Actualités

Le grand amour et trouver l’âme sœur

Trouver le grand amour et un partenaire parfait : est-ce possible?
Certains le découvrent au lycée ou à l’université. Pour beaucoup, c’est après des années passées sur des sites de rencontres en ligne. Pour d’autres, il fait suite à la suggestion d’un parent ou d’un ami. Une chose est certaine : trouver le grand amour est aussi important dans nos vies aujourd’hui qu’il l’était dans le passé.

La recherche d’un partenaire de vie parfait est l’objectif principal de la plupart des gens. Et une fois avec « la personne parfaite », les hauts et les bas au sein de nos relations consomment une grande partie de notre énergie et de nos émotions. Il n’est pas étonnant que la majorité des romans, des films, des chansons et des émissions de télévision tournent autour des thèmes de l’amour et des relations amoureuses.

Mais comment trouver l’âme sœur – celle avec qui nous pouvons nous unir et passer le reste de notre vie dans le bonheur ?

L’objectif du mariage

Comment le concept du « véritable amour » s’inscrit-il dans le cadre des rencontres libres d’une part et des mariages arrangés d’autre part. Comment le « vrai amour » est-il compris par ces traditions différentes. Pour saisir la philosophie de la recherche du grand amour en Islam, j’ai eu l’honneur et le privilèged’interviewer Sa Sainteté Mirza Masroor Ahmad (aba). The Review of Religions est infiniment reconnaissant envers le Calife pour avoir consacré son temps précieux pour nous éclairer sur cette question pertinente. Nous espérons que les lecteurs bénéficieront de ses réponses.

Entretien avec Hazrat Mizra Masroor Ahmad (aba), Calife de la Communauté musulmane Ahmadiyya

Amer Safir : Comment l’Islam définit-il le « véritable amour » ? Le « coup de foudre » n’est-il pas qu’un fantasme ? Comment le concept de l’amour véhiculé en Occident et ailleurs s’inscrit-il dans le cadre de l’Islam ?

Hadhrat Mirza Masroor Ahmad (aba) : On raconte l’histoire d’une jeune femme belle, aux cheveux longs et flottantset jouissant d’une parfaite santé. Un jeune homme tomba profondément amoureux d’elle et demanda sa main en mariage. Le père de la jeune femme était farouchement opposé à cette union et répondit au garçon : « Tu n’aimes pas vraiment ma fille.Tu aimes uniquement sa beauté physique et ses traits. »

« Non, non, ce n’est pas le cas. Je l’aime vraiment », insista le jeune homme.

Le père décida alors de rendre malade sa fille en lui administrant quelque produit. Son estomac en fut bouleversé et elle devint très fragile, maigre et souffrante. Le père coupa ensuite ses cheveux. En bref, physiquement elle était dans un état terrible. Puis le père demandaau jeune homme :« Regarde ! Voici ma fille. L’aimes-tu encore ? Si tu l’aimes, alors vas-y épouse-la. »

Sur ce, le jeune hommese mit à présenter des excuses pour ne pas continuer cette relation. Le père plaça les cheveux coupés de sa fille dans un bol et dit au jeune homme : « Elle a perdu ses cheveux et elle n’est plus belle.Étant donné que tu ne l’aimes plus, prends ses cheveux car c’était tout ce que tu aimais vraiment chez elle. Va-t’en avec. »

En somme « son amour » était superficiel. Ceci résume ce qui se passe dans la société :on ferme les yeux sur la moralité et le caractère d’une personne. Ces facteurs sont relégués au second plan au lieu d’être au centre de la relation. Or explique un poète, l’attrait externe du monde est éphémère et son amour de courte durée. Il ne s’agit pas du véritable amour : c’est ce dernier qu’il faut chercher.Une fois le fils d’Ali (ra) lui demanda : « Est-ce que tu m’aimes ? » « Oui », répondit Ali (ra). Son fils demanda : « Est-ce que tu aimes Dieu ? »« Oui », répondit de nouveau Ali (ra). « Comment ces deux amours peuvent-ils coexister ? », questionna de nouveau son fils.« C’est mon amour pour Allah qui a engendré en moi mon amour pour les autres. » expliqua Ali (r.a.).

En pareil cas, l’amour pour l’autre devient secondaire et l’amour de Dieu prime. Il s’agit en effetd’un amour spirituel.Allah dans le Saint Coran autorise les hommes à épouser jusqu’à quatre femmesdans certaines circonstances spécifiques. Cependant, Allah recommande également le plus haut degré de justice envers chacune d’entre elles. Dieu est conscient qu’il est impossible de ressentir le même degré d’amour à l’égard de chacun : souvent, il est naturel d’aimer quelqu’un plus qu’un autre. Or l’expression extérieure de l’affection doit être égale envers chacune d’entre elle. Vous devez accorder une journée à chacune de vos femmes. Vous devez traiter tous les enfants de chaque épouse de la même manière.

En bref, les époux doivent être conscients de la manière dont ils expriment leurs sentiments. L’amour émane du cœur ; cependant, un mari ne doit pas exprimer plus d’amour pour une épouseau détriment d’une autre, car cela briserait le cœur de cette dernière. Le Tout-Puissant est conscient de cet aspect.

Aïcha (ra), l’épouse du Saint Prophète Mohammad (s.a.w.), lui demanda pourquoi il évoquait toujours affectueusement Khadijah (ra), sa vieille épouse décédée, vu qu’Allah lui avait accordé des compagnes plus jeunes et belles. Le Saint Prophète (saw) recommanda à Aïcha (ra) d’éviter pareils commentaires : « Khadijah (ra) m’a soutenu quand le monde entier m’avait abandonné, a-t-il déclaré. Et Allah m’a accordé des enfants qu’à travers elle. »

L’amour d’Allah régnait en maître dans le cœur du Saint Prophète Mohammad (s.a.w.). La grâce divine s’était manifestée pour la première fois par l’entremise de Khadijah (ra) : elle fut la première à l’avoir accepté et c’est elle qui a enfanté la descendance du Saint Prophète Mohammad (s.a.w.).

D’aucuns accusent le Saint Prophète Mohammad (s.a.w.)d’avoir épousé Aïcha en raison de son jeune âge et de l’aimer beaucoup. Mais quand elle fit une remarque négative à propos d’une autre femme, le Saint Prophète Mohammad (s.a.w.) la réprimanda en ces termes : « Aïcha, si tes propos sont placés dans la mer, elle en deviendrait tout amère. »

Le Saint Prophète Mohammad (s.a.w.) souhaitait qu’elle s’abstienne depareils commentaires. Il n’était pas toujours d’accord avec tout ce qu’elle disait. Voici un autre exemple, qui n’est pas directement lié au premier, mais qui est tout aussi pertinent.

Maymouna (ra), une autre épouse du Saint Prophète Mohammad (s.a.w.), mourut 50 ans après le décès de ce dernier. Elle souhaitait êtreenterrée à l’endroit exact où elle avait rencontré le Saint Prophète Mohammad (s.a.w.) la première fois à l’extérieur de La Mecque et où il lui avait fait sa demande en mariage. Si le Saint Prophète Mohammad (s.a.w.) traitait différemment ses épouses âgées et jeunes, Maymouna, qui était d’un certain âge,n’aurait pas nourri cette profonde affection pour lui, même après 50 ans. Quelle était la raison de cet amour profond et de cette affection ? C’était dû au traitement affectueux du Saint Prophète(saw) envers elle. Malgré le fait qu’elle était veuve et originaire d’une autre nation, il lui a accordé statut, amour et respect, à un tel degré, qu’elle souhaitait être enterrée là où elle l’avait rencontré pour la toute première fois. C’est cela l’amour véritable.

Amer Safir : Comment Sa Sainteté décrirait-il le concept du « coup de foudre » d’aujourd’hui par opposition aux mariages arrangés ?

Hadhrat Mirza Masroor Ahmad (aba) : Ce qu’on décrit comme« amour »en ce monde n’est que fantaisie. Ces « mariages d’amour » ou relations fondées sur ce type d’amour ne sont aussi que fantaisies.D’aucuns soutiennent que les mariages « arrangés » ne doivent pas avoir lieu. Pourtant, 65 % des séparationsont lieu dans des « mariages d’amour » : les mariages arrangés ont un taux de rupture plus faible.

Au Royaume-Uni, le prince Charles avait épousé Lady Diana : il l’a quitté pour une autre. Le prince Andrew avait épousé Sarah Ferguson, mais cette relation s’était également soldée par un divorce après quelques années.Quel est ce type « d’amour » et quel en est le résultat ? Les données et les statistiques nous présentent d’autres faits. On allègue que la violence conjugale est endémique parmi les musulmans. Pourtant, au Royaume-Uni, en Allemagne et ailleurs en Occident, on trouve un grand nombre de cas de violence domestique dans la population autochtone. (Au Royaume-Uni, environ 1,3 million de femmes au cours de l’année 2018 en ont été victimes). En Allemagne, une femme est tuée tous les trois jours par un partenaire ou ex-partenaire, selon Franziska Giffey, la ministre allemande des Affaires féminines, qui a déclaré que c’était d’un « ordre de grandeur inimaginable ». Aux États-Unis, en moyenne, près de 20 personnes par minute sont physiquement attaquées par un partenaire intime. Au cours d’une année, cela équivaut à 10 millions de femmes et d’hommes, selon un rapport de la National Coalition Against Domestic Violence (Coalition nationale contre la violence conjugale).

Cela ne reflète que les cas signalés ou enregistrés :on ignore combien de victimes ne se sont pas manifestés. Même si l’on affirme que les pourcentages de violence conjugale sont les mêmes entre les relations musulmanes et non musulmanes, comment pouvons-nous jeter la responsabilité sur la religion quand la même chose se produit ici dans ces pays ?

Le Saint Prophète Mohammad (s.a.w.) nous enjoint d’adopter la Taqwa. Ce conseil ne s’adressait pas uniquement aux jeunes hommes, mais aussi aux jeunes femmes. Deuxièmement, le Saint Prophète Mohammad (s.a.w.) a déclaré qu’on se marie généralement en prenant pour critère la beauté extérieure, le statut de l’autre famille ou la richesse de la jeune femme. La piété, par contre, est le critère que considère le véritable croyant dans le choix de sa future partenaire.

Amer Safir : Votre Sainteté, les futurs époux sont-ils autorisés de se rencontrer avant le mariage selon l’Islam ?

Hazrat Mirza Masroor Ahmad (aba) : On peut se renseigner sur la famille et sa conduite à la maison. L’Islam autorise également [les futurs époux] de se voir [avant le mariage]. Une fois à l’époque du Saint Prophète (saw), un jeune homme s’est présenté chez quelqu’un pour une proposition et a demandé de voir la jeune femme. Le père de cette dernière, tout indigné, a refusé qu’il le fasse. Lorsque la jeune femme a appris que le Saint Prophète (sa) leur avait donné la permission de se voir, elle s’est immédiatement présentée. Le jeune homme a baissésa tête. Suite à sa réaction, la jeune femme a déclaré qu’elle avait accepté sans condition sa proposition de mariage.

Amer Safir : Que présente l’Islam comme solution concernant la période avant le mariage, quand, par exemple, les jeunes peuvent avoir de forts désirs charnels ?

Hadhrat Mirza Masroor Ahmad (aba) : Ceci est une loi naturelle, présente aussi chez les animaux. Quand les individus atteignent l’âge de la maturité, ils pensent à former des relations physiques. Allah a décrété un âge de maturité ou de puberté. L’Islam préconise le mariage à un tel âge pour prévenir toute indécence et immoralité. Dans les sociétés occidentales, peut-être 70 % des jeunes femmes ou filles ont déjà développé des relations avec des jeunes hommes : de nombreux problèmes surgissent suite à cela. C’est pourquoi l’Islam enjoint le Nikah (mariage formel en l’Islam) à un âge plus précoce.

Amer Safir : D’aucuns se livrent à la masturbation pour le plaisir : ceci est lié à la pornographie,qui est endémique dans la société. Quelle est la position de l’Islam à ce sujet ?

Hadhrat Mirza Masroor Ahmad (aba) : Selon les informations fournies par des sites web médicaux, accomplir cet acte peut augmenter la capacité d’un homme ou être sans conséquence. Les médecins du passé disaient le contraire affirmant que cette pratique affaiblie l’homme : c’est en fait la réalité. Ceux qui s’adonnent à cet acte souffrent parce que lorsqu’ils essaient d’avoir une relation naturelle [avec leurs partenaires], ilsen sont incapables car ils n’ont aucun désir ou ont une éjaculation précoce.

Deuxièmement, demandez à tous ceux s’adonnant à cet acte et ils vous diront qu’ils imaginent être en relation avec quelqu’une d’autre en se masturbant. Ils doivent fantasmer sur une autre personne pendant cet acte pour susciter leur désir. C’est pourquoi le Messie Promis (as) a parlé de « l’adultère de l’esprit ». On fantasme sur quelqu’une à qui on ne peut jamais avoir accès et, par conséquent, la seule façon d’accroître ce désir est de fantasmer davantage. Ceci est « l’adultère de l’esprit » et c’est pourquoi l’Islam nous interdit pareilles immoralités et actes indécents.

Ajouter un commentaire

Cliquez ici pour poster un commentaire