Résumé du sermon du Calife

L’incident de Bi’r Ma’unah

Résumé du sermon du vendredi 7 juin 2024 prononcé par Sa Sainteté Mirza Masroor Ahmad (a.b.a.).

Après avoir récité le Tashahhud, le Ta‘awwuz et la Sourate al-Fatiha, Sa Sainteté (a.b.a.) a déclaré : « Aujourd’hui, je vais vous parler de l’expédition de Moundhir bin ‘Amr, également connue sous le nom d’expédition de Bi’r Ma’unah. Il s’agit d’un événement tragique qui a eu lieu en l’an 4 de l’Hégire. Selon certaines sources, cet événement a eu lieu avant l’expédition de Raji’, tandis que d’autres affirment qu’il a eu lieu après.

Cette expédition tire son nom d’un puits nommé Bi’r Ma’unah, situé sur la route entre La Mecque et Médine. Cette route est également le lieu de cette expédition. Le commandant désigné pour diriger cette expédition était Moundhir bin ‘Amr, d’où le nom de cette expédition.

Tous les compagnons qui ont participé à cette expédition étaient jeunes et connaissaient bien la récitation du Saint Coran.

Contexte de l’incident de Bi’r Ma’unah

Concernant le contexte de cette expédition, Mirza Bashir Ahmad (r.a.) écrit :

« Les tribus de Soulaim, Ghatafan et autres habitaient la région centrale de l’Arabie, dans le Sath-e-Mourtafa’ Najd, et s’étaient alliées aux Qouraysh de La Mecque contre les musulmans. Petit à petit, la malveillance de ces tribus malfaisantes continuait de croître et le Sath-e-Murtafa’ Najd continuait d’être empoisonné par le venin de l’inimitié envers l’Islam. Dans cette période, un chef de la tribu Banou ‘Amir, établie en Arabie centrale, nommé Abou Bara’ ‘Amiri, se présenta au Prophète (s.a.w.). Le Prophète (s.a.w.) lui transmit aimablement le message de l’Islam. Au début, Abou Bara’ écouta attentivement le message, mais il n’embrassa pas l’Islam. Cependant, il proposa au Prophète (s.a.w.) : « Confiez-moi quelques compagnons, pour qu’ils prêchent le message de l’Islam à Najd. Je suis certain que ses habitants n’y seront pas opposés. » Le Prophète (s.a.w.) répondit : « Je ne fais pas confiance aux habitants du Najd. » Abou Bara’ répliqua : « Ne vous inquiétez pas, je garantis leur sécurité. » Étant donné qu’Abou Bara’ était un chef de tribu influent, le Prophète (s.a.w.) lui fit confiance et envoya un groupe de compagnons vers le Najd.

Il s’agit là du récit tel qu’il est relaté par l’histoire. Il est rapporté dans Boukhari que quelques personnes des tribus de Ri’l et Dhakwan, etc. (qui étaient des branches de la célèbre tribu connue sous le nom de Banou Soulaim) se sont présentées devant le Saint Prophète (s.a.w.) et ont prétendu accepter l’Islam. Ils ont ensuite demandé que quelques hommes soient envoyés avec eux pour les aider contre les membres de leur peuple qui étaient ennemis de l’Islam (la nature de l’aide demandée n’est pas précisée – qu’elle est religieuse ou militaire). Sur ce, le Saint Prophète (s.a.w.) envoya quelques compagnons avec eux. Ibn Sa’d a également enregistré une narration à l’appui de celle-ci, sans lui donner la préférence sur l’autre. Cependant, les détails concernant Bi’r Ma’unah, même ceux rapportés dans Boukhari, sont quelque peu confus, ce qui empêche d’identifier tous les faits pertinents. En fin de compte, il est établi que les membres des tribus de Ri’l et Dhakwan se sont également présentés devant le Prophète (s.a.w.) et ont demandé que quelques compagnons soient envoyés auprès de leurs tribus. Une possibilité pour concilier ces deux récits est qu’Abou Bara’ ‘Amiri, chef de la tribu ‘Amir, aurait pu accompagner les gens de Ri’l et Dhakwan et parler au Prophète (s.a.w.) en leur nom. Ainsi, selon le récit historique, le Saint Prophète (s.a.w.) avait dit : « Je ne fais pas confiance aux habitants du Najd », ce à quoi Abou Bara’ avait répondu : « Ne vous inquiétez pas, je vous assure que personne ne va porter atteinte à vos compagnons. » Cela suggère que les gens de Ri’l et Dhakwan étaient venus avec Abou Bara’ et que le Prophète (s.a.w.) était préoccupé pour eux. Bref, le Saint Prophète (s.a.w.) envoya un groupe de compagnons sous la direction de Moundhir bin ‘Amr Ansari (r.a.) au cours du mois de Safar de l’an 4 de l’Hégire. Ces personnes, au nombre de soixante-dix, étaient majoritairement des Ansars et presque tous étaient des Qaris, c’est-à-dire qu’ils maîtrisaient la récitation du Saint Coran. »

(La vie et le caractère du Sceau des Prophètes, Vol. 2, pp. 367-369)

Un autre auteur écrit que le Saint Prophète (s.a.w.) a toujours désiré que la religion d’Allah prévale sur le monde entier et que l’humanité s’unisse. C’est pour cette raison qu’il accordait tant d’importance à la propagation du message de l’Islam et était prêt à offrir les plus grands sacrifices dans ce but. C’est pourquoi, malgré le danger des Bédouins arabes, il a fait confiance à Allah et envoyé un grand groupe de compagnons à la demande d’Abou Bara’. Cette décision majeure a été prise pour promouvoir le message de l’Islam et le diffuser.

Lettre du Saint Prophète (s.a.w.) à Amir bin Toufail & Martyre de Haram bin Milhan (r.a.)

En lien avec cette expédition, il est également fait mention d’une lettre écrite par le Saint Prophète (s.a.w.) à ‘Amir bin Toufail. Le Saint Prophète (s.a.w.) remit cette lettre au groupe de compagnons à destination d’’Amir bin Tufail, neveu d’Abou Bara’ ‘Amir bin Malik et chef arrogant parmi les chefs de Banou ‘Amir. Au fond de lui, ‘Amir bin Toufail avait accepté la véracité du Saint Prophète (s.a.w.) et prévoyait sa domination sur l’Arabie, mais il nourrissait également ses propres rêves de conquête. Il pensa négocier au préalable avec le Saint Prophète (s.a.w.). Il vint le voir et lui dit : « Peut-être pourriez-vous régner sur les Bédouins, tandis que je régnerais sur les citadins. Ou bien, je pourrais être nommé votre calife et successeur après votre mort. Sinon, je vous combattrai avec une force de 1 000 montures. » Il offrit trois choix, mais le Saint Prophète (s.a.w.) les rejeta tous.

Au cours de cette expédition, le Saint Prophète (s.a.w.) jugea opportun de l’inviter à embrasser l’Islam et lui envoya une lettre. Haram bin Milhan (r.a.) fut le compagnon chargé de la remettre. Il était accompagné de deux compagnons, dont l’un avait une blessure à la jambe. Les trois hommes se mirent en route pour livrer la lettre, et Haram (r.a.) leur donna ces instructions : « Restez près de moi. Je vais aller les voir. S’ils me laissent en paix, tant mieux. Mais s’ils me tuent, vous devrez retourner auprès de nos compagnons. » Il se dirigea ensuite vers Amir bin Toufail, et a été encerclé par les gens qui l’accompagnaient. Haram (r.a.) leur demanda : « M’accordez-vous la paix afin que je puisse vous remettre cette lettre du Saint Prophète (s.a.w.) ? » Ils répondirent par l’affirmative.

Haram (r.a.) commença à lire la lettre à haute voix : « Ô peuple de Bi’r Ma’unah, je vous apporte le message du Messager d’Allah (s.a.w.). Je témoigne qu’il n’y a d’autre divinité digne d’adoration qu’Allah, et que Muhammad (s.a.w.) est Son serviteur et messager. Acceptez Allah et Son messager. » Mais avant qu’il ne puisse finir, un des hommes l’attaqua par derrière et le tua.

Selon un récit, Amir bin Toufail tua Haram (r.a.) sur le champ, sans même prendre la lettre.

N’ayant pas reçu des nouvelles de la part de Haram (r.a.), les musulmans avancèrent et rencontrèrent le groupe qui était en chemin pour les attaquer. Les musulmans, plus petit en nombre, furent encerclés. Une bataille s’ensuivit et les compagnons du Saint Prophète (s.a.w.) tombèrent en martyr.

Martyre d’Amir bin Fouhairah (r.a.)

Le martyre d’Amir bin Fouhairah (r.a.), ancien esclave affranchi d’Hadhrat Abou Bakr (r.a.), est relaté de la façon suivante. Il eut l’honneur d’accompagner le Saint Prophète (s.a.w.) et Hadhrat Abou Bakr (r.a.) lors de leur migration à Médine. Amir bin Toufail, alors qu’il n’avait pas encore embrassé l’Islam, raconta lui-même qu’après la mort d’Amir bin Fouhairah (r.a.), ce dernier fut élevé au ciel. Il le vit monter, puis redescendre. Le Saint Prophète (s.a.w.) fut informé de l’incident. Ces martyrs souhaitaient qu’Allah informe le Saint Prophète (s.a.w.) de leur sort. Cet événement est mentionné dans Sahih al-Boukhari.

Selon certaines sources, Amir bin Toufail aurait assassiné Amir bin Fouhairah (r.a.), tandis que d’autres attribuent cet acte à Jabbar bin Salamah.

Hadhrat Mousleh Maud (r.a.) relate le martyre d’Amir bin Fouhairah (r.a.) et souligne que l’Islam n’a pas triomphé par l’épée. Au contraire, il a conquis les cœurs et inspiré les âmes par des méthodes nobles. Un compagnon raconte avoir embrassé l’Islam alors qu’il était invité chez un peuple qui avait trahi et combattu les musulmans. Ces derniers avaient massacré de nombreuses personnes qui avaient mémorisé le Coran, la plupart étant tombés en martyrs, tandis que les survivants s’étaient réfugiés sur une colline. L’ennemi, bien plus nombreux et mieux équipé, les encerclait. Ils tuèrent les musulmans un par un, ne laissant qu’un compagnon, Amir bin Fouhairah (r.a.), qui avait accompagné le Saint Prophète (s.a.w.) lors de l’hégire. Ils le saisirent et le transpercèrent d’une lance. Au moment de l’impact, il s’exclama involontairement : « Sur le Seigneur de la Kaaba, j’ai réussi ! ». En entendant ces mots, le compagnon fut stupéfait. Il pensa : « Cet homme est loin de sa famille, de sa femme et de ses enfants. Il est accablé par cette épreuve, une lance lui transperce la poitrine, et pourtant, à l’agonie, il s’exclame : « Sur le Seigneur de la Kaaba, j’ai réussi ! ». Est-il fou ? Le compagnon s’enquit de la raison de ces paroles. On lui expliqua qu’il s’agissait d’un musulman, et que les musulmans sont véritablement « fous ». Lorsqu’ils meurent pour Allah, ils ressentent Sa satisfaction. Intrigué, le compagnon décida de se rendre au cœur de la communauté musulmane, à Médine, pour étudier l’Islam en profondeur. C’est ainsi qu’il finit par embrasser la foi islamique.

Ainsi, Hadhrat Mousleh Maud (r.a.) conclut que l’Islam s’est propagé par ses qualités intrinsèques, et non par la force.

Les paroles prononcées par Amir bin Fouhairah (r.a.) lors de son martyre font écho à celles d’autres compagnons. Hadhrat Mousleh Maud (r.a.) souligne que, selon les récits historiques, les compagnons du Saint Prophète (s.a.w.) allaient au combat avec la conviction que la mort leur apporterait le bonheur. Ils considéraient la douleur comme un réconfort et une joie. De nombreux épisodes de la vie des compagnons illustrent cette disposition d’esprit. Par exemple, l’histoire raconte que 70 Huffaz (ceux qui avaient mémorisé le Coran) furent envoyés pour transmettre le message de l’Islam à certaines tribus arabes. Farhan bin Milhan (r.a.) se rendit auprès d’Amir bin Toufail, chef de l’une de ces tribus, pour lui délivrer ce message. Alors qu’il parlait, un homme fut appelé à l’attaquer par derrière. Sur ses derniers souffles, Farhan bin Milhan (r.a.) s’exclama : « Allah est le plus grand. Sur le Seigneur de la Kaaba, j’ai réussi ! ». Les autres compagnons furent ensuite encerclés et tombèrent en martyr. Amir bin Fouhairah (r.a.) fit preuve du même esprit.

Le meurtrier d’‘Amir bin Fouhairah (r.a.) raconte également : « Je l’ai entendu dire : « Sur le Seigneur de la Kaaba, j’ai réussi ! ». Je me suis demandé pourquoi il prononçait ces mots alors que je venais de le tuer. Pensif, j’ai rencontré un musulman à qui j’ai relaté l’événement, lui demandant la signification de cette phrase. Il m’a expliqué que cette réussite faisait référence à l’accès au paradis. Le musulman m’a alors invité à embrasser l’Islam et j’ai accepté. »

Seuls quelques compagnons impliqués dans cette expédition ont survécu, la plupart étant tombés en martyr. Les noms de chacun d’entre eux n’ont pas été conservés par l’histoire, mais environ 29 ont été recensés. Parmi les survivants figurent Amr bin Oumayyah Damri et, selon les sources, soit Moundhir bin Muhammad, soit Harith bin Simmah. Ils étaient partis faire paître les chameaux lorsqu’ils ont aperçu des oiseaux volant frénétiquement dans le ciel. À leur retour, ils ont découvert que les musulmans avaient été attaqués. L’un d’eux a pensé à fuir pour prévenir le Saint Prophète (s.a.w.), tandis que l’autre a choisi de rejoindre le combat, où il tomba en martyr.

Un autre compagnon, Ka’b bin Zaid (r.a.), blessé à la jambe, survécut à l’attaque. Laissé pour mort par l’ennemi, il fut néanmoins épargné.

Abou Bara’, quant à lui, était profondément mécontent de la trahison de son neveu, Amir bin Toufail, qui avait rompu sa promesse de protection envers les musulmans. Le statut d’Abou Bara’ lui-même fait débat : certains auteurs le considèrent comme un compagnon du Saint Prophète (s.a.w.), d’autres non.

Le chagrin du Saint Prophète (s.a.w.) après le martyre de ses compagnons

Mirza Bashir Ahmad (r.a.) écrit à ce sujet:

« Le Saint Prophète (s.a.w.) et ses compagnons apprirent quasi en même temps les incidents de Raji‘ et de Bi‘r-e-Ma‘unah. Ces événements affligèrent profondément le Saint Prophète (s.a.w.), à tel point que les récits rapportent qu’il n’avait jamais été aussi peiné, ni avant ni après ces tragédies. Sans aucun doute, la mort soudaine d’environ quatre-vingts compagnons, assassinés par traîtrise, fut un événement d’une grande ampleur, même selon les normes barbares de l’Arabie de l’époque. D’autant plus que ces compagnons étaient des Huffaz, des personnes ayant mémorisé le Saint Coran, issus d’un milieu modeste et désintéressé. Pour le Saint Prophète (s.a.w.), cette nouvelle équivalait à la perte de quatre-vingts fils, voire même plus. En effet, pour un homme spirituel, les liens spirituels sont bien plus précieux que les relations mondaines d’un homme ordinaire. Ainsi, le Saint Prophète (s.a.w.) fut profondément affligé par ces événements tragiques, mais l’Islam enseigne la patience en toute circonstance.

Les incidents de Bi‘r-e-Ma‘unah et de Raji‘ révèlent l’intense haine et animosité que nourrissaient les tribus arabes envers l’Islam et ses fidèles. Ils n’hésitaient pas à recourir aux mensonges les plus odieux, à la trahison et à la tromperie. Malgré l’intelligence et la vigilance remarquables des musulmans, leur tendance à penser du bien des autres, caractéristique essentielle du croyant, les conduisait parfois à tomber dans leurs pièges. Ces hommes étaient des Huffaz et des adorateurs dévoués, qui passaient leurs nuits en prière et se retiraient dans un coin de la mosquée pour invoquer Allah. Ils étaient pauvres et affamés, et ces cruels mécréants les avaient attirés hors de leur patrie sous prétexte de leur « enseigner la religion ». Une fois arrivés sur leurs terres en tant qu’invités, ils furent assassinés de sang-froid. Le chagrin du Saint Prophète (s.a.w.) était incommensurable. Pourtant, à l’époque, il ne prit aucune mesure militaire contre ces meurtriers de sang-froid. Toutefois, pendant trente jours consécutifs après avoir appris la nouvelle, il pria debout lors de ses prières de l’aube.»

(Vie et caractère du Sceau des Prophètes, Vol. 2, pp. 371-373)

Le Saint Prophète (s.a.w.) fut profondément attristé par l’issue de cette expédition. Certains compagnons rapportent même ne l’avoir jamais vu aussi peiné par quoi que ce soit d’autre. Pendant trente jours, le Saint Prophète (s.a.w.) pria contre les peuples de Ri’l et Zakwan, ainsi que contre tous ceux impliqués dans ce tragique événement.

Ceci conclut le récit de l’expédition de Bi’r-e-Ma’unah.

Un appel à la prière

Sa Sainteté (a.b.a.) a ensuite rappelé à tous de prier pour le peuple palestinien, qui est tué et trompé comme l’étaient les compagnons du Saint Prophète (s.a.w.). Le monde se précipite vers une grande destruction. Qu’Allah le Tout-Puissant protège les ahmadis du monde entier des conséquences néfastes de la guerre.

Sa Sainteté (a.b.a.) a également appelé à prier pour les ahmadis vivant au Pakistan. Qu’Allah le Tout-Puissant leur fasse miséricorde et les libère de leurs oppresseurs.Résumé préparé par La Revue des Religions.

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