Après avoir récité le Tashahhoud, le Ta’awwouz et la sourate al-Fātihah, Sa Sainteté Mirza Masroor Ahmad (a.b.a.) a rappelé qu’il avait abordé, lors d’un précédent sermon, le thème de l’amour du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) pour Dieu ; et a dit qu’il poursuivrait ce même sujet cette semaine avec d’autres récits.
Sa Sainteté (a.b.a.) a déclaré que, depuis sa jeunesse et avant même de revendiquer la prophétie, le Saint Prophète (s.a.w.) témoignait d’un amour si ardent pour Dieu qu’il se retirait dans une grotte afin de s’immerger totalement dans l’expression de son amour pour Lui.
Trouver l’amour de Dieu dans la solitude
Sa Sainteté (a.b.a.) a cité le Messie Promis (a.s.), lequel écrit que le Saint Prophète (s.a.w.) ne trouvait nul réconfort comparable à celui qu’il éprouvait dans la solitude avec Dieu, lorsqu’il se retirait dans la grotte pour se plonger dans la contemplation divine. N’ayant pour toute provision qu’une outre d’eau, cette retraite ne devait guère être aisée ; mais, si profondément absorbé par l’amour divin, le Saint Prophète (s.a.w.) n’y ressentait aucune privation — il y trouvait, au contraire, un plaisir et une satisfaction sans égal.
Le Saint Prophète (s.a.w.) passait des nuits entières dans un lieu où les gens n’auraient osé s’aventurer. Cela démontre que l’amour véritable pour Dieu engendre le courage ; c’est pourquoi un croyant est courageux.
Certains pourraient s’interroger : si les prophètes aiment tant la solitude, pourquoi donc se marient-ils et fondent-ils une famille ?
Pour illustrer cela, prenons l’image de la différence entre un mendiant et un ami qui frappe à la porte. Lorsqu’un mendiant vient quémander, on lui tend parfois quelque morceau de pain sec, espérant qu’il ne s’attarde point. En revanche, lorsqu’un ami rend visite, on lui offre avec joie un excellent repas et tous les égards dus à son rang. Il ne demande rien ; il reçoit et partage simplement ce qui lui est généreusement accordé.
Il en est de même pour les prophètes. En réalité, ils aiment être seuls avec Dieu et s’entretenir avec Lui. Les relations qu’ils entretiennent en ce monde ne procèdent pas de désirs charnels, mais s’inscrivent dans une démarche spirituelle : ces attaches terrestres deviennent, en elles-mêmes, un moyen d’élever l’âme et d’approfondir davantage leur communion avec le Divin.
Sa Sainteté (a.b.a.) a relaté le récit de Aïcha (r.a.), qui rapporte : « La révélation divine commença à se manifester au Messager d’Allah (s.a.w.) par des songes véridiques durant son sommeil. Jamais il ne fit un rêve qui ne s’accomplît avec la clarté du jour.
Il avait l’habitude de se retirer dans la grotte de Hira, où il se consacrait à l’adoration d’Allah pendant de nombreuses nuits. Il emportait des provisions pour son séjour, puis retournait auprès de son épouse Khadija afin de se ravitailler, avant de repartir de nouveau pour une retraite ultérieure. C’est alors que, dans cette grotte, la Vérité lui fut soudainement révélée.
L’ange vint à lui et lui ordonna : “Lis !” Le Saint Prophète (s.a.w.) répondit : “Je ne sais pas lire.” Le Saint Prophète (s.a.w.) ajouta : “L’ange m’étreignit avec une telle force que je n’en pouvais plus. Il me relâcha ensuite et me demanda de lire de nouveau, et je répondis : ‘Je ne sais pas lire.’ Alors il me saisit une seconde fois et me serra jusqu’à ce que je ne puisse plus le supporter. Il me relâcha ensuite et me demanda encore de lire, mais je répondis : ‘Je ne sais pas lire.’ Sur ce, il me saisit une troisième fois et me pressa, puis il me relâcha et me dit :
‘Récite au nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l’homme d’un caillot adhérent.
Récite ! Et ton Seigneur est le Très Noble.’ (Le Saint Coran, 96 : 2-4)”
Puis le Messager d’Allah (s.a.w.) revint avec la Révélation, le cœur battant à tout rompre, jusqu’à ce qu’il entrât chez Khadija et dît : “Enveloppez-moi ! Enveloppez-moi !” Elle l’enveloppa jusqu’à ce que sa frayeur se dissipât. Il lui raconta alors ce qui s’était passé et dit : “Je crains pour ma personne.”
Khadija répondit : “Jamais ! Réjouissez-vous, car, par Allah, Allah ne vous déshonorera jamais : vous maintenez les liens de parenté, vous dites la vérité, vous aidez les pauvres et les démunis, vous accueillez chaleureusement vos invités et vous portez secours à ceux qui sont frappés par le malheur.”
Khadija l’accompagna alors auprès de Waraqa ibn Nawfal ibn Asad ibn ‘Abd al-‘Uzzâ ibn Qusayy. Waraqa était le cousin paternel de Khadija et, à l’époque préislamique, s’était converti au christianisme ; il savait écrire l’arabe et transcrivait des passages des Évangiles dans cette langue, autant que Dieu le lui permettait. C’était alors un vieillard qui avait perdu la vue.
Khadija lui dit : “Ô mon cousin ! Écoute ce que ton neveu a à te dire.” Waraqa demanda : “Ô mon neveu ! Qu’as-tu vu ?” Le Saint Prophète (s.a.w.) lui raconta tout ce qu’il avait vu. À ces mots, Waraqa s’écria : “C’est le même ange qu’Allah avait envoyé à Moïse (a.s.). Si seulement j’étais jeune et pouvais vivre jusqu’au jour où ton peuple te chassera !” Le Messager d’Allah (s.a.w.) demanda : “Vont-ils me chasser ?” Waraqa répondit : “Oui. Jamais un homme n’est venu avec ce que tu apportes sans avoir été traité avec hostilité. Si je suis encore en vie ce jour-là, je te soutiendrai de toutes mes forces.” Peu de temps après, Waraqa mourut, et la Révélation au Saint Prophète (s.a.w.) fut interrompue pour un certain temps. »
Il faut déployer des efforts afin d’accroître son amour pour Dieu.
Sa Sainteté (a.b.a.) a cité le Messie Promis (a.s.), qui a rapporté que Dieu a déclaré que Le trouver et établir une relation avec Lui dépendent de l’effort. Dieu déclare dans le Saint Coran :
“Et que l’homme n’aura rien que le fruit de ses efforts.” (53:40). Dieu ajoute ailleurs dans le Saint Coran : Et quant à ceux qui font des efforts pour Notre cause – Nous les dirigerons assurément sur Nos voies. (29:70)
Lorsque nous considérons l’exemple des compagnons du Saint Prophète (s.a.w.) et la relation profonde qu’ils avaient établie avec Allah, nous constatons qu’ils n’ont pas atteint ces degrés par des prières tièdes ; au contraire, ils y sont parvenus grâce à une lutte constante et à des sacrifices remarquables, étant prêts à offrir jusqu’à leur propre vie.
Sa Sainteté (a.b.a.) a souligné que certains s’imaginent pouvoir, au moyen d’efforts insignifiants, accéder à de hauts rangs auprès d’Allah. Or, si l’on considère l’exemple du Saint Prophète (s.a.w.), le Sceau des Prophètes et le plus noble de tous les hommes, on constate qu’il n’a atteint ses degrés sublimes auprès de Dieu qu’au prix d’efforts immenses. Dès lors, comment quiconque pourrait-il espérer parvenir à de hautes stations spirituelles sur le chemin de Dieu, à la mesure du Saint Prophète (s.a.w.), sans consentir à de grands sacrifices ?
En effet, le Saint Prophète (s.a.w.) aimait par-dessus tout se retrouver seul avec Dieu ; mais lorsqu’il eut atteint un certain stade, Dieu lui ordonna :
« Ô toi qui t’es enveloppé dans ton manteau ! Lève-toi et avertis » (Le Saint Coran, 74:2-3)
Ainsi, ce fut après que son amour pour Dieu et ses efforts spirituels eurent atteint leur apogée qu’il reçut l’ordre divin de quitter cette retraite afin d’aller transmettre Son message au monde.
Sa Sainteté (a.b.a.) a déclaré que cela démontre à quel point la relation du Saint Prophète (s.a.w.) avec Dieu était intimement liée aux efforts qu’il déployait. Cette réalité se manifestait tout particulièrement dans ses prières. Il est rapporté que le Saint Prophète (s.a.w.) s’y plongeait avec une telle ferveur que le son émanant de sa poitrine, pour ceux qui se trouvaient à proximité, ressemblait au bouillonnement d’une marmite sur le feu.
Un autre exemple est celui de sa dernière maladie : son état était tel qu’il ne pouvait plus marcher. Il dut poser ses mains sur les épaules de deux compagnons afin qu’ils l’aident à se rendre à la mosquée pour prier, tandis que ses pieds traînaient sur le sol. Or, selon la loi islamique, le Saint Prophète (s.a.w.) n’était nullement tenu de se rendre à la mosquée en raison de sa maladie ; c’est son amour pour Dieu qui l’y poussait irrésistiblement.
En réalité, la prière constituait sa subsistance même, sans laquelle il ne pouvait survivre. Dès lors, alors que telle était sa relation avec la prière, la maladie aurait-elle pu l’en détourner ? En santé comme en maladie, le Saint Prophète (s.a.w.) demeurait immergé dans le souvenir d’Allah et s’efforçait d’inculquer cette même ardeur à ses disciples.
Le véritable amour naît du souvenir de Dieu
Sa Sainteté (a.b.a.) a souligné la nécessité de procéder à un examen de conscience afin d’évaluer si nous nous souvenons d’Allah de la manière que le Saint Prophète (s.a.w.) nous a prescrite. Accomplissons-nous nos prières avec la régularité qu’il nous a enseignée, ou cédons-nous à la paresse à la moindre occasion ?
Sa Sainteté (a.b.a.) a ajouté que le Saint Prophète (s.a.w.) nous a enseigné à nous souvenir de Dieu en toutes circonstances : en éternuant, avant et après le repas, au moment de s’endormir et au réveil, après la prière, avant d’entreprendre toute action importante, ou encore lors des ablutions. En somme, le Saint Prophète (s.a.w.) a rattaché chaque acte de la vie quotidienne au souvenir de Dieu, illustrant ainsi l’immensité et la constance de son amour pour Lui.
Sa Sainteté (a.b.a.) a cité Mirza Bashiruddin Mahmud Ahmad (r.a.), qui écrit que certains, dès qu’ils atteignent un certain degré d’adoration, s’imaginent être parvenus à des rangs élevés et s’attendent à être traités en conséquence. En réalité, les véritables croyants ne s’enorgueillissent nullement de leur spiritualité ; au contraire, ils gagnent en humilité et cherchent souvent à dissimuler le degré de leur dévotion.
L’état du Saint Prophète (s.a.w.) était tel que son adoration ne visait nullement à obtenir davantage de faveurs divines ; elle constituait l’expression pure et désintéressée de son amour pour Dieu. Et cet amour, sans cesse intensifié par l’adoration, le portait à se consacrer toujours plus ardemment à son Seigneur.
En réalité, loin de tirer quelque orgueil de sa dévotion, le Saint Prophète (s.a.w.) rendait grâce à Dieu, affirmant qu’il ne pouvait L’adorer que par la capacité que Celui-ci lui avait accordée. Tel était l’amour du Saint Prophète (s.a.w.) pour son Seigneur : il considérait la faculté même de L’adorer comme une faveur divine. C’est pourquoi il prolongeait ses prières au point que ses pieds en enflaient. Il ne se souciait ni de son confort ni de son bien-être ; son unique préoccupation était d’adorer Dieu.
Lorsqu’on lui demanda pourquoi il endurait de telles difficultés et s’imposait des épreuves que d’autres fuyaient, le Saint Prophète (s.a.w.) répondit : « Ne devrais-je pas être un serviteur reconnaissant ? » Il était dans sa nature que, face à l’immensité des bienfaits divins, son désir d’intensifier son adoration pour Dieu s’accroisse d’autant. Où pourrait-on trouver ailleurs un tel exemple ? Nulle part.
Sa Sainteté (a.b.a.) a également cité Mirza Bashiruddin Mahmud Ahmad (r.a.), qui souligne combien il est remarquable que le Saint Prophète (s.a.w.) ait pu faire preuve d’une telle assiduité dans l’accomplissement de la prière tout en assumant des responsabilités quotidiennes extrêmement lourdes. Il accomplissait les cinq prières quotidiennes ; recevait des délégations étrangères, commandait l’armée musulmane, instruisait les compagnons, arbitrait les différends, supervisait le trésor public, veillait aux affaires de l’État, défendait les enseignements de l’islam, se rendait présent auprès de ses épouses, participait aux tâches ménagères, et bien davantage encore.
Après de telles journées, loin de s’abandonner au sommeil, il ne se reposait qu’un court instant. Puis, au cœur de la nuit, il se levait par amour pour son Seigneur et priait si longuement que ses pieds en étaient meurtris.
Un jour, alors qu’un jeune homme — pourtant bien plus vigoureux à cette époque que le Saint Prophète (s.a.w.) — tenta de se tenir à ses côtés pour la prière, il ne put soutenir la longue station debout et dut se retirer, tandis que le Saint Prophète (s.a.w.) demeurait inébranlable dans son adoration.
Comment et pourquoi le Saint Prophète (s.a.w.) endurait-il de telles épreuves physiques, poursuivant une adoration qui, par sa durée même, représentait une lourde charge pour le corps ? Ce ne pouvait être que par amour pour Dieu.
L’état d’adoration du Prophète (s.a.w.) durant le Ramadan
Sa Sainteté (a.b.a.) a déclaré que tel était l’état de dévotion du Prophète (s.a.w.) tout au long de l’année. Toutefois, lorsque survenait le mois béni de Ramadan, il est rapporté que son adoration s’intensifiait davantage encore.
Ainsi, un jour, à celui qui s’enquérait de son repos nocturne, le Prophète (s.a.w.) répondit que, bien que ses yeux pussent dormir, son cœur, quant à lui, demeurait éveillé toute la nuit dans le souvenir de Dieu.
En raison de ce degré exceptionnel d’adoration et de l’exemple suprême qu’il incarnait, Dieu révéla au Saint Prophète (s.a.w.) dans le Saint Coran :
« Et que l’homme n’aura rien que le fruit de ses efforts. » (Le Saint Coran, 53:40)
« Dis : « Assurément, ma Prière et mon sacrifice et ma vie et ma mort appartiennent à Allāh, le Seigneur des mondes. » » (Le Saint Coran, 6:163)
Sa Sainteté (a.b.a.) a cité le Messie Promis (a.s.), qui, en réponse aux allégations formulées par certains au sujet des mariages du Saint Prophète (s.a.w.), a déclaré que, bien que ce dernier eût neuf épouses, cela ne l’éloignait nullement de sa dévotion ; au contraire, il passait des nuits entières en prière et en adoration.
Aïcha (r.a.) rapporte qu’une nuit, alors que le Saint Prophète (s.a.w.) se trouvait auprès d’elle, elle se réveilla au milieu de la nuit et constata qu’il n’était plus à ses côtés. Elle pensa alors qu’il s’était peut-être rendu chez l’une de ses autres épouses. Cependant, elle le trouva au cimetière, absorbé dans une fervente supplication.
Il apparaît donc clairement que la polygamie en islam ne repose nullement sur la satisfaction de passions charnelles ; elle ne peut être pratiquée qu’avec droiture et uniquement lorsqu’existent de véritables besoins légitimes. Les accusations portées contre l’islam trouvent leur origine chez ceux qui abusent de cette permission, car des conditions strictes doivent être respectées avant qu’un homme puisse épouser plus d’une femme ; il ne s’agit en aucun cas de satisfaire de vils désirs.
Sa Sainteté (a.b.a.) a cité le Messie Promis (a.s.), lequel a mis en évidence la manière dont l’adoration enseignée par le Saint Prophète (s.a.w.) se distingue de celle des autres religions. Alors que d’autres confessions se réunissent généralement pour prier de façon périodique — par exemple une fois par semaine — la foi enseignée par le Saint Prophète (s.a.w.) prescrit la prière à plusieurs reprises chaque jour. Telle est la véritable voie pour croître dans l’amour de Dieu et établir une relation authentique avec Lui.
Sa Sainteté (a.b.a.) a déclaré que telles sont les normes d’adoration et de prière auxquelles nous devons aspirer, car ce n’est qu’à cette condition que nous pourrons être considérés comme de véritables musulmans.
Il a ajouté que nos efforts pour diffuser le véritable message de l’islam ne porteront leurs fruits que si nous nous appliquons également dans la prière et œuvrons à élever le niveau de notre adoration et de notre amour pour Dieu. Alors seulement, nos efforts seront bénis.
Prière pour le succès du Jalsa Salana du Bangladesh
Sa Sainteté (a.b.a.) a déclaré que le Jalsa Salana (Convention annuelle) de la Communauté musulmane ahmadie au Bangladesh débutait ce jour. Cette communauté y fait face à une opposition considérable. Sa Sainteté (a.b.a.) a exhorté chacun à se souvenir des Ahmadis de ce pays dans ses prières : qu’Allah les garde tous sous Sa protection et permette la tenue réussie de leur Jalsa.
Résumé préparé par La Revue des Religions.










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