Existence de Dieu Prophéties

Abdul Karim : l’homme qui a survécu à la rage

Mortelle dans 100 % des cas une fois les symptômes installés, la rage ne laisse aucune chance. Sauf, semble-t-il, à Abdul Karim. Il survit sans traitement : un mystère médical ou un miracle ?

Printemps 1907. Qadian, petit bourg du Pendjab indien, accueillait en son sein le jeune Abdul Karim originaire d’un village reculé d’Hyderabad, à plus de 1 600 kilomètres au sud. Sa mère, veuve, avait tout donné pour lui permettre d’intégrer le lycée Ta’lim-ul-Islam, une école religieuse fondée par le Messie Promis et Imam Al-Mahdi. Mais le destin l’attendait au tournant : un chien enragé mordit Abdul Karim. On embarqua le jeune garçon en hâte vers les montagnes de Kasauli, à l’Institut Pasteur, seul rempart scientifique de l’époque contre la rage. Pendant plusieurs jours, il y reçut le traitement complet dans l’espoir que le mal n’ait pas encore pris racine.

Quand il revint à Qadian, les visages s’éclairèrent d’un soulagement précaire. On crut à une victoire, à une protection acquise de justesse. Mais quelques jours plus tard, l’ombre s’abattit de nouveau. Abdul Karim commença à ressentir des frissons, des démangeaisons étranges. Puis vinrent les convulsions, l’écume à la bouche, et l’hydrophobie, cette crainte de l’eau, le symptôme principal de la rage. Un télégramme fut envoyé à l’Institut Pasteur décrivant son état et demandant des directives pour son traitement. La réponse brève des médecins fut sans appel : « Désolé — rien ne peut être fait pour Abdul Karim. »

Plus d’un siècle après ce drame, la réalité demeure inchangée : la rage est mortelle une fois les symptômes déclarés. Malgré les avancées médicales, aucune cure n’existe quand la maladie s’installe dans le système nerveux central. Le seul espoir repose sur la prévention, sur cette étroite fenêtre de quelques jours après la morsure.

Profondément attristé par le diagnostic des médecins, Hazrat Mirza Ghulam Ahmad, le Messie Promis (a.s.), pria avec ferveur pour sa guérison.

« J’étais profondément ému pour ce pauvre garçon, si loin de chez lui, et j’ai ressenti un élan particulier pour prier en sa faveur, explique le Messie Promis (a.s.). Tout le monde pensait qu’il ne survivrait que quelques heures. On le déplaça de la maison d’hôtes et on l’installa dans une pièce à l’écart des autres. Il reçut des soins attentifs, et un télégramme fut envoyé aux médecins britanniques de Kasauli pour savoir s’il existait un traitement possible pour son état. La réponse par télégramme était négative. Cela renforça davantage ma compassion pour lui, et je fus profondément préoccupé par ce pauvre garçon, si loin de sa patrie. Mes amis insistèrent également pour que je prie pour lui, car son état suscitait une grande pitié. J’étais aussi inquiet qu’en mourant dans de telles circonstances, sa mort ne donne à nos ennemis un sujet de réjouissance. Cela accrut davantage ma sympathie à son égard, et je fus bouleversé d’une manière extraordinaire. Un tel sentiment ne peut naître de la seule volonté humaine ; il ne peut être provoqué que par Dieu le Tout-Puissant. Lorsqu’un tel état survient, il est si puissant que — par la permission de Dieu — il peut presque ramener un mort à la vie. En résumé, un état d’entière confiance en Allah m’avait été accordé. Et lorsque mon inquiétude pour lui atteignit son paroxysme et que l’angoisse envahit mon cœur, le patient — que l’on considérait comme presque mort — commença à montrer des signes de rétablissement. Lui qui redoutait tant l’eau et la lumière connut soudain une amélioration et affirma ne plus craindre l’eau. On lui en donna à boire, qu’il consomma sans crainte. Il fit alors ses ablutions avec cette eau, accomplit sa prière, puis dormit paisiblement toute la nuit. Son agitation effrayante s’évanouit peu à peu, et en l’espace de quelques jours, il recouvra la pleine santé. Une soudaine conviction s’empara de moi : cette crise de démence n’était point le présage de la mort, mais le Signe d’un dessein divin. Les gens instruits soutiennent qu’il est sans précédent qu’un être humain, mordu par un chien enragé et présentant les symptômes typiques de la rage, ait jamais survécu. Quelle preuve plus éclatante pourrait-on invoquer que celle-ci : les médecins spécialistes, dûment mandatés à l’Institut Pasteur de l’Inde, à Kasauli, avaient, par télégramme, déclaré de manière formelle qu’il ne subsistait plus le moindre espoir pour le malade ? »[i]

Abdul Karim ne se contenta point d’un lent rétablissement : il vivra vingt-huit années de plus. Certes, il n’est pas le seul à avoir survécu à la rage — une vingtaine de cas similaires ont été recensés au cours des deux dernières décennies. Mais en quoi son histoire se distingue-t-elle des autres ? Tous ces survivants avaient reçu, soit une vaccination préalable, soit des immunoglobulines, soit bénéficié de soins intensifs hautement spécialisés — autant de ressources qui n’étaient pas disponibles en 1907. De plus, la majorité d’entre eux vivent aujourd’hui avec de lourdes séquelles neurologiques et n’ont jamais retrouvé une vie normale.

Abdul Karim, lui, sans accès à une unité de soins intensifs, sans sérum ni traitement médical, recouvre pourtant une santé parfaite et une vie normale. Une telle issue ne peut s’expliquer que par une chose : un miracle divin.

Les prières des prophètes peuvent révéler des lois naturelles encore inconnues, là où la science atteint ses limites. Quand les médecins déclarent qu’il n’existe aucun remède, c’est parce qu’ils ne maîtrisent pas toutes les règles de la guérison. Toutefois, par Sa sagesse, Dieu accorde à Ses élus la connaissance et les moyens d’invoquer des lois divines, capables de ramener à la vie ceux que l’on croyait perdus, comme ce fut le cas pour Abdul Karim.


[i] Haqiqatul Wahyi, édition anglaise, pages 597-598