Traduit par Saimah Manahel Sharif
Lorsque l’on pense au Nouvel An, les célébrations viennent instinctivement à l’esprit.
Qu’il s’agisse de la descente de la boule à Times Square, New York le 1er janvier, des pétards et de la Fête des Lanternes pour le Nouvel An chinois, des repas festifs de Roch Hachana, ou encore des danses rituelles et des échanges de cadeaux lors de la Norouz, quelle que soit la tradition, le Nouvel An est généralement synonyme de festivités et d’échanges de vœux, souvent accompagnés de l’expression « Bonne année ! ».
Toutefois, le Nouvel An islamique, s’en distingue nettement de ces traditions.
Mouharram est l’équivalent de janvier dans le calendrier islamique : ce mois lunaire marque le début de l’année selon le calendrier de l’Hégire. Cependant, cette nouvelle année n’y est pas célébrée avec la même allégresse que dans d’autres cultures. En réalité, le mois de Mouharram est un temps de recueillement profond et de grande solennité pour les musulmans.
Il commémore l’un des événements les plus tragiques de l’histoire de l’Islam : le petit-fils du Saint Prophète, Mohammad (s.a.w.), ainsi que d’autres membres de sa famille, y furent victimes d’actes d’une extrême cruauté.
Sa Sainteté Mirza Masroor Ahmad (a.b.a.), chef de la communauté musulmane Ahmadiyya, explique à ce sujet :
« En ce mois de Mouharram, je souhaite attirer l’attention sur les prières. Cet incident est extrêmement tragique, marqué par une cruauté et une injustice sans précédent. Le petit-fils du Saint Prophète (s.a.w.), ainsi que d’autres membres de sa famille, y ont été martyrisés. » [1]
Houssain (r.a.), petit-fils bien-aimé du Saint Prophète Mohammad (s.a.w.), se tint ferme pour défendre sa foi et ses véritables enseignements, refusant le pouvoir tyrannique de Yazid, qui avait succédé à son père Amir Mou‘awiyah et s’était indûment réclamé du titre de calife. Ce choix conduisit au martyre cruel et tragique de Houssain (r.a.) ainsi que d’autres membres de la famille du Saint Prophète (s.a.w.). Aujourd’hui encore, les musulmans du monde entier commémorent ces atrocités survenues lors de la bataille de Karbala : certains organisent des rassemblements pour relater l’incident, d’autres participent à des processions au cours desquelles ils s’infligent des souffrances physiques, pour revivre la douleur éprouvée par ces âmes pieuses à Karbala.
En réalité, les véritables enseignements de l’Islam n’encouragent pas les manifestations extérieures de lamentation et de deuil. La commémoration de ces événements tragiques, conformément aux enseignements de l’Islam, consiste avant tout à tirer des leçons des événements de Karbala, comme l’explique Sa Sainteté Mirza Masroor Ahmad (a.b.a.) :
« Si le mois de Mouharram nous enseigne une leçon, c’est celle d’invoquer constamment le Douroud [prière invoquant les bénédictions sur le Saint Prophète (s.a.w.) et sa famille]. Pour accomplir nos devoirs envers les grands objectifs fixés par l’Imam de l’époque [le Messie Promis, Mirza Ghulam Ahmad (a.s.)], nous devons nous efforcer d’envoyer des prières sur le Saint Prophète (s.a.w.), nous consacrer à la prière et tout mettre en œuvre pour opérer un véritable changement intérieur. Parallèlement, nous devons faire preuve de fermeté face aux adversaires qui présentent les traits de Yazid. » [2]
Ainsi, bien que le Nouvel An islamique ne soit pas une période de célébration, il constitue un temps de réflexion sur soi et d’amélioration personnelle, ainsi qu’une occasion de renforcer son amour et sa dévotion envers le Saint Prophète (s.a.w.) et ceux qui lui étaient les plus proches. Plus encore, plutôt que d’utiliser les événements divisifs de Karbala, qui contredisent profondément les beaux enseignements de l’Islam et qui encouragent la violence sectaire encore aujourd’hui, ces événements doivent être envisagés comme une source d’enseignement pour l’ensemble des musulmans, comme l’explique Sa Sainteté (a.b.a.) :
« Si nous possédons une véritable compréhension, nous ne devons pas considérer le mois de Mouharram comme un simple temps de tristesse, ni comme une occasion d’exprimer ou de déverser colère et rancœur, ni comme un simple moyen d’extérioriser nos émotions. Au contraire, ce mois devrait être consacré à l’expression de l’amour et de l’affection mutuels. Il nous incombe de suivre Celui qu’Allah le Très-Haut a désigné en cette époque comme Juge et Arbitre équitable pour notre guidance [le Messie Promis, Mirza Ghulam Ahmad (a.s.)]. Ce n’est qu’à cette condition que nous pourrons être reconnus comme de véritables musulmans et contribuer à guider le monde. » [3]
À propos de l’auteur : Sarmad Naveed est imam de la communauté musulmane Ahmadiyya et diplômé de l’Institut Ahmadiyya des langues et de la théologie au Canada. Il occupe le poste de rédacteur en ligne et fait partie du comité éditorial de The Review of Religions, tout en coordonnant la section Facts from Fiction. Il intervient également comme membre de panels et animateur de programmes sur la chaîne MTA (Muslim Television Ahmadiyya), notamment dans l’émission Ahmadiyyat: Roots to Branches.
[1]Sermon du vendredi — 12 juillet 2024
[2]Sermon du vendredi — 10 décembre 2010
[3]Sermon du vendredi — 28 août 2020










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