Après la récitation du Tashahhoud, du Ta‘awwouz et de la sourate al-Fātiḥah, Sa Sainteté Hazrat Mirza Masroor Ahmad (a.b.a.) a rappelé que, lors de son sermon précédent, il avait évoqué, l’amour du Saint Prophète (s.a.w.) pour Dieu. Il a précisé qu’il poursuivrait ce sujet en s’appuyant sur les traditions ainsi que sur les écrits du plus fervent dévot du Saint Prophète (s.a.w.), le Messie Promis, Mirza Ghulam Ahmad (a.s.).
L’exemple du Saint Prophète (s.a.w.) dans la supplication
Sa Sainteté (a.b.a.) a rapporté le récit d’un compagnon qui se tint, une nuit, aux côtés du Saint Prophète (s.a.w.) durant la prière. Le Saint Prophète (s.a.w.) commença par réciter la sourate Al-Baqarah. Le compagnon pensa qu’il s’inclinerait après cent versets, mais il poursuivit. Il supposa ensuite qu’il s’arrêterait à la fin de la sourate ; toutefois, le Prophète (s.a.w.) continua sa récitation. Le compagnon crut alors qu’il marquerait une pause à un moment donné ; or, le Saint Prophète (s.a.w.) acheva le troisième chapitre et entama le quatrième.
Le Saint Prophète (s.a.w.) ne récitait pas à un rythme précipité ; au contraire, il récitait avec une profonde concentration et une lenteur empreinte de solennité. Ce ne fut qu’après avoir achevé le quatrième chapitre qu’il s’inclina. Son inclination fut d’une durée comparable à celle de sa station debout. Il se redressa ensuite et demeura debout un long moment avant de se prosterner, sa prosternation étant également d’une durée équivalente à celle de sa station précédente.
Sa Sainteté (a.b.a.) a également rapporté, d’après Aïcha (r.a.), qu’un jour, après avoir récité la sourate d’ouverture du Saint Coran, le Saint Prophète (s.a.w.) demeura en prière en répétant à plusieurs reprises un même verset du Livre saint. Interrogée sur la durée de cette station, Aïcha (r.a.) précisa que la longueur et la beauté des prières du Saint Prophète (s.a.w.) étaient indescriptibles.
Un autre compagnon rapporte que le Saint Prophète (s.a.w.) demeura en prière jusqu’à l’aube en ne récitant qu’un seul verset, à savoir :
« Si Tu les châties, ils sont Tes serviteurs ; et si Tu leur pardonnes, Tu es en vérité le Puissant, le Sage. » (Le Saint Coran, 5 : 119)
Sa Sainteté (a.b.a.) a en outre rappelé qu’une éclipse solaire survint à l’époque du Saint Prophète (s.a.w.) et que celui-ci accomplit alors la prière de l’éclipse, enseignant ainsi à la communauté la manière de l’accomplir. À l’issue de cette prière, le Saint Prophète (s.a.w.) prononça un sermon dans lequel il expliqua que le soleil et la lune sont des signes de Dieu. Il précisa que face à de tels phénomènes, il convient de glorifier Dieu, de Lui adresser des supplications et de faire l’aumône. Il exhorta enfin les musulmans à l’adoration et au repentir, affirmant que s’ils savaient ce que lui savait, ils pleureraient abondamment.
Son désir ardent qu’Allah soit adoré
Sa Sainteté (a.b.a.) a relaté que, lors de la bataille de Badr, le Saint Prophète (s.a.w.) se tourna vers la Qiblah et implora Dieu d’accomplir Sa promesse. Il pria avec une intensité telle qu’il s’exclama que, si ce petit groupe de musulmans venait à périr ce jour-là, il ne resterait plus personne sur terre pour adorer Dieu. Le Saint Prophète (s.a.w.) suppliait avec une ferveur si profonde que son corps tout entier en tremblait, au point que son manteau glissa de ses épaules. Témoin de cette détresse spirituelle, Abou Bakr (r.a.) remit le manteau en place et, prenant le Prophète (s.a.w.) dans ses bras pour le réconforter, lui assura que Dieu exaucerait assurément ses supplications. C’est alors que le verset suivant fut révélé :
« Quand vous avez imploré l’aide de votre Seigneur, et qu’Il vous a répondu en disant : ‘ Assurément, Je vous soutiendrai avec un millier d’anges se suivant rangs sur rangs.’ » (Le Saint Coran, 8:10)
Sa Sainteté (a.b.a.) a cité le Messie Promis (a.s.), qui écrit : « Dans le Saint Coran, il a été promis à maintes reprises au Saint Prophète (s.a.w.) qu’il remporterait la victoire sur les mécréants. Pourtant, dès que débuta la bataille de Badr — la première de l’Islam — le Saint Prophète (s.a.w.) se mit à implorer et à prier Dieu avec une ardeur extrême. Voici les paroles qu’il prononça :
“Ô mon Seigneur ! Si Tu anéantis ces gens — ils n’étaient que trois cent treize hommes — personne ne T’adorera jusqu’au Jour du Jugement.”
Lorsque Abou Bakr (r.a.) entendit ces paroles du Saint Prophète (s.a.w.), il lui dit : “ Ô Prophète d’Allah, pourquoi êtes-vous si bouleversé ? Dieu vous a fait la ferme promesse qu’Il vous accorderait la victoire. » Il répondit : “C’est vrai, mais je garde à l’esprit qu’Il Se suffit à Lui-même.” Autrement dit, Dieu n’est soumis à aucune obligation. Il convient dès lors de comprendre que, si le Saint Prophète (s.a.w.) manifestait un tel respect envers les convenances dues à Dieu, il n’y a aucune raison de s’écarter de cette croyance commune à tous les prophètes (a.s.), selon laquelle les prophéties divines s’accomplissent tantôt de manière littérale, tantôt de manière métaphorique ou figurative. (Barahin-e-Ahmadiyya, Partie V, pp. 343–344)
Sa Sainteté (a.b.a.) a également cité le Messie Promis (a.s.), qui écrit ailleurs :
« Comprenez bien que les véritables monothéistes sont ceux qui ne font étalage d’aucune de leurs vertus et qui, en acceptant la vérité, ne craignent nullement le monde. Ils ne se soucient pas que le monde s’offusque de leurs actions.
Certains affirment que le degré d’efforts spirituels ou de jeûne observé chez les compagnons (r.a.) ne se retrouvait pas chez le Saint Prophète, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui. Certains compagnons (r.a.) avaient presque atteint un mode de vie ascétique. Il ne s’ensuit nullement qu’ils fussent — que Dieu nous en préserve — supérieurs au Saint Prophète, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui.
En réalité, le Saint Prophète, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, fut présenté au monde par Allah l’Exalté malgré son inclination naturelle à la discrétion et à la retenue. Cette disposition intime ne l’avait jamais quitté. Qui peut savoir combien d’efforts spirituels et d’actes d’adoration il accomplissait dans le secret ?
En une occasion, Aïcha (r.a.) rapporte que c’était son tour de recevoir le Saint Prophète (s.a.w.) chez elle. Lorsqu’elle s’éveilla durant la nuit, elle s’aperçut qu’il n’était pas présent. Surprise, elle se mit à sa recherche et finit par découvrir qu’il se trouvait dans un cimetière, suppliant Dieu avec une ferveur intense en ces termes :
“Ô mon Dieu ! Mon âme, ma vie, mes os et chacun de mes cheveux se prosternent devant Toi.”
Si Aïcha (r.a.) n’avait pas été témoin de cet épisode, qui aurait pu sonder l’intimité de la relation qu’il entretenait avec son Seigneur ? Il en allait de même pour ses efforts spirituels et son adoration. Puisqu’Allah a pour habitude de tenir ces êtres cachés, le monde ne connaît pas l’étendue de leur état intérieur. Ils n’agissent nullement pour l’ostentation du monde ; seul Celui avec qui ils entretiennent un lien intime connaît chacun de leurs états et voit tout. » — (Malfuzat, Vol. 8, pp. 317-318)
Son aspiration à ce que les gens abandonnent le shirk
Sa Sainteté (a.b.a.) a déclaré qu’un autre témoignage de l’amour profond du Saint Prophète (s.a.w.) pour Dieu se manifesta lorsqu’il se rendit à Taïf afin d’y transmettre le message de l’Islam. Les habitants rejetèrent toutefois son appel et le lapidèrent, le blessant grièvement. Plus tard, lorsque l’une de ses épouses lui demanda s’il avait connu un jour plus douloureux que celui de la bataille d’Uhud, le Saint Prophète (s.a.w.) évoqua cette épreuve de Taïf. Alors qu’il quittait la ville, accablé par la souffrance, il parvint près d’une montagne. Levant les yeux, il aperçut un nuage qui le couvrait de son ombre, duquel descendit l’ange Gabriel. Celui-ci lui signifia que Dieu avait été témoin de tout ce qu’il venait d’endurer et qu’il appartenait désormais au Prophète (s.a.w.) de décider du sort de ce peuple. L’ange alla jusqu’à proposer d’écraser les habitants de Taïf entre deux montagnes. Cependant, le Saint Prophète (s.a.w.) s’y opposa, déclarant qu’il était possible que de leur descendance naissent des hommes et des femmes qui croiraient en l’unicité de Dieu et renonceraient à Lui associer des partenaires.
La plus grande joie du Saint Prophète (s.a.w.)
Sa Sainteté (a.b.a.) a cité le Messie Promis (a.s.) qui écrit :
« Ce degré sublime de lumière accordé à l’homme — c’est-à-dire à l’homme parfait — ne se trouvait ni chez les anges, ni dans les étoiles, la lune ou le soleil ; il n’était pas davantage présent dans les océans et les rivières de la terre, ni dans les rubis, les émeraudes, les saphirs, les diamants ou les perles. En résumé, il ne résidait dans aucun objet céleste ou terrestre. Il ne se trouvait qu’en l’homme ; plus précisément en l’homme parfait, dont l’exemple le plus accompli, le plus élevé et le plus sublime fut notre Seigneur et Maître, le Chef des Prophètes, le Maître de tous les êtres, Muhammad, l’Élu, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui. Ainsi, cette lumière fut accordée à cet homme parfait et, selon leurs rangs, à tous ceux qui partagent cette même nature et ces mêmes dispositions.
Ce dépôt divin renvoie à l’ensemble des facultés : l’intellect, la connaissance, l’esprit, la vie, les sens, la crainte, l’amour, l’honneur, la dignité, la grandeur, ainsi qu’à toutes les faveurs physiques et spirituelles qu’Allah le Tout-Puissant accorde à l’homme parfait. Ensuite, conformément au verset suivant, l’homme parfait restitue intégralement tout cela à la Majesté divine :
C’est-à-dire qu’il anéantit totalement son ego en Allah et le consacre entièrement à Sa voie, comme je l’ai déjà exposé en décrivant l’essence même de l’Islam. »
Cette grandeur s’est manifestée sous sa forme la plus élevée, la plus achevée et la plus parfaite en notre Seigneur, Maître et Guide : le Prophète immaculé, le Véridique, attesté par les justes, Muhammad Mustafa (s.a.w.). Comme Dieu Lui-même le déclare dans le Saint Coran :
Dis : « Assurément, ma Prière et mon sacrifice et ma vie et ma mort appartiennent à Allāh, le Seigneur des mondes ; Il n’a pas d’associé. Et c’est ce qui m’a été commandé et je suis le premier de ceux qui se soumettent. » (Le Saint Coran, 6 : 163–164)
Autrement dit, depuis le commencement du monde jusqu’à son terme, nul homme parfait — hormis lui — n’a atteint un degré aussi sublime d’anéantissement en Allah ni n’a été capable de restituer à Allah le Tout-Puissant l’intégralité des dépôts sacrés qui lui avaient été confiés.
Ce verset constitue une réfutation claire de certains unitaires ignorants qui soutiennent que la supériorité absolue de notre Saint Prophète (s.a.w.) sur les autres prophètes n’est pas établie. S’appuyant sur des hadiths à la fiabilité douteuse, ils prétendent que le Saint Prophète (s.a.w.) aurait interdit qu’on lui attribue une quelconque préséance, fût-ce même sur Jonas, fils d’Amittaï (Yunus ibn Matta).
Ces personnes ne réalisent pas que, même si un tel hadith était authentique, il ne s’agirait que d’une expression d’humilité et de modestie — des vertus qui furent la marque constante de notre Maître (s.a.w.). Chaque parole doit être comprise à la lumière de son contexte. Quelle ignorance — et quelle injustice — ce serait de considérer un homme juste comme le plus vil des pécheurs, pire encore que les idolâtres et les transgresseurs, sous le seul prétexte qu’il se serait décrit, dans une lettre, comme « le plus humble des serviteurs d’Allah » !
Méditez attentivement sur ce point. Allah, exaltée soit Sa grandeur, nomme le Saint Prophète (s.a.w.) « le premier des musulmans ». Il le désigne comme le chef de tous ceux qui obéissent et se soumettent, et le décrit comme celui qui, le premier, restitua intégralement le dépôt sacré qui lui avait été confié.
Dès lors, subsiste-t-il la moindre place, pour un croyant au Saint Coran, pour élever une quelconque objection quant à la haute station spirituelle du Saint Prophète (s.a.w.) ? Dans le verset précité, Allah le Tout-Puissant, après avoir exposé les différents degrés et rangs au sein de l’Islam, a établi que le rang suprême était inscrit dans la nature même du Saint Prophète (s.a.w.).
La suite de la traduction s’exprime ainsi. Allah, exaltée soit Sa grandeur, s’adressant à Son Messager (s.a.w.), déclare :
« Dis : “Ma voie est une voie droite. Suivez-la donc, et ne suivez pas les autres sentiers qui vous éloigneraient du chemin d’Allah le Tout-Puissant.”
Dis : “Si vous aimez Allah le Tout-Puissant, alors venez et marchez fidèlement à ma suite.” »
C’est-à-dire : suivez mon chemin, qui constitue l’essence la plus sublime de l’Islam ; alors Allah le Tout-Puissant vous aimera et vous pardonnera vos péchés.
Dis encore :
« Mon chemin est que j’ai reçu l’ordre de consacrer tout mon être à Allah le Tout-Puissant et d’appartenir sincèrement et entièrement à Rabb al-‘Ālamīn, le Seigneur de tous les mondes. »
Autrement dit : en m’anéantissant en Lui, je dois me faire le serviteur de tous les mondes, tout comme Il est le Seigneur de tous les mondes. Je dois Lui être entièrement dévoué, ainsi qu’à Sa voie. Ainsi, j’ai remis à Allah le Tout-Puissant tout mon être et tout ce qui m’appartenait ; désormais, plus rien ne m’appartient : tout ce qui est mien est Sien.
— Le Miroir des Excellences de l’Islam (A’ina-e-Kamālāt-e-Islām), pp. 142–146
Son désir ardent de répandre l’Unicité de Dieu
Sa Sainteté (a.b.a.) a cité le Messie Promis (a.s.), qui écrit :
« Je me demande sans cesse quel est ce Prophète sublime, ce Prophète arabe dont le nom est Muhammad — que des milliers et des milliers de bénédictions et la paix soient sur lui. On ne peut sonder la limite de son rang éminent, et il n’est pas donné à l’homme d’estimer l’étendue de son influence spirituelle. Il est regrettable que sa véritable stature n’ait pas été reconnue à sa juste valeur. Il est le champion qui a restitué au monde le Tawḥīd — l’Unicité divine — qui avait disparu ; il a aimé Dieu à l’extrême, et son âme s’est fondue dans une compassion infinie pour l’humanité.
C’est pourquoi Dieu, qui connaissait le secret de son cœur, l’a élevé au-dessus de tous les Prophètes, des premiers aux derniers, et lui a accordé de son vivant l’accomplissement de tous ses désirs. Il est la source de toute grâce, et quiconque prétend à une quelconque élévation sans reconnaître sa médiation n’est pas un être humain, mais une progéniture de Satan, car il — le Saint Prophète (s.a.w.) — s’est vu confier la clé de toute élévation et le trésor de toute gnose. Celui qui ne reçoit pas par son intermédiaire en est à jamais privé.
Quant à moi, je ne suis rien et ne possède rien. Que suis-je, et quelle est ma valeur ? Je serais ingrat si je ne confessais pas que c’est par ce Prophète même que j’ai découvert le véritable Tawḥīd. J’ai atteint la reconnaissance du Dieu Vivant par ce Prophète parfait et par sa lumière. L’honneur de la conversation et de la communion avec Dieu, grâce auxquels je contemple Son visage, m’a été accordé par ce même Grand Prophète. Les rayons de ce Soleil de la Guidance tombent sur moi comme la lumière du soleil, et je demeure illuminé tant que je reste tourné vers lui. »
(Ḥaqīqat-ul-Waḥy, Rūḥānī Khazā’in, vol. 22, pp. 118–119)
Ceux qui soutiennent qu’une personne ne croyant pas au Saint Prophète — que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui — ou ayant apostasié, pourrait néanmoins obtenir le salut sans subir de préjudice tant qu’elle demeure attachée au Tawḥīd et reconnaît Dieu comme Unique et sans associé — comme le prétend ‘Abdul-Hakim Khan — méconnaissent en réalité le sens profond du Tawḥīd.
J’ai souligné à maintes reprises que Satan lui-même reconnaît Dieu comme Un et sans associé. Or, la simple affirmation de l’Unicité divine ne saurait suffire au salut. Celui-ci repose, au contraire, sur deux conditions essentielles :
- La conviction absolue en l’Existence et l’Unicité d’Allah le Tout-Puissant.
- L’enracinement dans le cœur d’un amour parfait pour le Dieu Unique et Glorieux, au point que, sous son emprise, l’obéissance à Allah devienne la joie véritable du cœur, sans laquelle l’existence même serait inconcevable. Cet amour pour le Divin efface et anéantit tout attachement à autre que Lui.
Tel est le véritable Tawḥīd, qui ne peut être atteint qu’en suivant notre Seigneur et Maître, Hadrat Muhammad, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui. Pourquoi ne peut-il être atteint autrement ? Parce que l’Être de Dieu est invisible au-delà de l’invisible, voilé au-delà du voilé, et d’une profondeur insondable. Les facultés rationnelles de l’homme ne peuvent Le découvrir par elles-mêmes. Aucun raisonnement purement intellectuel ne saurait constituer une preuve irréfutable de Son existence, car la raison ne peut qu’inférer la nécessité d’un Créateur à partir de l’observation des créatures.
Reconnaître la nécessité de Son existence est une chose ; parvenir au stade de ‘Aïn-Ul-Yaqin — la certitude au niveau de la vue —, c’est-à-dire obtenir la preuve vécue que ce Dieu reconnu existe réellement, en est une autre. La méthode rationnelle, étant imparfaite, incomplète et sujette au doute, demeure incapable d’y conduire. C’est pourquoi les philosophes, livrés à la seule raison, échouent à reconnaître Dieu ; bien plus, la majorité de ceux qui s’engagent dans cette voie finissent par sombrer dans l’athéisme.
Leurs méditations sur les créatures terrestres et célestes ne leur apportent aucun bénéfice spirituel. Ils vont jusqu’à tourner en dérision les élus de Dieu, affirmant : « Il existe dans le monde des milliers de choses dont nous ne percevons aucune utilité ; nos recherches n’y révèlent aucune sagesse susceptible de prouver l’existence d’un Créateur. Bien au contraire, ces réalités nous paraissent dénuées de sens et inutiles. »
Il est regrettable que ces ignorants ne comprennent pas que l’absence de connaissance d’une chose n’implique nullement sa non-existence. Aujourd’hui encore, des centaines de milliers de personnes se prétendent intellectuels ou philosophes de haut rang, tout en niant avec véhémence l’existence d’Allah le Tout-Puissant.
Il est pourtant évident que, s’ils avaient découvert un argument rationnel véritablement irréfutable, ils n’auraient ni nié Son existence ni affiché une telle arrogance, un tel mépris et une telle dérision à l’égard du Créateur Glorieux. Ainsi, nul ne peut être sauvé de la tempête des doutes en embarquant sur l’arche des philosophes ; au contraire, il s’y noierait immanquablement et se verrait à jamais privé de l’élixir du Tawḥīd pur.
Réfléchissez maintenant à quel point est erronée et vaine l’idée selon laquelle le Tawḥīd pourrait être atteint — et le salut obtenu — sans l’intermédiaire du Saint Prophète, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui. Ô ignorants ! Comment peut-on prétendre croire en l’Unicité divine tant qu’il n’existe pas une certitude absolue quant à l’existence même de Dieu ?
Sachez donc avec assurance que la pleine conscience du Tawḥīd ne peut être acquise que par l’intermédiaire d’un Prophète. C’est ainsi que notre Saint Prophète, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, a convaincu les athées et les polythéistes de l’Arabie de l’existence d’Allah le Tout-Puissant, en leur manifestant des milliers de signes célestes. Jusqu’à ce jour, les disciples véritables et accomplis du Saint Prophète, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui, continuent de présenter ces signes aux athées.
La vérité est que tant qu’une personne n’est pas témoin des manifestations vivantes des pouvoirs du Dieu Vivant, Satan ne quitte pas son cœur ; le véritable Tawḥīd ne peut y pénétrer ; et elle ne saurait jamais parvenir à une conviction certaine de l’existence de Dieu. Ce Tawḥīd pur et parfait n’est accessible que par l’intermédiaire du Saint Prophète, que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui. »
(La Philosophie de la Révélation Divine, pp. 137–141)
Avez-vous conscience de cet événement extraordinaire qui se produisit dans le désert d’Arabie ? En l’espace de quelques jours, des centaines de milliers de morts spirituels furent ranimés ; ceux qui s’étaient égarés depuis des générations revêtirent une lumière divine ; les aveugles recouvrèrent la vue et les muets se mirent à prononcer des paroles empreintes de sagesse céleste. Le monde fut alors témoin d’une révolution telle qu’aucun œil ne l’avait vue auparavant et qu’aucune oreille n’en avait entendu le récit.
Savez-vous comment tout cela advint ? Ce furent les supplications prononcées dans les nuits obscures par Celui qui s’était totalement anéanti en Dieu qui provoquèrent une révolution mondiale et manifestèrent des merveilles que nul n’aurait osé attendre d’un homme qualifié d’illettré et d’impuissant — le Saint Prophète (s.a.w.).
Ô Allah ! Fais descendre Tes bénédictions et Ta paix sur lui et sur sa communauté, à la mesure des peines et des angoisses qu’il a endurées pour son Umma, et répands sur lui la lumière de Ta miséricorde pour l’éternité.
J’ai également constaté, par expérience personnelle, que l’effet de la prière surpasse de loin celui de l’eau et du feu. En vérité, rien, dans l’ordre des lois naturelles, n’est aussi glorieusement puissant que la prière.
(Barakāt-ud-Du‘ā’, pp. 17–18)
Sa Sainteté (a.b.a.) a prié qu’Allah nous permette d’accomplir la prière dans son sens le plus authentique, afin qu’elle soit agréée. Qu’Allah fasse de nous de véritables croyants, capables de rendre pleinement justice à l’adoration et s’efforçant de suivre, en toute circonstance, l’exemple parfait du Saint Prophète (s.a.w.). Āmīn.
Résumé préparé par La Revue des Religions










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