Après avoir récité le Tashahhoud, le Ta’awwouz et la sourate al-Fatihah, Sa Sainteté Mirza Masroor Ahmad (a.b.a.) a déclaré qu’il poursuivrait la narration des événements concernant l’expédition de Tabouk.
Sa Sainteté (a.b.a.) a expliqué qu’à cette occasion, les hypocrites avaient tenté de porter atteinte au Saint Prophète (s.a.w.). Une coalition s’était formée entre certains juifs, chrétiens et divers opposants, qui complotaient contre la vie du Saint Prophète (s.a.w.). Toutefois, chaque fois que la défaite des musulmans paraissait imminente, Dieu leur accordait un secours miraculeux, assurant ainsi au Saint Prophète (s.a.w.) et aux croyants une victoire décisive. Il en alla de même lors de l’expédition de Tabouk. Le seul voyage aller-retour, qui suffit à déconcerter totalement les hypocrites, la fuite de l’armée mobilisée par l’empereur romain, son refus même d’affronter les musulmans par crainte, ainsi que les tribus frontalières de l’Arabie venant solliciter des traités de paix auprès du Saint Prophète (s.a.w.), illustrent éloquemment comment les intrigues des hypocrites furent réduites à néant et comment Dieu accorda Son secours prodigieux aux musulmans.
Une dernière tentative des hypocrites pour nuire aux musulmans
Sa Sainteté (a.b.a.) a indiqué qu’au moment où les musulmans entamaient leur retour vers Médine, les hypocrites tentèrent une ultime manœuvre pour porter préjudice aux musulmans et au Saint Prophète (s.a.w.). Ils allèrent jusqu’à comploter contre la vie du Saint Prophète (s.a.w.). Les principaux meneurs de l’hypocrisie avaient accompagné l’armée musulmane et ne cessèrent de propager de fausses rumeurs. Il était donc manifeste que leur complot durant le voyage de retour était prémédité. Lorsque l’armée musulmane reprit la route vers Médine, elle parvint à un passage où la vallée se divisait en deux chemins : l’un menait à une vaste plaine, l’autre était un sentier resserré servant de raccourci. Les musulmans décidèrent d’emprunter ce raccourci. Les hypocrites, quant à eux, estimèrent que, puisque le passage était étroit et comportait une portion surélevée traversant les montagnes, un grand nombre de musulmans se retrouverait regroupé en un même point. Ils projetèrent alors de profiter de l’obscurité pour encercler le Saint Prophète (s.a.w.), effrayer sa monture, couper les rênes et le précipiter depuis cette hauteur du sentier, tout en feignant un accident.
Sa Sainteté (a.b.a.) a déclaré que Dieu informa le Saint Prophète (s.a.w.) de ce complot perfide. Ainsi, le Saint Prophète (s.a.w.) annonça que seuls lui-même et trois compagnons emprunteraient le sentier étroit, tandis que le reste de l’armée suivrait la voie plus large. Cette décision semblait anéantir le plan des hypocrites. Toutefois, ceux-ci persistèrent et décidèrent qu’un groupe de douze à quinze d’entre eux couvrirait leurs visages, s’approcherait du Saint Prophète (s.a.w.) et tenterait d’effrayer sa monture. C’est précisément ce qu’ils firent. Ils s’approchèrent et tentèrent d’effrayer l’animal. Sur ce, le Saint Prophète (s.a.w.) ordonna à l’un des compagnons présents de les poursuivre et de les repousser. Lorsque le Saint Prophète (s.a.w.) lui demanda s’il les avait reconnus, le compagnon répondit que leurs visages étaient dissimulés, mais qu’il avait identifié leurs montures. Le Saint Prophète (s.a.w.) informa alors ses compagnons du complot. Lorsqu’ils lui demandèrent s’il comptait les punir, il répondit qu’il ne le ferait pas, car il ne voulait pas que les Arabes disent qu’il tuait les siens. Peu après, le Saint Prophète (s.a.w.) reçut une révélation. Il fit appeler un compagnon et lui dit qu’il allait lui confier quelque chose qu’il devrait garder secret. Il lui révéla alors les noms de chacun des hypocrites impliqués dans cette attaque. Le Saint Prophète (s.a.w.) ajouta qu’il avait reçu l’instruction de ne diriger la prière funéraire d’aucun d’entre eux, car ils étaient des hypocrites.
Le comportement du Saint Prophète (s.a.w.) envers les hypocrites
Sa Sainteté (a.b.a.) a expliqué que le compagnon à qui le Saint Prophète (s.a.w.) avait confié ces noms était Houdhaïfah (r.a.) qui, conformément à l’instruction du Saint Prophète (s.a.w.), les conserva strictement secrets. Au cours du califat d’Oumar (r.a.), lorsqu’une personne décédait et qu’il éprouvait des doutes quant à son appartenance aux hypocrites — en particulier à ceux qui avaient tenté d’attenter à la vie du Saint Prophète (s.a.w.) — il demandait à Houdhaïfah (r.a.) de l’accompagner pour la prière funéraire. Si Houdhaïfah (r.a.) refusait de se joindre à lui, Oumar (r.a.) comprenait aussitôt qu’il s’agissait de l’un des individus dont le Saint Prophète (s.a.w.) avait informé Houdhaïfah (r.a.) et, en conséquence, il s’abstenait lui aussi de diriger la prière funéraire.
Sa Sainteté (a.b.a.) a relaté que, le lendemain matin, Ousaid (r.a.), chef de la tribu des Aus, rencontra le Saint Prophète (s.a.w.). Le Saint Prophète (s.a.w.) l’informa des événements de la nuit et de la tentative d’assassinat. Ousaid (r.a.) demanda aussitôt au Saint Prophète (s.a.w.) de donner l’ordre de traduire ces individus en justice. Le Saint Prophète (s.a.w.) répondit qu’il ne voulait pas que les gens pensent qu’après avoir achevé les combats contre les mécréants, qu’il se tournait désormais contre son peuple. Ousaid (r.a.) répliqua : « Comment ceux qui ont tenté de vous attaquer pourraient-ils être considérés comme vos gens ? » Le Saint Prophète (s.a.w.) demanda : « Ne professent-ils pas la déclaration de foi islamique ? » Ousaid (r.a.) admit qu’ils la prononçaient, mais sans sincérité. Le Saint Prophète (s.a.w.) répondit que, même si leur foi demeurait superficielle, ils professaient tout de même la déclaration de foi et, pour cette raison seule, il n’ordonnerait pas qu’ils soient mis à mort.
Sa Sainteté (a.b.a.) conclut en rappelant que les soi-disant religieux d’aujourd’hui, qui appellent à tuer ceux qui professent pourtant la déclaration de foi islamique, devraient méditer sur cet enseignement du Saint Prophète (s.a.w.).
Les hypocrites cherchent l’appui de Rome et la démolition de la mosquée al-Dirar
Sa Sainteté (a.b.a.) a expliqué qu’après avoir vu leurs complots déjoués et constaté que même les tribus environnantes — y compris les tribus juives — avaient conclu des traités avec le Saint Prophète (s.a.w.), les hypocrites estimèrent le moment venu de chercher un soutien extérieur à l’Arabie, en particulier auprès de l’empereur romain. Ils projetèrent également d’établir à Médine une sorte de quartier général clandestin où ils pourraient se réunir et ourdir des conspirations contre les musulmans. Ils prévoyaient aussi d’y entreposer secrètement des armes, à l’insu de la communauté musulmane. Les hypocrites s’étaient alliés aux Banou Amir, qui suggérèrent que ce centre opérationnel soit érigé à Qouba.
Sa Sainteté (a.b.a.) a rapporté que, selon les narrations, au retour du Saint Prophète (s.a.w.) à Médine, Abou Amir vint à sa rencontre et l’interrogea au sujet de l’Islam. Le Saint Prophète (s.a.w.) lui exposa la foi et l’invita à l’embrasser. Cependant, Abou Amir refusa et se moqua du Saint Prophète (s.a.w.). Par dérision, il déclara que celui des deux qui était dans l’erreur serait chassé de ce territoire et périrait par décret divin. Le Saint Prophète (s.a.w.) répondit que tel serait effectivement le cas. Or, voyant la communauté musulmane croître sans cesse, Abou Amir fut gagné par une frustration grandissante. Il s’associa alors aux hypocrites et fit édifier à Qouba une mosquée destinée à servir de quartier général : la fameuse mosquée al-Dirar. C’est dans ce lieu que se réunissaient des individus partageant les mêmes desseins, qu’Abou Amir incitait à s’opposer au Saint Prophète (s.a.w.). Son objectif ultime était de chasser les musulmans de Médine.
Sa Sainteté (a.b.a.) a expliqué qu’Abou Amir se rendit auprès de l’empereur romain Héraclius et l’incita avec insistance à s’opposer davantage aux musulmans, lui assurant qu’il n’avait rien à craindre. Héraclius lui promit alors son appui. Abou Amir transmit cette nouvelle aux hypocrites, qui firent ériger leur mosquée à Qouba. Cependant, il ne put jamais mener son projet à terme : se trouvant encore en Syrie, il mourut dans la solitude. Autrement dit, les paroles qu’il avait adressées au Saint Prophète (s.a.w.) se révélèrent exactes, mais elles s’accomplirent finalement contre lui-même.
Sa Sainteté (a.b.a.) a expliqué que ces événements s’étaient déroulés avant le départ du Saint Prophète (s.a.w.) pour Tabouk. Les hypocrites vinrent trouver le Saint Prophète (s.a.w.) afin de solliciter qu’il accomplisse la prière dans leur mosquée, prétendant mensongèrement l’avoir édifiée pour des raisons élevées. Le Saint Prophète (s.a.w.) répondit qu’il y prierait peut-être à son retour du voyage. Lorsque le Saint Prophète (s.a.w.) revint de Tabouk, Dieu révéla le verset suivant à propos de cette mosquée :
« Et parmi les hypocrites se trouvent ceux qui ont construit une mosquée afin de nuire à l’Islam et de promouvoir la mécréance et afin de créer de la dissension parmi les croyants et de préparer un lieu de refuge pour ceux qui ont déjà fait la guerre contre Allāh et Son Messager. Et ils jureront certainement : “Nous n’étions mûs que par les meilleures intentions” ; mais Allāh témoigne qu’ils sont certainement des menteurs. » (Le Saint Coran, 9:107)
Sa Sainteté (a.b.a.) a rapporté qu’à la réception de cette révélation divine, le Saint Prophète (s.a.w.) chargea certains compagnons de se rendre à Qouba afin de démolir cette « mosquée ». Lorsque l’édifice fut incendié, ceux qui le fréquentaient se dispersèrent et prirent la fuite. Il est essentiel de souligner que le Saint Prophète (s.a.w.) avait, à maintes reprises, pardonné les torts commis par les hypocrites et fermé les yeux sur leurs excès. Ce n’est que lorsqu’ils représentèrent une menace directe pour l’État que le Saint Prophète (s.a.w.) intervint. Et même alors, son action ne visa que le quartier général où ils se rassemblaient.
Expression d’amour à l’arrivée du Saint Prophète (s.a.w.) à Médine
Sa Sainteté (a.b.a.) a expliqué qu’au moment où le Saint Prophète (s.a.w.) revenait à Médine, il manifesta avec force l’amour qu’il portait à la ville et à ses habitants. En s’en approchant, le Saint Prophète (s.a.w.) déclara qu’il affectionnait chaque parcelle de cette cité bénie. Selon un récit, il exprima le désir ardent d’y retourner promptement et affirma que quiconque souhaitait revenir rapidement devait le suivre. Il ajouta également que toutes les demeures des Ansar étaient comblées de prospérité.
Sa Sainteté (a.b.a.) a expliqué qu’il existait deux groupes parmi ceux qui étaient restés en arrière lors de la bataille de Tabouk : un groupe d’hypocrites, au sujet desquels Dieu manifesta Sa désapprobation, et un autre groupe composé de croyants sincères qui désiraient ardemment participer à l’expédition, mais qui, soit faute de moyens financiers malgré leurs efforts, soit en raison de maladies ou d’infirmités, furent incapables de rejoindre l’armée. Dieu accepta leurs excuses. À son retour à Médine, le Saint Prophète (s.a.w.) déclara que certains habitants de Médine avaient en réalité accompagné l’armée tout au long du voyage en esprit, faisant allusion à ceux qui étaient restés pour une raison légitime. Il ajouta que les prières qu’ils avaient formulées depuis leurs foyers avaient été plus efficaces que le maniement des armes et qu’ils avaient ainsi pleinement partagé les bénédictions de cette expédition.
Sa Sainteté (a.b.a.) a rappelé que lorsque le Saint Prophète (s.a.w.) revint à Médine, il fut accueilli par les hommes, les femmes et les enfants qui s’étaient rassemblés à Thaniyah al-Wada et qui entonnèrent des vers pour lui souhaiter un chaleureux retour au foyer.
Sa Sainteté (a.b.a.) a conclu en indiquant qu’il poursuivrait, à l’avenir, l’exposé d’autres aspects de la vie du Saint Prophète (s.a.w.).
Résumé préparé par La Revue des Religions.











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