auprès des siens et les encouragea à embrasser l’Islam, leur disant que le Saint Prophète (sa) était si généreux que nul n’avait à craindre la pauvreté.
Sa Sainteté (aba) a évoqué le jour où Oumm Salamah (ra) remarqua que le visage du Saint Prophète (sa) avait changé de couleur et pensa qu’il était souffrant. Elle lui demanda s’il se sentait mal, et il répondit qu’il n’était pas malade, mais qu’il était troublé parce qu’il se trouvait en possession de sept dinars depuis la veille et qu’une nuit s’était écoulée sans qu’il les eût distribués en charité, ayant simplement oublié de le faire.
Il est également rapporté qu’un jour, à l’issue de la prière, le Saint Prophète (sa) se hâta vers la demeure de l’une de ses épouses. Les gens s’inquiétèrent, et lorsqu’il reparut et vit l’inquiétude sur leurs visages, il leur expliqua qu’il était entré en possession d’or et qu’il ne souhaitait pas que cela le distraît durant la prière ; il avait donc ordonné que cette richesse fût distribuée en charité.
Sa Sainteté (aba) a relaté qu’un jour le Saint Prophète (sa) reçut des fonds en provenance de Bahreïn — la somme la plus importante qu’il eût jamais reçue. Il la distribua à quiconque se présentait à lui. Abbas (ra) s’approcha et lui en demanda également ; le Saint Prophète (sa) y consentit. Abbas (ra) se mit à charger autant d’or que ses vêtements pouvaient en contenir, mais fut incapable de soulever le fardeau. Il demanda alors au Saint Prophète (sa) de lui envoyer quelqu’un pour l’aider à porter l’or. Le Saint Prophète (sa) lui dit que cela ne serait pas possible. Abbas (ra) n’emporta finalement que la quantité qu’il était en mesure de porter seul. Ainsi, le Saint Prophète (sa) enseigna à ses compagnons à faire preuve de raison et de mesure.
Le Saint Prophète (sa) ne refusa jamais rien à quiconque lui demandait. Ali (ra) témoigna qu’il était le plus généreux de tous les hommes. Un jour, on lui offrit un pan de tissu qu’il porta en guise de chemise. Un compagnon le vit et lui demanda de le lui donner. Le Saint Prophète (sa) rentra chez lui, ôta le vêtement, le plia et l’envoya au compagnon qui le lui avait réclamé. Les gens dirent à ce compagnon qu’il n’avait pas bien agi, sachant que le Saint Prophète (sa) accordait tout ce qu’on lui demandait. Le compagnon répondit qu’il ne l’avait demandé que pour en être enveloppé comme linceul le jour de sa mort.
Sa Sainteté (aba) a relaté que le Saint Prophète (sa) reçut un jour soixante-dix mille dirhams, et qu’il n’en conserva pas un seul, les ayant distribués à tous ceux qui se présentèrent pour en solliciter.
Il est rapporté qu’un jour le Saint Prophète (sa) acheta une chemise pour quatre dirhams. Il la porta, et un compagnon lui en demanda le don ; il la lui remit. Il retourna alors chez le marchand et en acheta une autre pour quatre dirhams. Il ne lui restait plus que deux dirhams lorsque, sur le chemin du retour, il rencontra une esclave en larmes : on lui avait confié deux dirhams pour acheter de la farine, mais elle avait perdu l’argent. Le Saint Prophète (sa) lui donna ses deux dirhams restants. Elle continuait pourtant de pleurer, craignant d’être battue à son retour pour avoir tardé si longtemps. Le Saint Prophète (sa) l’accompagna jusqu’à sa demeure et salua les habitants avec les salutations de la paix. Ils ne répondirent pas les deux premières fois et ne le firent qu’à la troisième. Le Saint Prophète (sa) leur demanda s’ils n’avaient pas entendu ses premières salutations. Ils dirent que si, mais qu’ils souhaitaient que les salutations de paix se multipliassent sur eux. Quand le Saint Prophète (sa) leur dit que l’esclave craignait d’être châtiée, ses maîtres déclarèrent que, pour l’honneur d’avoir été accompagnés par le Saint Prophète (sa), elle était affranchie. Le Saint Prophète (sa) dit alors que les dix dirhams qu’il avait possédés ce jour-là avaient été d’une immense bénédiction : grâce à eux, le Messager d’Allah (sa) avait été vêtu, un compagnon avait été vêtu, et une esclave avait été affranchie.
Une mise à l’épreuve du caractère moral du Saint Prophète (sa)
Sa Sainteté (aba) a relaté qu’un homme vint un jour trouver le Saint Prophète (sa) pour lui demander d’envoyer de l’aide à un groupe de musulmans que la sécheresse avait réduits à la misère. Ali (ra) se trouvait alors auprès du Saint Prophète (sa) et répondit qu’il n’y avait rien à envoyer pour le moment. Un homme juif se trouvait à proximité ; il s’approcha du Saint Prophète (sa) et lui proposa de lui acheter des dattes à livrer ultérieurement, en lui remettant sur-le-champ une somme d’or à titre d’avance. Le Saint Prophète (sa) prit cet or et le remit à l’homme qui était venu solliciter de l’aide, en lui demandant de le distribuer équitablement entre les nécessiteux. Quelques jours avant la date convenue pour la livraison des dattes, l’homme juif se présenta au Saint Prophète (sa) dans un état de vive colère, proclamant que les Banou Abdil Muttalib étaient connus pour se dérober à leurs engagements commerciaux. Il était alors adversaire de l’Islam, et c’est dans cette disposition qu’il parla ainsi. Oumar (ra), qui entendit ces paroles, bouillonna d’indignation. Le Saint Prophète (sa), lui, demeura serein et sourit. Il demanda à Oumar (ra) de remettre à cet homme ce qui lui était dû et d’y ajouter un peu plus, en réparation du tort que lui avait causé sa colère. Lorsque Oumar (ra) apprit que cet homme était un érudit juif, il lui demanda comment il avait pu s’adresser ainsi au Saint Prophète (sa) avec un tel manque de respect. L’homme juif répondit que, lors de leur première rencontre, il avait reconnu en lui toutes les qualités d’un prophète à l’exception de deux, qu’il avait voulu mettre à l’épreuve : il voulait vérifier si la douceur du Saint Prophète (sa) l’emportait sur sa colère, et s’il témoignait autant de bonté et de compassion qu’on lui montrait d’ignorance et d’outrage. Ayant mis ces deux qualités à l’épreuve et les ayant trouvées bien réelles, il embrassa l’Islam — et plus encore : il fit don de la moitié de sa fortune pour la cause de l’Islam. Ainsi, la grandeur morale du Saint Prophète (sa) conduisit un érudit juif à embrasser l’Islam.











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