Après avoir récité le Tashahhud, le Ta’awwuz et la sourate al-Fatihah, Sa Sainteté Hazrat Mirza Masroor Ahmad (aba) a rappelé que les ahmadis considèrent le Saint Prophète Mohammad (sa) comme l’unique modèle de perfection humaine dans l’histoire du monde. Nul, avant ou après lui, n’a atteint un tel degré de perfection. Il a incarné les plus hauts standards dans l’accomplissement des droits de Dieu comme dans ceux de l’humanité, et possédait une moralité parfaite.
Sa Sainteté (aba) a souligné que toute vertu morale trouve son expression la plus parfaite en la personne du Saint Prophète (sa). Parmi ces vertus figure l’humilité, que le Saint Prophète (sa) a possédée au plus haut degré et qu’il a enseignée à ses disciples. Bien que Dieu lui ait accordé le rang de dernier prophète porteur d’une Loi et de Sceau des Prophètes, Il lui a ordonné de proclamer ainsi sa propre humilité : « Dis : “Je ne suis qu’un être humain comme vous.” » (Le Saint Coran, 18:111)
Sa Sainteté (aba) a annoncé qu’il consacrerait son sermon à mettre en lumière cette humilité du Saint Prophète (sa). Il a cité le Messie Promis (as) selon lequel il n’existe aucun exemple d’humilité comparable à celui du Saint Prophète (sa) : malgré les rangs élevés qui lui furent conférés, il n’a cessé de proclamer qu’il était un homme comme les autres. Il a manifesté cette humilité à un tel degré que nul ne peut se prétendre véritable musulman ni véritable disciple du Saint Prophète (sa) sans en faire à son tour sa propre qualité.
Sa conduite envers un homme aveugle
Sa Sainteté (aba) a cité le Messie Promis (as) qui, dépeignant l’humilité du Saint Prophète (sa), a relaté un épisode de sa vie. Un homme aveugle avait pour habitude de se rendre auprès du Saint Prophète (sa) pour y réciter le Saint Coran. Un jour qu’il se présenta, le Saint Prophète (sa) était engagé dans une conversation avec d’autres personnes. Après avoir patienté un moment, l’homme se retira et s’en alla. Dieu informa alors le Saint Prophète (sa) de ce départ. Le Saint Prophète (sa) se rendit aussitôt chez cet homme, le ramena et le fit asseoir sur son propre tapis. Ce récit témoigne du fait que quiconque porte l’amour de Dieu en son cœur doit nécessairement faire preuve d’humilité et de douceur. Il ne s’agit pas d’un simple récit, mais d’une leçon à mettre en pratique.
L’humilité : un moyen d’accéder au Paradis
Sa Sainteté (aba) a rapporté une parole du Saint Prophète (sa) selon laquelle chaque individu est lié par deux chaînes : l’une dirigée vers les cieux, l’autre vers la terre. Lorsqu’une personne fait preuve d’humilité, l’ange tourné vers les cieux soulève la chaîne et l’élève. À l’inverse, si elle manifeste arrogance et orgueil, la chaîne tournée vers la terre l’entraîne vers le bas.
Sa Sainteté (aba) a poursuivi en rappelant cette autre parole du Saint Prophète (sa) : celui qui adopte l’humilité est élevé jusqu’au septième ciel. De même, quiconque se montre humble pour l’amour de Dieu se voit élevé par Lui. Le Saint Prophète (sa) a en outre expliqué que l’aumône ne diminue en rien la richesse, et que le pardon ne diminue en rien l’honneur. Sa Sainteté (aba) a souligné que de tels enseignements pourraient apporter un changement profondément positif dans la société d’aujourd’hui.
Sa Sainteté (aba) a rapporté qu’un jour, une personne s’adressa au Saint Prophète (sa) en le qualifiant de seigneur et de meilleur d’entre eux. À cela, le Saint Prophète (sa) exhorta chacun à se garder d’être trompé par Satan. Il déclara qu’il était un serviteur de Dieu nommé Mohammad bin Abdillah et un Messager de Dieu, et qu’il ne devait pas être désigné par des titres excédant les rangs que Dieu lui avait accordés. À une autre occasion, le Saint Prophète (sa) déclara qu’aucun homme n’entrerait au Paradis par ses propres actions. Les compagnons lui demandèrent s’il en allait de même pour lui. Il répondit que oui, car nul n’entre au Paradis par ses propres actions, si ce n’est couvert par la grâce et la miséricorde de Dieu. Chacun doit donc accomplir ses œuvres avec soin, cherchant à se rapprocher de Dieu.
Une prière pour l’humilité
Sa Sainteté (aba) a relaté qu’on entendit un jour le Saint Prophète (sa) prier ainsi : « Ô Allah, fais-moi vivre dans la douceur, fais-moi mourir dans la douceur, et ressuscite-moi parmi les doux. » Il est également rapporté que le Saint Prophète (sa) n’hésitait pas à marcher aux côtés des veuves ou des plus démunis afin d’entendre ce qu’ils avaient à dire. Malgré ses hauts standards spirituels, le Saint Prophète (sa) prenait soin d’écouter même les plus démunis de la société, avec patience et bienveillance.
La douceur du Saint Prophète (sa) envers autrui
Sa Sainteté (aba) a relaté qu’un jour, alors que le Saint Prophète (sa) marchait, une femme âgée l’arrêta en chemin pour lui exposer ses besoins. Le Saint Prophète (sa) s’arrêta patiemment et écouta tout ce qu’elle avait à lui dire. Adi ibn Hatim, qui l’accompagnait alors, observa la scène et se dit qu’un tel homme ne pouvait assurément être un roi, car les rois ne s’arrêtent pas pour écouter les pauvres. Le Saint Prophète (sa) emmena ensuite Adi chez lui, lui apporta un coussin et l’invita à s’y asseoir, tandis que lui-même s’asseyait à même le sol. Adi se dit à nouveau que de telles qualités n’étaient pas celles d’un roi.
Sa Sainteté (aba) a souligné que l’humilité du Saint Prophète (sa) était telle qu’il témoignait aussi de bonté envers les enfants et les saluait. Il est rapporté que chaque fois qu’il rencontrait les Ansar, il saluait leurs enfants, posait sa main sur leurs têtes et priait pour eux.
Sa Sainteté (aba) a rapporté qu’un jour, un homme vint s’entretenir avec le Saint Prophète (sa) ; saisi de respect mêlé de crainte en sa présence, il se mit à trembler. Le Saint Prophète (sa) lui dit de se calmer, car il n’était que le fils d’une femme qui mangeait de la viande séchée. En commentant cet épisode, le Messie Promis (as) a expliqué qu’à mesure que les succès du Saint Prophète (sa) s’accroissaient, son humilité s’élevait d’autant.
Sa Sainteté (aba) a relaté qu’à l’époque de l’Hégire, lorsque le Saint Prophète (sa) arriva à Médine, il fut accueilli par des Ansar qui ne l’avaient pas encore vu. Abou Bakr (ra) se trouvait à ses côtés et se leva pour aller à leur rencontre ; les Ansar vinrent eux aussi le saluer. Pendant ce temps, le Saint Prophète (sa) demeura silencieux. Les rayons du soleil finirent par atteindre le Saint Prophète (sa) et Abou Bakr (ra), pour lui faire de l’ombre, le couvrit de son manteau. C’est seulement à cet instant que les Ansar comprirent que la personne assise était bien le Saint Prophète (sa) lui-même.
Sa Sainteté (aba) a expliqué que le Saint Prophète (sa) recommandait à ses disciples de ne pas exagérer en parlant de lui, à l’image des chrétiens qui avaient exagéré dans leur manière de parler de Jésus (as) et de le louer. Un jour, alors qu’un homme énumérait les grandes qualités du Saint Prophète (sa) avant d’en venir à son propos, le Saint Prophète (sa) l’interrompit, lui dit de ne pas se laisser influencer par Satan, et l’invita à exprimer directement ce qu’il était venu dire. À une autre occasion, un homme l’aborda en le qualifiant de « meilleur de la création ». Le Saint Prophète (sa) l’arrêta et lui répondit que ce titre revenait au Prophète Abraham (as). Telle était l’humilité du Saint Prophète (sa) qui, bien qu’il fût en vérité le meilleur de toute la création, par humilité, reporta ce titre sur le Prophète Abraham (as).
La signification des noms « Mohammad » et « Ahmad »
Sa Sainteté (aba) a cité ces écrits du Messie Promis (as) : « Le nom Ahmad est la manifestation du jamal, tandis que — par contraste — le nom Mohammad est la manifestation du jalal. La raison en est que la qualité d’être l’aimé est inhérente au nom Mohammad, car posséder toutes les excellences dignes de louange, ainsi qu’une beauté suprême et toutes les perfections louables, exige splendeur, grandeur, crainte révérencielle et gloire. Mais inhérente au nom Ahmad se trouve la qualité d’éprouver l’amour, car louer quelqu’un demande humilité, soumission de l’amant et douceur. C’est précisément ce que l’on appelle l’état jamali, et cette condition requiert humilité et douceur.
Notre Saint Prophète (sa) était éminemment digne d’être aimé, comme l’exige le nom Mohammad ; car être “Mohammad” — c’est-à-dire englober toutes les excellences dignes de louange — est ce qui fait naître l’état d’être éminemment digne d’amour. Et le Saint Prophète (sa) possédait également les meilleures qualités d’un amant [de Dieu et de l’humanité], qu’exige le nom Ahmad ; car il est essentiel que le hamid [celui qui loue] soit aussi muhibb [celui qui aime]. Une personne ne peut louer autrui véritablement et parfaitement que lorsqu’elle est éprise — bien plus, passionnément éprise — et pour être un amant, un muhibb, il faut être soumis et humble.
C’est précisément cet état jamali qui est requis pour réaliser l’essence même de l’Ahmadiyya. La qualité d’être aimé, inhérente au nom Mohammad, s’est manifestée à travers les compagnons. Quant à ceux qui se montraient insultants et rebelles, le jalal, propre au statut de bien-aimé de Dieu, les soumit. » (Arba’in, p. 151)
Sa Sainteté (aba) a ensuite cité le Messie Promis (as) qui écrit : « Un secret réside dans les noms bénis du Saint Prophète (sa). Ses deux noms — Mohammad, signifiant “le plus digne de louange”, et Ahmad, signifiant “celui qui est le plus grand dans la louange” — font tous deux allusion à deux formes distinctes d’excellence que possédait le Saint Prophète (sa). Le nom Mohammad appelle des caractéristiques de gloire et de grandeur majestueuse, car sa signification même est “celui qui est immensément loué”, et il s’ensuit naturellement que le porteur de ce nom soit aimé — les caractéristiques de gloire et de grandeur majestueuse étant les marques de celui qui est aimé. De la même manière, le nom Ahmad porte intrinsèquement les qualités d’humilité et de douceur, qui sont les marques distinctives de celui qui aime.
Le secret de ces noms réside dans le fait que la vie du Saint Prophète (sa) s’est essentiellement divisée en deux parties. La première fut sa vie à La Mecque, qui s’étendit sur treize années ; la seconde se déroula à Médine, et dura dix ans. Durant sa vie à la Mecque, nous voyons une manifestation de son nom Ahmad. À cette époque, le Saint Prophète (sa) se consacrait jour et nuit à pleurer et à crier devant Dieu Tout-Puissant, et passait son temps à implorer l’aide divine et à prier. Quiconque connaît pleinement la manière dont le Saint Prophète (sa) a vécu cette période sait qu’aucun amant n’a jamais pleuré et sangloté avec autant de ferveur à la recherche de son bien-aimé que le Saint Prophète (sa) ne l’a fait durant sa vie à la Mecque, et que nul ne pourra jamais l’égaler sur ce point. »
Ces pleurs et ces cris du Saint Prophète (sa) n’étaient pas pour sa propre âme, mais résultaient de sa claire connaissance de l’état du monde. L’adoration de Dieu avait complètement disparu. L’âme et la nature profonde du Saint Prophète (sa) étaient pétries d’une foi en Allah l’Exalté qui faisait naître en lui plaisir et délice. Le Saint Prophète (sa) désirait naturellement remplir le monde de ce plaisir et de cette joie. Mais lorsqu’il porta son regard sur le monde, il constata que les natures et les capacités humaines avaient été étrangement déformées, et que de nombreuses difficultés et épreuves se présentaient. En somme, le Saint Prophète (sa) pleurait et criait sur cet état du monde, à un tel point qu’il faillit en perdre la vie. C’est à cela que font allusion ces paroles d’Allah l’Exalté : « Il se peut que tu te désoles à en mourir, parce qu’ils ne croient pas. » (Le Saint Coran, 26:4)
Telle fut la vie du Saint Prophète (sa) : une vie au cours de laquelle il implora humblement la grâce et la miséricorde divines, une vie qui fut une manifestation de son nom Ahmad. Durant cette période, le Saint Prophète (sa) était plongé dans une contemplation profonde. Les effets de cette contemplation et de cette prière devinrent manifestes lors de sa vie à Médine, lorsque le nom Mohammad se manifesta, comme en témoigne le verset suivant : « Et ils prièrent pour la victoire, et il en résulta que tout ennemi orgueilleux de la vérité fut réduit à néant. » (Le Saint Coran, 14:16) » (Malfuzat, traduction anglaise, vol. 3, pp. 70-72)
Autres exemples de l’humilité du Saint Prophète (sa)
Sa Sainteté (aba) a cité le Messie Promis (as) qui écrit : « Ainsi, en diverses occasions, partout où l’humilité et l’humble disposition du Saint Prophète (sa) atteignent les sommets de la perfection, il apparaît qu’il était soutenu et illuminé par le secours et la lumière du Saint-Esprit à mesure égale. L’état des actes et des actions de notre Noble Prophète (sa) le démontre clairement. De fait, la sphère de sa lumière et de ses bénédictions est si vaste que sa manifestation et son reflet peuvent être observés s’étendre jusque dans toute l’éternité.
Ainsi, toutes les largesses et la grâce de Dieu Tout-Puissant qui descendent à notre époque sont reçues par l’obéissance et la soumission à nul autre que le Saint Prophète (sa).
Je dis en vérité, et je proclame sur la base de ma propre expérience, que nul ne peut accomplir la vertu véritable, atteindre le plaisir de Dieu Tout-Puissant, ni avoir la chance de recevoir les faveurs divines, les bénédictions, les connaissances spirituelles, les vérités et les visions qui sont accordées à celui qui purifie son âme au plus haut degré, tant qu’il ne s’est pas perdu dans la soumission au Messager d’Allah (sa). La preuve en est trouvée dans la parole même de Dieu Tout-Puissant : “Dis : ‘Si vous aimez Allah, suivez-moi : alors Allah vous aimera.’” (Le Saint Coran, 3:32)
Je suis une preuve concrète et vivante de cette affirmation de Dieu Tout-Puissant. Reconnaissez-moi à la lumière des marques qui caractérisent les saints et les bien-aimés de Dieu Tout-Puissant, telles qu’elles sont établies par le Saint Coran. Ainsi, le Noble Prophète (sa) possédait une morale si parfaite que même si une vieille femme le prenait par la main, le Saint Prophète (sa) demeurait à l’écouter avec attention ; et il ne la quittait pas tant qu’elle ne le quittait pas elle-même. » (Malfuzat, traduction anglaise, vol. 1, p. 211)
Sa Sainteté (aba) a rapporté que, selon Hazrat Uthman (ra), le Saint Prophète (sa) visitait toujours les malades, se joignait aux cortèges funèbres et demeurait parmi les gens en toutes occasions. Le Saint Prophète (sa) disait que s’il était invité quelque part, il acceptait l’invitation, et que s’il recevait ne serait-ce qu’un petit présent, il l’acceptait. Un jour, on lui présenta un plat contenant de la courge et de la viande. Le Saint Prophète (sa) choisissait et mangeait les morceaux de courge qui se trouvaient sur les bords du plat. Sa Sainteté (aba) a souligné qu’il y a là une leçon pour nous aujourd’hui également. Lors de la Jalsa Salana (Congrès annuel), quand on prépare de la viande et des pommes de terre, certaines personnes exigent qu’on ne leur serve que de la viande. Or, le Saint Prophète (sa) a donné l’exemple que l’on doit manger ce qui est préparé et présenté.
Sa Sainteté (aba) a rapporté que, sur le chemin de la bataille de Badr, trois personnes étaient assignées à un même chameau. Lorsque vint le tour du Saint Prophète (sa) de marcher, ses deux compagnons lui demandèrent de continuer à monter le chameau pendant qu’eux marcheraient. Le Saint Prophète (sa) répondit qu’ils n’avaient pas plus d’endurance que lui pour la marche, qu’il n’était en rien différent d’eux, et il insista pour qu’ils montent le chameau pendant que lui-même marcherait.
Sa Sainteté (aba) a rapporté que Hazrat A’ishah (ra) racontait que le Saint Prophète (sa) aidait aux tâches ménagères, puis se rendait à la mosquée quand venait l’heure de la prière. Sa Sainteté (aba) a souligné qu’il y a là une leçon pour les hommes qui refusent de faire les tâches ménagères, ce qui suscite ensuite les plaintes de leurs épouses. Les Compagnons aussi ont suivi cet exemple et ont aidé aux tâches ménagères. Bien que les tâches ménagères relèvent en premier lieu de la responsabilité des femmes, les hommes n’ont aucune excuse pour ne pas aider leurs épouses.
Sa Sainteté (aba) a ajouté que le Saint Prophète (sa) aidait également ses compagnons dans les travaux pénibles, tels que la construction et la réparation des mosquées. En d’autres termes, il n’y avait aucune tâche que le Saint Prophète (sa) estimait être au-dessous de lui.
Sa Sainteté (aba) a dit que ce sont là les exemples du Saint Prophète (sa) que nous devons nous efforcer d’adopter dans notre propre vie.










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