Islam

La devise française gravée dans le Coran

La Grande Mosquée de Paris
La Grande Mosquée de Paris a été construite en hommage aux dizaines de milliers de morts de confession musulmane qui avaient combattu pour la France au cours de la Première Guerre mondiale.
Le Conseil français du culte musulman (CFCM), chargé de représenter l’Islam auprès de l’État français, a présenté sa charte des principes de l’Islam en accord aux souhaits du président Emmanuel Macron. Or, ces principes, rappelons-le, sont gravés dans le Coran depuis plus de 1400 ans.

Par Talha Rashid

Depuis son discours du 2 octobre 2020 sur le séparatisme islamiste, et encore plus depuis les deux récents attentats, le Président Emmanuel Macron et son gouvernement ont mis davantage de pression sur le CFCM afin d’établir une « Charte des principes pour l’islam de France ». Dans ce discours, le Président Macron avait souhaité que l’islam de France se conforme aux principes républicains. Il avait clairement affiché les objectifs qui étaient, entre autres, de libérer l’islam en France des influences étrangères, de mettre fin au système des imams détachés, de former et de promouvoir en France une génération d’imams et d’intellectuels qui défendent un islam pleinement compatible avec les valeurs de la République, et de promouvoir l’égalité homme-femme.

Que dit cette charte ?

Cette « Charte des principes pour l’islam de France » a été signée le 17 janvier 2021 et est fondée sur dix articles. En s’appuyant sur des versets du Saint Coran, ces dix articles mettent l’emphase sur divers principes comme la liberté de conscience, la non-criminalisation du renoncement à l’islam, la négation du concept de l’apostasie, l’égalité homme-femme, la fraternité, la lutte contre toutes formes de racisme, d’antisémitisme, d’homophobie, la lutte contre l’idéologie du takfir (excommunication), l’attachement à la raison et au libre arbitre, l’attachement à la laïcité et aux services publics, et la lutte contre la haine antimusulmane, la propagande et les fausses informations.

Cette charte affiche clairement l’objectif de lutter contre la diffusion de discours politiques dans les lieux de cultes. Elle souligne également le « rejet de toute forme d’ingérence et de l’instrumentalisation de l’islam à des fins politiques ».

Cette charte a le mérite de rappeler l’importance du respect de ces principes clés : or ces derniers ne sont pas étrangers à l’islam. Comme le montrent les versets cités dans la charte, l’islam les a préconisés plus de quatorze siècles de cela !

Le Coran : quatorze siècles d’avance !

Il serait naïf de croire que l’islam politique et les dérives extrémistes n’existent pas au sein de la communauté musulmane. Mais il est faux de croire qu’une majorité de musulmans partage pareilles idées et croyances. L’écrasante majorité des musulmans essaie de mettre en application les véritables préceptes de l’islam et leurs pratiques sont parfaitement conformes aux principes républicains. Mais malheureusement les dérives de quelques extrémistes, qu’il faut condamner sans aucune réserve, font bien plus de bruit, et on ne parle que très peu des Français de confession musulmane qui mènent une vie paisible et dont la pratique religieuse ne déroge à aucun principe de la République. L’adage africain est on ne peut plus adéquat : l’arbre qui tombe fait plus de bruit que la forêt qui pousse.

Le Saint Prophète Mohammad (sa) a reçu le Coran en révélation quatorze siècles de cela : ces enseignements sur la paix intercommunautaire et la tolérance étaient novateurs pour l’époque. Si certains musulmans enfreignent ces principes, ils sont les seuls à blâmer. L’islam n’est aucunement une religion en crise comme l’affirmait le Président Macron. C’est une religion universelle et intemporelle : ses préceptes, sans égal, ont inspiré les codes civils et constitutions de nombreux pays se revendiquant développés. Voici ci-dessous quelques valeurs clés prônées par le Coran.

Liberté

Le Coran défend la liberté de culte et le libre arbitre, comme le montrent les versets suivants :

« Nulle contrainte en matière de religion. »[1]

« Et si ton Seigneur avait imposé Sa Volonté, assurément tous ceux qui se trouvent sur la terre auraient cru ensemble. Veux-tu donc contraindre les hommes à devenir croyants ? » [2]

« Et dis : « C’est la vérité de la part de votre Seigneur ; ainsi, que croie celui qui veut croire, et que ne croie pas celui qui ne le veut pas. »[3]

Ces versets démontrent clairement que le Saint Coran défend la liberté de conscience et de religion.

Les critiques de l’islam rétorquent souvent que l’apostasie (le fait de renoncer à l’islam) est punie par le Saint Coran, et qu’à l’époque des gens ont été assassinés pour cette raison. Qu’il soit clair : l’apostasie n’est pas condamnée par l’islam. Le verset coranique suivant le démontre clairement :

« En vérité, ceux qui croient et qui ensuite perdent la foi, puis croient de nouveau et reperdent la foi et dont la mécréance augmente, Allah n’est pas Tel qu’Il leur pardonnera, et Il ne les guidera pas non plus sur le droit chemin. » [4]

Le fait qu’on peut croire et renoncer à sa foi et de nouveau croire et de nouveau renoncer à sa croyance démontre clairement que l’apostasie n’est aucunement condamnée par l’islam. Comme le mentionnent les versets précédemment cités, toute personne a le droit de croire et de ne pas croire. Ainsi quatorze siècles de cela, le Saint Coran avait accordé cette liberté fondamentale à tous !

Égalité

Le Coran prône très clairement l’égalité des hommes et des femmes :

« Leur Seigneur répondit donc à leurs prières en disant : « Je ne permettrai pas que le travail d’aucun d’entre vous, homme ou femme, soit perdu. Vous êtes les uns des autres… »[5]

« Mais celui, homme ou femme, qui fait de bonnes œuvres et qui est croyant, entrera au Paradis et ne sera pas lésé, même pas de la valeur du petit creux d’un noyau de datte. »[6]

Nous voyons encore une fois de plus l’égalité parfaite entre l’homme et la femme enseignée par le Saint Coran.

Fraternité

Le Coran affirme clairement que tous les peuples naissent égaux :

« Ô hommes, Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle ; et Nous avons fait de vous des clans et des tribus afin que vous puissiez vous reconnaître. En vérité, le plus honorable d’entre vous aux yeux d’Allah est le plus pieux parmi vous. »[7]

De plus, dans son sermon d’adieu, le Saint Prophète Mohammad (sa) affirme qu’un Arabe n’est pas supérieur à un non Arabe pas plus qu’un non Arabe n’est supérieur à un Arabe ; une personne blanche n’est pas supérieure à une personne noire, comme une personne noire n’est pas supérieure à une personne blanche.

Encore une fois, dès le 7e siècle, les enseignements islamiques avaient posé les bases du principe de fraternité parfaite !

La vie est sacrée

Le Saint Coran déclare : « Quiconque tuera une personne […] ce sera comme s’il avait tué l’humanité entière. » [8]

Mirza Ghulam Ahmad, l’Imam Al-Mahdi et Messie Promis et fondateur de la communauté Ahmadiyya, explique : « Quiconque abandonne la bonté abandonne la religion. Le Saint Coran enseigne que si quelqu’un tue une personne sans raison légitime, ce sera comme s’il avait tué le monde entier. De même, je dis que si quelqu’un n’est pas bienveillant envers son frère, c’est comme s’il avait été méchant envers le monde entier. » [9]

La vie humaine est sacrée en islam : comment les terroristes peuvent-ils justifier leurs actes barbares au nom de cette belle religion ?

Loyauté envers la patrie

Selon les enseignements de l’islam, la définition de la loyauté est : le respect sans équivoque de ses engagements et alliances à tous les niveaux et en toutes circonstances, quelle que soit la difficulté que cela suppose.

Le Saint Prophète Mohammad (sa) enseigne que « l’amour de sa nation fait partie de sa foi ». Le patriotisme sincère est donc exigé en islam. Afin de réellement aimer Dieu et l’islam, le musulman doit aimer sa nation.

Equité

À cet égard le Coran enjoint aux musulmans de respecter, en toutes circonstances, le principe de l’équité :

« Ô vous qui croyez ! Soyez fermes pour la cause d’Allah, et ne laissez pas l’hostilité d’un peuple vous inciter à agir autrement qu’avec justice. Soyez toujours justes, cela est plus proche de la droiture. Et craignez Allah. Assurément, Allah est au courant de ce que vous faites. » [10]

Financement des lieux de cultes

L’État français souhaite que les lieux de culte en France ne soient pas financés par des pays étrangers. Il s’agit d’une bonne initiative, car ceux qui financent peuvent également contrôler les discours qui sont tenus dans ces lieux et peuvent avoir une véritable influence sur les fidèles. La communauté musulmane Ahmadiyya qui est présente dans plus de 200 pays est exemplaire en ce sens. Les fonds qui permettent de construire les lieux de culte et d’assurer leur fonctionnement proviennent intégralement des membres de notre communauté. Elle ne reçoit aucun financement de pays étrangers. Nous sommes ainsi indépendants. De plus nos lieux de culte et nos prêches sont ouverts à tous. Tout le monde peut venir et écouter ce qui y est dit, on n’y entend que les véritables enseignements islamiques : l’unicité de Dieu, l’amour, et la tolérance.

Conclusion

Cette « Charte des principes pour l’islam de France » a le mérite de rappeler que les principes que l’ « islam en France » est invité à respecter ont été gravés dans le Saint Coran quatorze siècles de cela ! L’islam a été pionnier, et les a enseignés dès le 7e siècle : ils ont d’ailleurs inspiré les codes civils et constitution des pays occidentaux.

Par ailleurs aucun Etat ne devrait craindre les véritables enseignements islamiques. Dans l’un de ses discours, le chef suprême de la communauté musulmane Ahmadiyya, Hazrat Mirza Masroor Ahmad (aba) a déclaré :

« Le Saint Prophète Muhammad (sa) avait lui-même enseigné que « l’amour de sa nation fait partie de sa foi ». Le patriotisme sincère est donc exigé en islam. Afin de réellement aimer Dieu et l’islam, le musulman doit aimer sa nation. Il est donc clair qu’il ne peut exister aucun conflit d’intérêt entre l’amour que porte l’individu pour Dieu et l’attachement qu’il a pour son pays. Etant donné que l’amour de la patrie est partie intégrante de l’islam, le musulman devra s’efforcer d’atteindre les plus hauts niveaux de loyauté envers son pays d’adoption ; cela sera pour lui un moyen d’atteindre Dieu et de se rapprocher de Lui. Il est donc impossible que l’amour de Dieu devienne un obstacle, l’empêchant de démontrer l’amour et la fidélité réels envers la nation.  » [11]


A propos de l’auteur : Talha Rashid est Rédacteur en Chef de La Revue des Religions. Il est également Secrétaire national aux Affaires Externes pour la communauté Ahmadiyya de France. Il est titulaire d’un doctorat en biologie moléculaire et cellulaire de l’université Paris Descartes.


[1] Le Saint Coran, chapitre 2, verset 257

[2]Le Saint Coran, chapitre 10, verset 100

[3]Le Saint Coran, chapitre 18, verset 30

[4] Le Saint Coran, chapitre, 4  verset 138

[5] Le Saint Coran, chapitre 3, verset 196

[6] Le Saint Coran, chapitre 4, verset 125

[7]Le Saint Coran, chapitre 49, verset 14

[8]Le Saint Coran, chapitre 5, verset 33

[9] Al-Hakam vol. 9 no. 15, 30 avril 1905 p. 2: commentaire du Messie Promis, vol. 2, p. 405

[10] Le Saint Coran, chapitre 5, verset 9

[11] « Les préceptes de l’Islam eu égard à la loyauté et l’amour de sa nation » – discours prononcé au quartier général militaire de l’Allemagne en 2012.

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