La femme en Islam

Pourquoi ces femmes choisissent-elles de se voiler ?

Image : Dr Munazza Alam
A l'occasion du World Hijab Day, des femmes musulmanes expliquent ce que représente le fait de porter le voile pour elles.

Le 1er février marque le « World Hijab Day ». Depuis 2013, Nazma Khan, à la tête du mouvement lance un appel mondial pour encourager les femmes de tous milieux, origines et religions confondus à porter le voile pour en faire une « expérience sociale ». Une initiative qui vise également à combattre les préjugés et à éduquer le monde sur cette pratique religieuse qui fait couler beaucoup d’encre. Cette année, pour marquer la journée du World Hijab Day, la section féminine de La Revue des Religions a choisi de donner la parole à toutes les femmes musulmanes de chaque coin du monde qui ont fait le choix conscient et libre de porter le voile.

Propos recueillis par Mahrukh Arif-Tayyeb, Munavara Ghauri, rédactrices de la section féminine de La Revue des Religions en France et au Royaume Uni.

« Tout d’abord, je tiens à préciser que j’ai décidé de porter mon voile sans demander l’avis de mon mari, ni celui de mon père ou de mes frères, il s’agit d’une décision purement personnelle que j’ai prise à la suite d’un cheminement spirituel. Lorsque j’ai décidé de porter le voile j’étais déjà coach sportif, et ce choix spirituel ne m’a aucunement empêché de continuer la pratique sportive et mon activité professionnelle. Les débats interminables sur le voile m’oppressent et je me rends compte à quel point il y a une méconnaissance de la sagesse du voile islamique. On veut faire croire au grand public que le voile est un outil politique symbolisant la soumission de la femme à l’homme, alors que c’est ce voile qui m’a libérée de l’emprise « patriarcale » de la société. Je ne vis en aucun cas mon voile comme une régression mais plutôt comme une évolution spirituelle. »

Jamila Id Belaid, Coach Sportif, France

« Quand j’étais adolescente, je n’arrivais pas à me faire à l’idée que les femmes soient réduites à leur apparence. Je voulais absolument me prouver que je pouvais être une femme qui réussit grâce à ma personnalité, mes capacités et mon intellect – sans exploiter ma féminité. Cette approche est en harmonie avec mon port du voile. La décision de porter un hijab n’a pas seulement vocation à couvrir certaines parties du corps ; c’est plutôt une décision consciente pour une philosophie de vie qui a considérablement augmenté la qualité de ma vie. »    

Mariam Siddiqa, chercheure en sciences sociales rattachée à l’Université de Bremen, Allemagne.

« Si je devais décrire le voile en un mot, je dirais « Force ». Je n’ai plus peur de me mettre en avant que ce soit dans ma vie quotidienne ou dans le monde du travail, bien au contraire j’avance la tête haute et avec fierté. Ce n’est pas parce que je suis une femme voilée que je n’ai pas ma place dans le monde professionnel. Aujourd’hui je peux le dire que je suis fière d’être une jeune femme voilée. D’ailleurs c’est bien pour cela que j’aime débattre avec les personnes qui malheureusement ont eu une mauvaise compréhension du mot « voile ». J’aime leur faire comprendre que je ne le porte pas sous contrainte, comme on a souvent l’habitude d’entendre : « c’est ton père qui t’oblige ? » ou alors « c’est ton mari qui t’oblige à te voiler ? ». En réalité c’est un choix personnel. »

Duriah Malik, architecte d’intérieur et design, France.

« Le hijab est bien plus qu’un simple vêtement porté sur la tête. Au fil des années, il a servi de leçon profonde sur les facettes internes et externes de notre être. Il a été un rappel crucial que si nous choisissons de couvrir notre apparence externe, la profondeur et la beauté de notre âme doivent briller et être visible à tous, transcendant ainsi l’aspect physique. Nos cœurs et nos actions doivent convaincre les gens, pas la façade extérieure de nos êtres. À d’innombrables occasions, j’ai senti que sans mon hijab, cette leçon de vie vitale n’aurait peut-être pas été aussi pertinente et claire. »

Ayesha Malik, diplômée de Droit de Haward Law School, Dubaï, Emirats Arabes Unis.

« La liberté de religion existe-t-elle vraiment en France ? Parce que j’essaie de la trouver, mais je n’y arrive pas. Les femmes musulmanes ne peuvent pas accompagner leurs enfants lors des sorties scolaires en raison de leur voile. Les filles musulmanes doivent retirer leur foulard dès qu’elles entrent dans l’enceinte des établissements scolaires. Il n’est plus possible pour elles de pratiquer des activités sportives avec le foulard, l’État contrôle sans cesse la façon dont elles choisissent de s’habiller. Lorsqu’elle va chercher du travail, la femme musulmane la plus qualifiée est recalée parce que la décision revient au bout de tissu qu’elle choisit de porter sur la tête. La France dit que « la république se vit à visage découvert » lorsqu’elle interdit le voile, mais qu’en est-il du port obligatoire du masque depuis 2019 ? Le voile émane du sacré pour beaucoup, mais reste aujourd’hui très incompris en France. »

Ayesha Malhi, diplômée britannique vivant en France.

« Mon hijab ne me limite pas, il me renforce. Il me rappelle qui je suis sans hésitation, une musulmane Ahmadie, vivant et travaillant dans une société occidentale. Je suis astronome et j’arbore mon voile avec fierté. »           

Dr Munazza Alam, astronome, Washington DC, États-Unis.

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