Après avoir récité le Tashahhoud, le Ta’awwouz et la sourate al-Fatihah, Sa Sainteté Mirza Masroor Ahmad (aba) a déclaré qu’il continuerait à mentionner les détails de l’expédition de Tabouk.
Le mécontentement d’Allah envers ceux qui n’ont pas répondu à l’appel du Saint Prophète (sa)
Sa Sainteté (aba) a déclaré que, comme mentionné précédemment, certains hypocrites n’avaient pas accompagné l’armée musulmane lors de cette expédition et avaient avancé diverses excuses pour justifier leur absence. Cet épisode est d’ailleurs relaté dans le Saint Coran.
Comme à son habitude, chaque fois qu’il rentrait à Médine après un voyage, le Saint Prophète (sa) se rendait tout d’abord à la mosquée pour y accomplir des prières surérogatoires.
À son retour de l’expédition de Tabouk, le Saint Prophète (sa) fit de même. Il demeura ensuite dans la mosquée, où les gens venaient le rencontrer. Parmi eux se trouvaient également les hypocrites qui n’avaient pas pris part à l’expédition. Soucieux de préserver leur réputation, ils avancèrent divers prétextes devant le Saint Prophète (sa). Selon les historiens, ils étaient environ quatre-vingts, tandis que d’autres sources rapportent qu’ils étaient encore plus nombreux.
Sa Sainteté (aba) a déclaré que, malgré tout, le Saint Prophète (sa) accepta leurs excuses apparentes, renouvela leur serment d’allégeance et invoqua le pardon divin en leur faveur, laissant leur affaire entre les mains de Dieu. Cependant, cette faute des hypocrites ne pouvait être absoute, et Dieu révéla au Saint Prophète (sa) qu’elle était d’une gravité telle que Sa satisfaction leur demeurerait à jamais refusée. Il est écrit dans le Saint Coran:
« Ils vous feront des excuses quand vous reviendrez parmi eux. Dis : « Ne vous excusez point ; nous ne vous croirons pas. Allāh nous a déjà informés de vos nouvelles. Et Allāh observera votre conduite, et Son Messager aussi ; et ensuite, vous serez ramenés auprès de Celui Qui connaît l’invisible et le visible, et Il vous informera de ce que vous faisiez. » Ils vous jureront par Allāh quand vous reviendrez parmi eux, afin que vous les laissiez tranquilles. Laissez-les donc tranquilles. Assurément, ils sont infects, et leur habitation est l’Enfer – en rétribution de ce qu’ils ont acquis. Ils jureront afin que vous soyez contents d’eux. Mais même si vous êtes contents d’eux, Allāh ne sera pas content du peuple rebelle. » (Le Saint Coran, 9:94-46)
Sa Sainteté (aba) a souligné qu’il était manifeste que Dieu était profondément courroucé contre ceux qui étaient restés en arrière lors de l’expédition de Tabouk, et qu’Il avait interdit au Saint Prophète (sa) de diriger leurs prières funéraires ou de visiter leurs tombes. De surcroît, ces individus furent exclus de toute participation aux futurs appels au sacrifice financier ainsi qu’aux campagnes militaires ultérieures. Dieu déclare à ce sujet:
« Ceux qui s’arrangèrent pour être laissés en arrière se sont réjouis d’être restés derrière en contradiction au Messager d’Allāh, et ils répugnaient à lutter pour la cause d’Allāh avec leurs biens et leurs personnes. Et ils dirent : « Ne partez pas par cette chaleur. » Dis : « Le feu de l’Enfer est encore plus intense en chaleur. » Si seulement ils pouvaient comprendre ! Il faudrait qu’ils rient peu et qu’ils pleurent beaucoup en récompense de ce qu’ils ont acquis. Et si Allāh te ramène auprès d’un groupe d’entre eux et qu’ils te demandent la permission de partir au combat, alors dis : « Vous ne partirez jamais au combat avec moi et vous ne combattrez jamais un ennemi avec moi. La première fois, vous avez préféré rester assis chez vous ; restez donc assis maintenant avec ceux qui restent en arrière. » N’offre jamais la prière sur aucun d’entre eux lorsqu’il meurt, et ne te tiens pas non plus auprès de sa tombe pour prier ; car ils n’ont pas cru en Allāh et en Son Messager et ils sont morts alors qu’ils étaient désobéissants. Et ne te laisse pas éblouir par leurs biens et leurs enfants, Allāh ne veut que les châtier par ce moyen en ce monde, et faire que leur âme s’en aille pendant qu’ils sont des incroyants. » (Le Saint Coran, 9:81-85)
Les catégories de personnes restées en arrière
Sa Sainteté (aba) expliqua qu’il existait quatre catégories de personnes qui ne prirent pas part à l’expédition de Tabouk :
- Ceux, particulièrement privilégiés, à qui le Saint Prophète (sa) avait confié une mission précise et qui demeurèrent en arrière pour l’exécuter.
- Ceux qui furent dans l’incapacité de partir en raison d’une infirmité physique, d’une maladie, d’une faiblesse ou d’une pauvreté extrême ne leur permettant pas de disposer d’une monture. Dieu attesta que leur excuse était fondée et leur accorda Son pardon. Le Saint Prophète (sa) déclara même que ces personnes avaient accompagné l’armée musulmane « en esprit », ce qui signifie que Dieu les incluait pleinement dans les bénédictions et les récompenses de l’expédition.
- Les hypocrites, voués à la condamnation, envers lesquels Dieu exprima explicitement Son indignation dans le Saint Coran.
- Ceux qui ne partirent que par négligence. Il s’agissait notamment de trois personnes : Ka‘b bin Malik (ra), Mararah bin Rabi‘ (ra) et Hilal bin Oumayyah (ra). Dieu a également mentionné ces trois derniers dans le verset suivant du Saint Coran : « Et Allāh S’est tourné avec clémence vers les trois qui par leurs agissements se retrouvèrent à l’arrière, jusqu’à ce que la terre, malgré toute son immensité, leur sembla un lieu trop étroit, et leurs âmes furent aussi rétrécies pour eux, et ils devinrent convaincus qu’il n’y avait de refuge de la part d’Allāh sauf d’aller vers Lui-Même. Alors, Il Se tourna vers eux avec clémence afin qu’ils fassent le repentir. Assurément, c’est Allāh Qui est Celui Qui revient sans cesse avec clémence et Qui est le Miséricordieux. »
Les trois dont le cas a été reporté
Sa Sainteté (aba) a relaté en détail le cas des trois personnes mentionnées plus haut. Ka’b bin Malik (ra) rapporte :
« Je n’ai manqué aucune des expéditions menées par le Messager d’Allah (sa), à l’exception de celle de Tabouk. Je n’ai pas non plus participé à la bataille de Badr ; toutefois, Allah ne réprimanda aucun de ceux qui y furent absents, car, en réalité, le Messager d’Allah (sa) était parti à la poursuite de la caravane des Qouraych, jusqu’à ce qu’Allah fasse que les musulmans se retrouvent inopinément face à l’armée ennemie.
J’ai vécu la nuit d’al-‘Aqabah — celle du serment — avec le Messager d’Allah (sa), lorsque nous avons prêté allégeance au prophète (sa), et je ne l’échangerais pour rien au monde contre la bataille de Badr, bien que cette dernière jouisse d’un prestige plus grand aux yeux des gens que le pacte d’al-‘Aqabah.
Quant à ma situation personelle lors de l’expédition de Tabouk, jamais je n’avais été aussi fort ni aussi prospère. Par Allah, je n’avais jamais possédé deux chamelles auparavant, et pourtant je les avais en ma possession au moment de cette expédition. Chaque fois que le Messager d’Allah (sa) se préparait à une expédition, il dissimulait généralement ses intentions en évoquant d’autres destinations jusqu’au moment du départ. Cependant, pour l’expédition de Tabouk — menée sous une chaleur accablante, au prix d’un long voyage à travers le désert et face à un ennemi nombreux — le Prophète (sa) annonça clairement aux musulmans leur destination afin qu’ils puissent s’y préparer. Il leur indiqua avec précision le lieu vers lequel il se dirigeait. Le Messager d’Allah (sa) était accompagné d’un si grand nombre de musulmans qu’il était impossible de les consigner dans un registre. »
Ka‘b ajouta : « Quiconque envisageait de s’absenter pensait que sa décision demeurerait secrète, à moins qu’Allah ne l’expose par une révélation divine. Le Messager d’Allah (sa) entreprit donc cette expédition à une période où les fruits étaient mûrs et où l’ombre offrait un répit bienfaisant. Le Messager d’Allah (sa) et ses compagnons se préparèrent pour l’expédition, et je sortis moi aussi pour me préparer, mais je revins sans rien accomplir. Je me disais : “Je peux encore m’y mettre.” Je ne cessai de remettre ma préparation au lendemain, jusqu’à ce que les gens fussent prêts et que le Messager d’Allah (sa) et les musulmans qui l’accompagnaient prissent la route. Je n’avais rien préparé pour mon départ et me dis alors : “Je me préparerai dans un jour ou deux, puis je les rejoindrai.” Le lendemain matin, après leur départ, je sortis pour me préparer, mais revins une fois de plus sans rien accomplir. Le même scénario se répéta le matin suivant. Il en alla ainsi jusqu’à ce qu’ils soient déjà loin et que je manque l’expédition. J’avais continuellement l’intention de partir à leur poursuite. J’aurais tant souhaité l’avoir fait ! Mais tel n’était pas mon destin. Ainsi, après le départ du Messager d’Allah (sa), chaque fois que je sortais et marchais parmi ceux qui étaient restés en arrière, j’étais profondément affligé de ne voir autour de moi que des personnes soupçonnées d’hypocrisie ou des hommes faibles qu’Allah avait excusés. »
Le Messager d’Allah (sa) ne se rappela de moi qu’une fois arrivé à Tabouk. Alors qu’il était assis parmi les gens, il demanda : « Qu’a fait Ka‘b ? »
Un homme des Banou Salama répondit : « Ô Messager d’Allah (sa) ! Il a été retenu par ses deux burdahs — ses vêtements — et se complaît dans une certaine vanité. »
Mu‘âdh bin Jabal (ra) répliqua aussitôt : « Quelle parole détestable ! Par Allah, ô Messager d’Allah (sa) ! Nous ne connaissons de lui que le bien. » Le Messager d’Allah (sa) garda le silence. »
Ka‘b bin Mâlik (ra) continua : « Lorsque j’appris que le Prophète (sa) était en route pour Médine, l’anxiété me rongeait et je commençai à élaborer de faux prétextes, me demandant : “Comment éviter sa colère demain ?” Je suivis même les conseils d’un membre avisé de ma famille à ce sujet.
Cependant, lorsque l’on m’annonça que le Messager d’Allah (sa) approchait, tous ces faux prétextes s’évaporèrent de mon esprit, et je compris que jamais je ne pourrais me soustraire à cette situation en fabriquant des excuses. Je pris donc la ferme résolution de dire la vérité. »
Le Messager d’Allah (sa) arriva au matin et, comme il en avait l’usage à chacun de ses retours de voyage, il se rendit d’abord à la mosquée, y accomplit deux unités de prière, puis s’assit afin de recevoir les gens. Lorsqu’il eut terminé, ceux qui n’avaient pas pris part à l’expédition de Tabouk se présentèrent et se mirent à exposer des excuses fallacieuses tout en prêtant serment.
Ils étaient un peu plus de quatre-vingts hommes. Le Messager d’Allah (sa) accepta les prétextes qu’ils avancèrent, reçut leur serment d’allégeance, implora le pardon d’Allah en leur faveur et laissa au Jugement divin les secrets de leurs cœurs.
Puis je me rendis devant lui. Lorsque je le saluai, il m’accueillit par un sourire empreint de colère, puis dit : « Approche. » Je m’avançai donc et m’assis face à lui. Il me demanda : « Qu’est-ce qui t’a empêché de te joindre à nous ? N’avais-tu pas acquis une monture pour voyager ? »
Je répondis : « Oui, ô Messager d’Allah (sa) ! Mais par Allah, si j’avais été assis devant quiconque d’autre que vous, j’aurais su apaiser sa colère en lui présentant une excuse. Par Allah, j’ai reçu le don de l’éloquence ; toutefois, je savais pertinemment que si je mentais aujourd’hui pour obtenir votre satisfaction, Allah ne manquerait pas de susciter votre colère contre moi dans un avenir proche. En revanche, si je vous dis la vérité, même si cela provoque votre mécontentement, j’ose espérer le pardon d’Allah. En vérité, par Allah, je n’ai aucune excuse. Par Allah, jamais je n’ai été plus vigoureux ni plus prospère qu’au moment où je suis resté en arrière. »
Le Messager d’Allah (sa) déclara alors : « Cet homme a assurément dit la vérité. Retirez-vous donc, jusqu’à ce qu’Allah statue sur votre affaire. »
Je me levai, et plusieurs hommes de Banou Salama me suivirent en disant : « Par Allah, jamais nous ne t’avons vu commettre une faute auparavant. Certainement, tu n’as pas présenté d’excuses au Messager d’Allah (sa), contrairement aux autres qui ont manqué l’expédition. La supplication du Messager d’Allah (sa) en ta faveur aurait amplement suffi pour que tu sois pardonné. » Par Allah, ils persistèrent à me blâmer au point que j’envisageai de retourner auprès du Prophète pour me rétracter et prétendre avoir menti. Mais je leur dis : « Y a-t-il quelqu’un d’autre qui ait connu le même sort que moi ? »
Ils répondirent : « Oui, deux hommes ont tenu le même discours que toi, et tous deux ont reçu le même ordre que toi. »
Je demandai : « Qui sont-ils ? »
Ils répondirent : « Mourâra ibn al-Rabî‘ al-‘Amrî et Hilâl ibn Oumayya al-Wâqifî. »
Ils me citèrent ainsi deux hommes d’une grande piété, tous deux présents à la bataille de Badr, et qui constituaient pour moi un exemple éminent.
Je ne modifiai donc pas ma décision. Parmi tous ceux qui étaient restés en arrière lors de cette expédition, le Messager d’Allah (sa) interdit à l’ensemble des musulmans de nous adresser la parole, c’est-à-dire aux trois hommes mentionnés.
Nous nous isolâmes alors des gens, et leur comportement envers nous changea radicalement, au point que le pays même où je vivais me paraissait étranger, comme si je ne l’avais jamais connu. Nous demeurâmes dans cet état durant cinquante nuits.
Quant à mes deux compagnons, ils restaient confinés chez eux à pleurer. Pour ma part, j’étais le plus jeune et le plus résolu d’entre eux : je sortais donc pour accomplir la prière avec les musulmans et me promenais dans les marchés, mais nul ne m’adressait la parole.
Je me rendais donc auprès du Messager d’Allah (sa) et le saluais lorsqu’il était assis avec ses compagnons après la prière, tout en m’interrogeant pour savoir s’il remuait les lèvres en retour ou non. Puis j’accomplissais ma prière non loin de lui et l’observais discrètement. Lorsque j’étais absorbé par la prière, il tournait son visage vers moi ; mais lorsque je me tournais vers lui, il détournait aussitôt le sien.
Lorsque cette attitude distante de la part des gens se prolongea, je me rendis au jardin d’Abou Qatâda, qui était mon cousin et l’être qui m’était le plus cher. J’escaladai le mur et lui adressai mes salutations. Par Allah, il ne me répondit pas. Je dis : « Ô Abou Qatâda ! Je t’implore par Allah : sais-tu que j’aime Allah et Son Messager (sa) ? » Il demeura silencieux. Je le questionnai de nouveau en l’adjurant par Allah, mais il resta muet. Je l’interpellai une troisième fois au nom d’Allah. Il répondit alors : « Allah et Son Messager le savent mieux que quiconque. »
À ces mots, les larmes me montèrent aux yeux ; je rebroussai chemin et franchis de nouveau le mur. »
Kaʿb ajouta :
« Alors que je marchais dans le marché de Médine, j’aperçus soudain un Nabaté — c’est-à-dire un fermier chrétien — originaire de la région de Cham, venu vendre son grain à Médine. Il s’écriait : “Qui peut me conduire auprès de Kaʿb ibn Mâlik ?” Les gens commencèrent alors à me montrer du doigt, jusqu’à ce qu’il s’approche de moi et me remette une lettre du roi de Ghassân, dans laquelle il était écrit :
“Pour commencer, j’ai appris que ton compagnon — c’est-à-dire le Prophète (sa) — t’a traité avec rigueur. Quoi qu’il en soit, qu’Allah ne te laisse pas demeurer en un lieu où tu te sens humilié et où tes droits sont méprisés. Rejoins-nous donc, et nous prendrons soin de toi.”
Lorsque je lus cette lettre, je me dis : “Ceci est également une épreuve.” Je pris alors la lettre et la jetai dans le feu pour la brûler.
Après quarante nuits — sur les cinquante imposées — le messager du Saint Prophète (sa) vint me trouver et me dit : “Le Messager d’Allah (sa) t’ordonne de te tenir à l’écart de ton épouse.”
Je demandai : « Dois-je divorcer d’elle, ou que dois-je faire ? »
Il répondit : « Non. Contente-toi de te tenir à l’écart d’elle et ne partage plus sa couche. »
Le Prophète (sa) adressa le même message à mes deux compagnons. J’ordonnai alors à mon épouse : « Rejoins tes parents jusqu’à ce qu’Allah rende Son verdict en cette affaire. »
Kaʿb ajouta :
« L’épouse de Hilâl ibn Oumayya se rendit auprès du Messager d’Allah (sa) et lui dit : “Ô Messager d’Allah (sa) ! Hilâl ibn Umayya est un vieil homme sans défense ; il n’a aucun serviteur pour prendre soin de lui. Ne voudrais-tu pas m’autoriser à le servir ?”
Il répondit : “Oui, tu peux le servir, mais qu’il ne s’approche aucunement de toi.”
Elle dit alors : “Par Allah, il n’éprouve aucun désir. Par Allah, depuis le début de cette affaire, il n’a cessé de pleurer.”
À cette occasion, certains membres de ma famille me dirent : “Ne demanderais-tu pas, toi aussi, au Messager d’Allah (sa) d’autoriser ton épouse à te servir, comme il l’a permis à l’épouse de Hilâl ibn Umayya ?”
Je répondis : “Par Allah, je ne solliciterai aucune permission du Messager d’Allah (sa) à ce sujet, car j’ignore quelle serait sa réponse s’il m’autorisait à recevoir les soins de mon épouse, moi qui suis encore un homme jeune.” »
Je demeurai ensuite dans cet état durant dix nuits supplémentaires, jusqu’à ce que s’achève la période de cinquante nuits, comptée depuis le moment où le Messager d’Allah (sa) avait interdit aux gens de nous adresser la parole.
Or, le cinquantième matin, après avoir accompli la prière de l’aube (Fajr) sur le toit de l’une de nos demeures, tandis que j’étais assis dans l’état décrit par Allah dans le Coran — au point que mon âme se trouva oppressée et que la terre, malgré toute son immensité, me parut étroite — j’entendis la voix d’un homme qui avait gravi la montagne de Salʿ, et qui criait de toutes ses forces :
« Ô Kaʿb ibn Mâlik ! Réjouis-toi de cette heureuse nouvelle ! »
Je me prosternai alors devant Allah, ayant compris que la délivrance était enfin arrivée. Le Messager d’Allah (sa) avait annoncé l’acceptation de notre repentir par Allah alors qu’il accomplissait la prière du Fajr.
Les gens sortirent aussitôt pour nous féliciter. Des porteurs de bonnes nouvelles se rendirent auprès de mes deux compagnons ; un cavalier se hâta vers moi à toute allure, tandis qu’un homme des Banou Aslam accourut à pied et gravit la montagne, sa voix précédant la rapidité de son cheval.
Lorsque celui dont j’avais entendu la voix s’approcha de moi pour m’annoncer l’heureuse nouvelle, j’ôtai mes vêtements et les lui offris ; et, par Allah, je ne possédais d’autre habit que ceux-là en ce jour. J’empruntai ensuite deux vêtements, les revêtis et me rendis auprès du Messager d’Allah (sa).
Les gens commencèrent alors à m’accueillir par groupes, me félicitant de l’acceptation de mon repentir par Allah, en disant : « Félicitations ! Allah a agréé ton repentir. »
Lorsque j’entrai dans la mosquée, je vis le Messager d’Allah (sa) assis, entouré des gens. Talha ibn Oubaidullâh s’avança promptement vers moi, me serra la main et me félicita. Par Allah, aucun des Mouhâjirun — c’est-à-dire les émigrants — ne se leva pour moi en dehors de lui, et je n’oublierai jamais ce geste de la part de Talha. »
Kaʿb (ra) ajouta :
« Lorsque je saluai le Messager d’Allah (sa), son visage rayonnait de joie, et il me dit : “Réjouis-toi du plus beau jour que tu aies connu depuis que ta mère t’a mis au monde.” »
Kaʿb ajouta encore :
« Je demandai alors au Prophète (sa) : “Ce pardon vient-il de vous ou d’Allah ?” »
Il répondit : « Non, cela vient d’Allah. » Chaque fois que le Messager d’Allah (sa) éprouvait de la joie, son visage rayonnait tel un éclat de lune, et ce trait distinctif était connu de nous tous.
Lorsque je pris place devant lui, je dis : « Ô Messager d’Allah (sa) ! Puisque mon repentir a été agréé, je souhaite faire don de l’intégralité de ma fortune en aumône pour Allah et Son Messager. »
Le Messager d’Allah (sa) répondit : « Conserve une partie de ta fortune, car cela sera préférable pour toi. »
Je dis alors : « Je conserverai donc ma part de Khaybar », puis j’ajoutai : « Ô Messager d’Allah (sa) ! Allah m’a sauvé par le fait que j’ai dit la vérité ; il fait donc partie de mon repentir de ne prononcer que la vérité tant que je vivrai. Par Allah, je ne connais aucun musulman qu’Allah ait davantage aidé à se conformer à la vérité que moi. Depuis le jour où j’ai exposé cette vérité au Messager d’Allah (sa) jusqu’à aujourd’hui, je n’ai jamais nourri l’intention de mentir. J’espère qu’Allah me préservera également du mensonge pour le reste de mon existence.
Donc, Allah révéla à Son Messager le verset ci-suit: “Allāh S’est tourné certainement avec clémence vers le Prophète et vers les Emigrés et les Ansars qui l’ont suivi à l’heure de la détresse, après que le cœur d’une partie d’entre eux se soit presque dévié. Il s’est tourné de nouveau vers eux avec clémence. Assurément, Il est Compatissant, Miséricordieux envers eux.” (Le Saint Coran, 9:117)
Par Allah, hormis la grâce de m’avoir guidé vers l’Islam, Dieu ne m’a jamais accordé une bénédiction plus immense que celle de m’avoir préservé du mensonge envers le Messager d’Allah (sa), car cela m’aurait conduit à la perdition, à l’instar de ceux qui ont menti. »
Kaʿb ajouta : « Nous trois étions dans une situation tout à fait différente de celle de ceux dont le Messager d’Allah (sa) avait accepté les excuses lorsqu’ils se présentèrent à lui en prêtant serment. Il accepta leur serment d’allégeance et invoqua Allah en leur faveur afin qu’Il leur pardonne, tandis que notre cas demeura en suspens jusqu’à ce qu’Allah rende Son jugement à notre sujet. Quant à la parole d’Allah : “Et Allāh S’est tourné avec clémence vers les trois qui par leurs agissements se retrouvèrent à l’arrière, jusqu’à ce que la terre, malgré toute son immensité, leur sembla un lieu trop étroit, et leurs âmes furent aussi rétrécies pour eux, et ils devinrent convaincus qu’il n’y avait de refuge de la part d’Allāh sauf d’aller vers Lui-Même. » » (Le Saint Coran, 9 :118)
Ce qu’Allah a dit (dans ce verset) n’indique pas notre incapacité à participer à l’expédition, mais fait référence au report de la décision du Prophète (sa) concernant notre cas, contrairement au cas de ceux qui avaient prêté serment devant lui et qu’il avait excusés en acceptant leurs excuses.
Sa Sainteté (aba) a déclaré qu’il continuerait à mentionner les détails de ces incidents à l’avenir
Prières funéraires
Sa Sainteté (aba) a déclaré qu’il dirigerait les prières funéraires des membres décédés suivants :
Hafiz Muhammad Ibrahim Abid
Hafiz Muhammad Ibrahim Abid était missionnaire. Il avait prêté allégeance au troisième calife (rh). Né aveugle, il mémorisa le Saint Coran dans son village. Il poursuivit ensuite des études pour devenir missionnaire et servit au Pakistan dans divers lieux et bureaux, ainsi qu’en Indonésie pendant deux ans. Il occupa également le poste de secrétaire de l’Association des aveugles et apprit à lire le braille.
Pendant ses études, il était reconnu pour son intelligence exceptionnelle et sa mémoire remarquable. Il bénéficiait de la bienveillance particulière du troisième calife (rh). Il était capable de reconnaître quelqu’un rien qu’à la manière dont il lui serrait la main, sans qu’elle n’ait besoin de dire un mot. Il disait que même s’il ne pouvait pas voir avec ses yeux, il voyait avec son cœur. Il avait mémorisé de nombreuses références et citations et entretenait un lien profond avec le Khilafat.
Il laisse derrière lui sa femme, deux fils et quatre filles. Sa Sainteté (aba) a prié pour qu’Allah lui accorde Son pardon et Sa miséricorde et accorde patience à ses enfants.
Cheikh Abu Bakr George
Cheikh Abu Bakr George, était missionnaire servant au Liberia. Il accepta l’Ahmadiyya en 1980. Après avoir pris sa retraite, il s’était consacré au service de la foi. Bien qu’il ne fût pas officiellement un waqf- e -Zindagi, son esprit de service dépassait largement celui qui s’est entièrement dévoué au service de la religion. Il était toujours en première ligne pour servir et propager le message de l’Islam Ahmadiyya. Après un cours intensif, il fut nommé missionnaire local. Il offrit son terrain personnel à la communauté pour y construire une mosquée et une maison de mission. Il continua à servir la communauté même dans sa vieillesse et sa faiblesse. Il était assidu dans ses prières, faisait des sacrifices financiers, s’occupait des pauvres et était une personne juste et sincère. Il entretenait un lien profond avec le Khilafat.
Il laisse derrière lui deux épouses, trois fils et deux filles. Sa Sainteté (aba) a prié pour qu’Allah lui accorde Son pardon et Sa miséricorde et que ses enfants perpétuent son héritage de loyauté envers la communauté.
Sameena Bhunoo
Sameena Bhunnoo, épouse du Dr Fazl Mahmud Bhano du Libéria était la petite-fille de Hazrat Maulana Abdur Rahim Dard (ra), un compagnon du Messie Promis (as). Elle a passé plus de 30 ans en Afrique aux côtés de son mari, qui est un waqf e zindagi de longue date, supportant avec patience et courage toutes sortes de difficultés. Elle a surmonté toutes les épreuves avec positivité et a toujours su maintenir une atmosphère aimante dans son mariage.
Elle entretenait des relations affectueuses avec tous et considérait l’Afrique comme sa patrie. Elle était connue pour rester toujours satisfaite, quelles que soient les circonstances. Elle priait régulièrement, faisait preuve de gentillesse, prenait soin de chacun, était très hospitalière et demeurait toujours patiente. Elle avait un grand amour pour le Khilafat.
Elle laisse derrière elle son mari et une fille. Sa Sainteté (aba) a prié pour qu’Allah lui accorde Son pardon et Sa miséricorde et élève son rang.









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