Discours du Calife

La crise migratoire et la montée de l’extrême droite en Occident

Des enfants syriens sur un zodiac.
Depuis 2015 l’Union européenne a connu un afflux sans précédent de réfugiés et de migrants. Plus d’un million de personnes sont arrivées en Europe, la majorité d’entre elles ayant fui la guerre et le terrorisme qui frappent la Syrie et d’autres pays. © Nicolas Economou | Shutterstock.com

Le samedi 8 septembre 2018, devant un public de plus de 1000 dignitaires et invités, le chef mondial de la communauté musulmane Ahmadiyya, Sa Sainteté Hazrat Mirza Masroor Ahmadaba a prononcé un discours historique sur la crise mondiale de l’immigration et la montée de l’extrême droite en Occident.

Après avoir récité le Tashahhud, le Ta’awwuz et la Basmalah, le Calife a déclaré :

« Chers distingués invités, Assalamo Alaikum Wa Rahmatullahi Wa Barakatohu – que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur vous tous.

Récemment, l’extrême droite a pris de l’importance et ses membres ont augmenté, ici en Allemagne, comme dans plusieurs pays occidentaux. L’irritation et la frustration des citoyens natifs de ces pays sont les causes profondes de cette tendance inquiétante. Ils se sentent négligés, estimant que leurs dirigeants et leurs gouvernements négligent leurs droits.Sans nul doute, l’afflux d’immigrants dans de nombreux pays occidentaux au cours de ces dernières années a accentué cette anxiété. Cela a certainement été le cas ici en Allemagne, le pays qui a accepté plus de réfugiés que tout autre État européen. De ce fait, les populations locales craignent que leurs sociétés se transforment au-delà de leur compréhension, tout en estimant que les ressources nationales sont utilisées de manière disproportionnée en faveur des immigrés. Bien que le terme utilisé soit « immigré », le véritable problème pour la plupart des gens demeure « l’Islam » et du fait que la grande majorité des immigrés en Europe sont des musulmans fuyant des pays déchirés par la guerre au Moyen-Orient.

Ainsi, lorsque l’extrême droite et ses partisans lancent des appels de ralliement contre l’immigration, leur objectif réel est l’Islam et d’empêcher les musulmans d’entrer dans leur pays.

Ils considèrent que l’Islam est incompatible avec les valeurs occidentales et s’efforcent de prouver que les musulmans ne peuvent s’intégrer avec succès en Occident et qu’ils sont une menace pour les autres citoyens. En outre, de nombreux non-musulmans croient que l’Islam est une religion prônant l’extrémisme ; ils croient que les musulmans qui émigrent sont des extrémistes ou des fanatiques religieux qui empoisonneront la société, inciteront à la haine et perturberont la paix et le bien-être de leur nation. Cette peur a gagné certaines parties de ce pays, notamment en Allemagne de l’Est. Citons comme preuve les mouvements et les campagnes pour interdire la construction de mosquées.

La communauté musulmane Ahmadiyya, à laquelle nous appartenons, n’a pas été à l’abri de pareille opposition. Certains groupes allemands ont activement fait campagne contre nous pour nous empêcher de construire de nouvelles mosquées, en dépit de notre devise « amour pour tous, haine pour personne » et malgré le fait que depuis près de 130 ans, notre communauté est à l’avant-garde de la promotion de la paix, de la fraternité, de l’amour et de la compassion dans le monde. Notre histoire témoigne du fait que là où nous avons construit des mosquées, les craintes de la population locale ont rapidement disparu. Ceux qui nous regardaient naguère avec suspicion sont devenus nos amis fidèles et nos sympathisants sincères. Dans le monde entier, nos voisins témoignent avec joie que les musulmans ahmadis favorisent la paix dans la société et un message d’amour, de compassion et de sympathie humaine.  Cependant, la communauté musulmane Ahmadiyya a également dû subir les conséquences de l’état désastreux du monde musulman.

Une autre accusation soulevée par les opposants à l’immigration généralisée est que les migrants sont enclins à abuser sexuellement ou à harceler les femmes.  Malheureusement, un récent rapport a suggéré qu’une forte proportion de viols ou de tentatives de viol, dans un pays occidental, avait pour cause des immigrants. Dieu seul sait si ces chiffres sont exacts, mais lorsque de tels rapports sont rendus publics, d’autres pays sont affectés et les inquiétudes et les craintes des populations locales s’aggravent.

Un autre point sur lequel de nombreux partis et politiciens se sont penchés est le fardeau fiscal nécessaire pour réinstaller les immigrants. Outre leurs frais de subsistance quotidiens, les charges sur l’infrastructure résultant de l’immigration à grande échelle sont vastes. Le fardeau financier de l’État est considérable et au final ce sont les contribuables qui paient.

Ceux qui ont vécu et payé leurs impôts ont le droit de se demander s’il est juste que leurs contributions à l’État soient consacrées à l’établissement d’immigrants étrangers, au lieu de financer des projets bénéfiques pour les citoyens existants.

Je ne conteste pas la validité de ces questions : ces préoccupations sont légitimes et si elles ne sont pas traitées de manière opportune, les tensions sociales augmenteront. En outre, toute vague migratoire à grande échelle engendre inévitablement des problèmes de sécurité.

En effet, des individus malveillants cachés parmi les véritables réfugiés sont susceptibles de causer de graves dommages. Quelques jours auparavant, une réfugiée vivant en Allemagne, qui avait été kidnappée et emprisonnée en Irak, a raconté son choc et son horreur de voir que son ravisseur, membre d’un groupe terroriste, vivait désormais librement en Allemagne sous prétexte d’être persécuté.

J’avais émis des avertissements à ce sujet dans le passé : chaque cas devrait être analysé avec soin pour s’assurer que les extrémistes ou les criminels se posant comme des réfugiés n’aient pas le droit de séjour. Quoi qu’il en soit, ces problèmes signifient que la crainte d’une immigration massive de pays musulmans est, dans une certaine mesure, justifiée.

D’autre part, une personne impartiale, intelligente et sage doit examiner les deux faces de l’histoire : elle ne doit pas fonder son opinion des musulmans et de l’Islam sur des ouï-dire. Qualifier l’Islam de religion prônant l’extrémisme ou tous les musulmans de terroristes n’est pas juste. Il est essentiel d’évaluer les faits de manière rationnelle et objective avant de tirer une conclusion.

Il faut analyser si les actes condamnables de certains soi-disant musulmans sont motivés par les enseignements de l’Islam.  La religion musulmane permet-elle vraiment l’extrémisme ? Ou prescrit-elle des punitions sévères pour ceux qui sèment le désordre et la haine ? L’Islam encourage-t-il les musulmans à violer les lois du pays au nom de leur foi ? Que préconise l’Islam sur le comportement des musulmans dans la société ? L’Islam encourage-t-il les musulmans à accabler l’État ou les encourage-t-il à travailler dur, à être loyaux et à contribuer positivement à la société dans laquelle ils vivent ? Si l’on prouve que les musulmans qui nuisent à la société sont motivés par leur religion, les préoccupations de l’extrême droite seront justifiées. Leurs actions sont-elles réellement encouragées par l’Islam ? Les groupes anti-islamiques ne diffusent-ils pas des mythes haineux fondés sur la fantaisie plutôt que sur des faits concrets ?

Dans le peu de temps disponible, je mentionnerai quelques points qui, je l’espère, aideront à répondre à certaines de ces questions et vous permettront de comprendre la véritable essence des enseignements islamiques. Un principe islamique fondamental est qu’un musulman qui aspire à la paix, doit également s’efforcer d’offrir la paix et la sécurité aux autres. On évoque souvent des guerres du début de l’histoire de l’Islam en sous-entendant qu’il est une religion sanguinaire encourageant l’usage de la force et la coercition.

Or, les premiers musulmans ont enduré treize ans de persécution brutale et soutenue sans se venger en aucune façon. Ce n’est qu’après cette longue période qu’Allah le Tout-Puissant leur a permis de se défendre. Dans les versets 40 à 41 du chapitre 22 du Saint Coran, Allah le Tout-Puissant affirme que ceux qui avaient été persécutés et chassés de leurs maisons sont autorisés à se défendre contre la cruauté et l’oppression.

Le Saint Coran déclare en outre que si les musulmans ne défendaient pas leur religion, les églises, les temples, les synagogues, les mosquées et tous les autres lieux de culte seraient en grand danger. Ainsi, cette permission a été accordée afin de protéger les droits de chacun de vivre librement et selon leurs croyances. Au verset 100 du chapitre 10 du Coran, s’adressant au Saint Prophète d’Islam, Allah le Tout-Puissant déclare qu’Il aurait pu faire respecter Sa volonté et contraindre tout le monde à accepter l’Islam. Or, Allah le Tout-Puissant a préféré le libre arbitre. De même, au verset 30 du chapitre 18 du Saint Coran, Allah le Tout-Puissant déclare que les musulmans devraient prêcher ouvertement leur message et proclamer que l’Islam est une religion véridique. Le Coran déclare cependant que toute personne est libre d’accepter ou de le rejeter. Le verset dit : « Que croie celui qui le veut, et que ne croie pas celui qui ne le veut pas. »

Dans le Coran, Allah le Tout-Puissant fait également référence aux non-musulmans qui ont admis que l’Islam était une religion pacifique et bienveillante : mais ils ont refusé de l’accepter parce qu’ils craignaient que le chemin de la paix et de la compassion nuise à leurs intérêts matériels. Le verset 58 du chapitre 28 du Coran stipule : « Et ils disent : « Si nous devions suivre les directives avec toi, nous serions arrachés de notre terre ». » Voilà l’image véritable de l’Islam.  

Chaque musulman doit vivre en paix et contribuer à la société. Indiscutablement, les musulmans qui prétendent que le djihad signifie attaquer les non-musulmans ou les convertir par la force ont tort. De telles croyances et attitudes n’ont rien à voir avec les préceptes de l’Islam. 

Une autre accusation portée contre l’Islam, comme je l’ai déjà mentionné, concerne le traitement des femmes. Certains non-musulmans craignent que les musulmans émigrant en Occident attaqueront et maltraiteront les femmes locales.

En effet, certains migrants ont été coupables de pareils crimes et leur conduite honteuse a perpétué les craintes et l’angoisse. Cela étant dit, permettez-moi de préciser de manière catégorique que tout musulman qui enfreint l’honneur d’une femme ou la maltraite de quelque manière que ce soit, viole les enseignements de l’Islam.  L’Islam condamne pareil comportement et a imposé des peines très sévères contre ceux coupables de pareils crimes vicieux et répréhensibles.

À titre d’exemple, l’Islam déclare que si un musulman est coupable d’un tel crime, il devra être flagellé ouvertement, dans un lieu public. Ainsi, si vous souhaitez vraiment éliminer un tel comportement, faites-en sorte que les hommes musulmans coupables de tels crimes odieux soient punis conformément à la loi islamique – alors que, et j’en suis sûr, les gouvernements occidentaux condamneront cette idée et les défenseurs des droits de l’homme s’y opposeront certainement.

Comme mentionné plus tôt, une autre préoccupation majeure des citoyens est que l’accueil des réfugiés est un énorme engagement financier de la part de l’État. À cet égard, aucun immigrant ne devrait entrer dans une autre nation avec le sentiment d’y avoir droit ; les immigrés devraient plutôt réfléchir à ce qu’ils pourront offrir à la société d’accueil.

Je l’ai déjà dit maintes fois : les immigrants doivent se considérer redevables envers la nation qui les a acceptés. Ils doivent exprimer leur gratitude à la fois au gouvernement et au public ; et la manière de rembourser cette dette est de ne pas perdre son temps à chercher uniquement des avantages et des allocations de la part de l’État ; ils devraient plutôt contribuer à la société le plus rapidement possible. Ils devraient travailler dur et trouver un emploi, aussi simple soit-il. Cela leur permettra de préserver leur honneur et leur dignité personnels, et allégera le fardeau qui pèse sur l’État tout en dissipant les frustrations de la population locale. En fait, tout musulman doit garder à l’esprit cette parole du Saint Prophète de l’Islam (paix soit sur lui) : la main qui offre est supérieure à celle qui reçoit. À de nombreuses reprises, des gens ont cherché à aider ses compagnons, mais ces derniers ont refusé d’accepter leur aide et ont préféré gagner leur vie à la sueur de leurs fronts.

Comme je l’ai dit, même si les réfugiés sont contraints à accomplir des travaux inférieurs ou des emplois de base pour lesquels ils se considèrent trop qualifiés, cela vaudra mieux pour eux que de rester oisifs et d’attendre à ce que l’État réponde à tous leurs besoins. Sinon, les immigrés qui ne contribuent pas à la société seront la cause d’une agitation croissante au sein de la population. Par ailleurs, si les gouvernements accordent des avantages ou une aide financière aux immigrants, ils doivent veiller à ne pas négliger les besoins de la population locale. Dans certains pays, les immigrants ont bénéficié de meilleurs avantages que les citoyens contribuables, ce qui a provoqué une agitation publique.

Ces frustrations ne se dissipent pas d’elles-mêmes, et lorsqu’il y a frustration, la réaction ne tarde pas. Par conséquent, chaque gouvernement devrait mettre en œuvre des politiques raisonnables et équitables tenant compte des droits et des exigences des citoyens et des immigrés. Les citoyens devraient bénéficier d’un traitement et d’avantages meilleurs.

Quelques jours de cela, on a signalé que le gouvernement allemand envisageait une nouvelle politique selon laquelle les demandeurs d’asile seraient tenus d’effectuer un service communautaire d’un an après leur établissement en Allemagne. Certains critiques prétendent déjà qu’il s’agit simplement d’une forme de « main d’œuvre bon marché » et que cela n’aidera pas le processus d’intégration. Cependant, à mon avis, toute personne qui sert sa communauté locale s’intègre à travers ce même service. En effet, le terme « service communautaire » est positif : il signale qu’il incombe à chaque personne de servir sa société et d’aider les membres de la communauté. Par conséquent, le gouvernement allemand mérite des éloges plutôt que des critiques pour cette politique. Néanmoins, les responsabilités d’un gouvernement hôte ne se limitent pas à organiser un service communautaire ; au contraire, ils devraient également guider les immigrants de manière à ce qu’ils puissent commencer à contribuer le plus rapidement possible à la société. Si les immigrés ne possèdent pas les compétences nécessaires pour entrer sur le marché du travail, ils devraient bénéficier d’une formation ou d’un apprentissage permettant de les développer rapidement. Tous les coûts liés à cette formation constitueront un investissement précieux pour l’avenir de la nation.

En termes de sécurité, en cas de doute ou d’incertitude sur le caractère ou les antécédents de certains immigrés, les autorités doivent être vigilantes et les surveiller jusqu’à ce qu’elles soient convaincues qu’ils ne présentent aucun risque pour la société. Certains peuvent considérer cela comme une politique intrusive, mais protéger la société de tout danger et maintenir la paix et la sécurité de la nation sont des objectifs primordiaux pour tout gouvernement. Les immigrés qui viennent avec l’intention de répandre le mal ou de semer le désordre contreviennent directement aux enseignements de l’Islam.  En effet, au verset 192 du chapitre 2, le Coran dit que s’il est vrai que le meurtre est un crime vraiment odieux, semer le désordre et provoquer la haine est un crime encore plus grand. Bien entendu, cela ne veut pas dire que tuer un individu est un crime mineur ou insignifiant. Cela signifie plutôt que les ramifications des actions qui alimentent les flammes du désordre dans la société sont encore plus grandes. En fin de compte, la provocation et l’incitation peuvent causer des dommages énormes à la société et conduire à des conflits et des guerres dans lesquels de nombreux innocents seront ciblés ou opprimés.

Le Prophète Mohammadsa a également déclaré qu’un vrai musulman est celui qui ne nuit pas à autrui, ni par sa main, ni par sa langue. Comment peut-on prétendre que l’Islam est une religion favorisant la violence ou le radicalisme ? Comment peut-on dire que l’Islam attise le désordre dans la société ? Comment peut-on affirmer que l’Islam cherche à violer l’honneur des femmes ? Comment peut-on dire que l’Islam autorise ses adeptes à usurper la propriété ou la richesse d’autrui ?

Quiconque est coupable de tels crimes – qu’il le justifie au nom de l’Islam ou non – est très éloigné de ses enseignements et sera tenu pour responsable de ses atrocités. À tous égards, l’Islam exige des musulmans qu’ils fassent preuve des plus hautes normes d’intégrité et de vertu. Par exemple, au chapitre 2, verset 189, du Saint Coran, Allah, le Tout-Puissant, exhorte les musulmans à ne jamais acquérir des richesses ou des biens par la duperie. Les musulmans ont plutôt appris à être honnêtes et dignes de confiance et à défendre la vérité.

De même, aux versets 2 à 4 du chapitre 83, on enseigne aux musulmans l’importance d’un comportement équitable dans le domaine des affaires et du commerce. Allah déclare : « Malheur à ceux qui donnent courte mesure ! Ceux qui, lorsqu’ils prennent des autres, exigent la pleine mesure. Mais lorsqu’ils donnent aux autres par mesure ou pèsent pour eux, leur en donnent moins. »

Ces versets indiquent que ceux qui exploitent autrui dans des transactions commerciales, cherchant des avantages injustes pour eux-mêmes au détriment des autres, sont maudits et seront finalement humiliés. La vérité est que l’Islam protège la société de toutes formes de cruauté et d’injustice et défend la vie et les biens de tout un chacun. Il est fort regrettable et chagrinant qu’on lance pareilles accusations mensongères contre le personnage béni du Saint Prophète Mohammadsa, tandis qu’il avait provoqué une révolution spirituelle et morale unique dans la société. En effet, jamais dans l’histoire de l’humanité n’a-t-on vu de tels exemples d’intégrité morale comme ceux des premiers musulmans. Si ses compagnons se disputaient, ce n’était pas pour profiter l’un de l’autre ; il s’agissait plutôt de veiller à ce que les droits de l’autre partie soient garantis.

À titre d’exemple, une fois un compagnon du Saint Prophète Mohammadsa est venu au marché pour vendre son cheval pour 200 dinars. Un autre compagnon qui voulait l’acheter, lui dit que ce prix était beaucoup trop bas : 500 dinars étaient, selon lui, le prix raisonnable. Il ne souhaitait pas recevoir un don caritatif, opinait-il, mais plutôt effectuer un achat licite et équitable : il paierait donc 500 dinars. Sur ce, le vendeur musulman a déclaré qu’il ne souhaitait pas non plus accepter de dons charitables et qu’il souhaitait faire une vente appropriée. Il voulait 200 dinars et pas un de plus. C’est ainsi que leur argument visait à protéger les droits de l’autre, malgré le coût personnel qui en résulterait.

Imaginez que tous les membres de la société soient capables de vivre et de défendre de telles valeurs. Combien magnifique la société sera-t-elle ! Une société dans laquelle chaque citoyen privilégie l’honnêteté et œuvre pour le bien commun. En d’autres termes, une société islamique.

Si quelqu’un veut savoir ce que représente l’Islam, il devrait se tourner vers de tels exemples de noblesse plutôt que des propos qui sèment la division et l’intolérance en son nom. Certes, aujourd’hui, il est nécessaire que nous tous, musulmans ou non, nous arrêtions et réfléchissions aux conséquences de nos actes. Nous parlons avec fierté de la façon dont le monde est devenu un village planétaire interconnecté et nous nous émerveillons de la rapidité des communications et des voyages.

Cependant, parallèlement à ces progrès, nous devrions nous rendre compte que nos responsabilités envers le monde ont également augmenté. En ce qui concerne la crise migratoire, là où des populations sont victimes de cruautés et de brutalités dans leur pays d’origine, il appartient à la communauté internationale de les aider. La priorité devrait être d’essayer de réconcilier les peuples de ces nations, de mettre fin aux guerres et d’instaurer une paix durable ; cependant, si cela est impossible, nous avons le devoir moral d’ouvrir notre cœur à ceux qui souffrent vraiment.

La société ne devrait pas rejeter les véritables réfugiés qui souffrent sans aucune faute de leur part. La société ne doit pas abandonner des innocents qui souhaitent seulement avoir la possibilité de vivre en paix, qui veulent être de bons citoyens respectueux des lois du pays dans lequel ils vivent. Au lieu de cela, nous devrions être là pour aider ceux dont la vie a été brisée, qui ont été tourmentés et qui sont totalement impuissants, vulnérables et sans défense. Prouvons notre humanité. Montrons notre compassion. Soyons là pour porter le fardeau de ceux qui en ont désespérément besoin.

Cela dit, les immigrés ont également de grandes responsabilités dans leurs pays d’accueil. Comme je l’ai dit, ils doivent chercher à contribuer à leur nouvelle société et s’efforcer de s’intégrer. Ils ne doivent pas s’isoler ou se couper de la communauté locale, mais doivent plutôt servir le pays adoptif et œuvrer à son développement et ses progrès continus. Ensemble, nous devons favoriser la coexistence harmonieuse de personnes d’origines différentes.

Comme je l’ai dit, le monde ressemble maintenant à un village planétaire : nous ne vivons plus dans ces époques révolues où ce qui se passait dans un pays ne touchait que la communauté locale ou tout au plus les nations voisines. Nous vivons plutôt à une époque où une perturbation ou un conflit dans un pays quelconque a des ramifications et des conséquences pour le reste du monde. Ainsi, au lieu de nous craindre les uns les autres, nous devrions nous efforcer de résoudre les problèmes par un dialogue mutuel, dans un esprit de tolérance et de compassion.

Notre but et objectif ne devrait être rien de moins que d’établir la paix dans tout village, toute bourgade et toute ville de chaque pays dans le monde.

La communauté musulmane Ahmadiyya s’est évertuée en ce sens : à cette fin, nous diffusons ce que nous considérons être l’ingrédient clé de la paix, à savoir la ferme conviction que nous sommes tous la création de Dieu, le Tout-puissant, et qu’Il a créé les êtres humains afin qu’ils Le reconnaissent et qu’ils respectent les droits des uns et des autres. Nous sommes certains que si l’humanité parvient à cette réalisation, une paix véritable et durable pourra prévaloir. Malheureusement, pour l’instant nous assistons au contraire. Plutôt que de se réunir et de rechercher la paix par le biais de l’existence du Dieu Tout-puissant, l’humanité est impliquée dans la recherche de la paix par les seuls moyens matériels. Jour après jour, l’humanité s’éloigne davantage de la religion et de la spiritualité ; et les résultats en sont terrifiants.

Je suis convaincu que la croyance en Dieu est le seul moyen de salut et le seul moyen d’instaurer une paix véritable tant au niveau national qu’international. C’est pourquoi je souhaite et prie ardemment que le monde reconnaisse son Créateur et qu’il suive Ses véritables enseignements. Je prie pour que les dirigeants d’aujourd’hui, au lieu de poursuivre des objectifs personnels ou politiques, respectent les droits de tous les peuples, sans distinction de caste, de croyance ou de couleur.

De tout mon cœur, je prie pour que le fossé qui sépare l’humanité du Tout-Puissant Dieu soit éliminé et que nous en venions à voir de nos propres yeux la vraie paix dans le monde entier. Je vous remercie tous beaucoup.

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