Après la récitation du Tashahhoud, du Ta‘awwouz et de la sourate al-Fatihah, Sa Sainteté Mirza Masroor Ahmad (a.b.a.) a déclaré qu’à notre époque, c’est en la personne de Hazrat Mirza Ghulam Ahmad, le Messie Promis (a.s.), que se manifeste, par excellence, l’exemple le plus accompli de conformité au modèle béni du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.).
Sa Sainteté (a.b.a.) a rappelé que, dans ses sermons précédents, il avait mis en lumière divers aspects de la profonde dévotion du Saint Prophète (s.a.w.) et de son adoration sincère envers Dieu. Il a ajouté que le sermon du jour serait consacré à des récits illustrant la manière dont le Messie Promis (a.s.) adorait Dieu, suivant avec une fidélité absolue l’exemple de son maître bien-aimé, le Saint Prophète (s.a.w.).
Une adoration en parfaite conformité avec la pratique du Saint Prophète (s.a.w.)
Sa Sainteté (a.b.a.) a expliqué que le Messie Promis (a.s.) considérait sa manière d’adorer comme une grâce divine, soulignant qu’il n’est pas donné à tous d’atteindre un tel degré de dévotion. Il affirmait que sa prière et son attachement à Dieu étaient entièrement conformes à la Sunna — la pratique consacrée — du Saint Prophète (s.a.w.).
Il n’introduisit aucune innovation religieuse et n’inaugura aucune voie nouvelle de dévotion, contrairement à certains ascètes. Il ne s’adonna pas davantage au monachisme. Bien au contraire, il veillait scrupuleusement à adorer Dieu selon le modèle transmis par le Saint Prophète (s.a.w.), faisant de son obéissance à la Sunna le fondement même de sa vie spirituelle.
Des jeûnes inspirés et leurs bénédictions
Sa Sainteté (a.b.a.) a cité le Messie Promis (a.s.), qui écrit :
« Je ne me suis jamais adonné à des disciplines ascétiques rigoureuses, ni astreint aux pratiques exténuantes de certains soufis contemporains ; je n’ai pas davantage entrepris de retraite dans une solitude mystique absolue. En vérité, aucune de mes pratiques ne fut contraire à la Sunna du Saint Prophète (s.a.w.), ni répréhensible au regard de la Parole de Dieu Tout-Puissant. J’ai toujours ressenti une profonde aversion pour les fakirs et pour ceux qui introduisent des innovations (bid‘ah) dans la foi.
Cependant, du vivant de mon père, alors que sa fin approchait, il m’arriva de voir en rêve un homme saint, âgé et au visage lumineux. Il me fit comprendre qu’il est de la tradition de la famille du Saint Prophète (s.a.w.) d’observer quelques jours de jeûne afin d’attirer les lumières célestes. Il m’indiquait ainsi que je devais, moi aussi, suivre cette voie.
J’estimai donc qu’il convenait d’observer le jeûne pendant un certain temps. Toutefois, je résolus de n’en rien révéler à quiconque. Ainsi, je faisais apporter mes repas dans les quartiers réservés aux hommes de la maison et je les remettais à quelques orphelins avec lesquels j’avais convenu qu’ils viendraient à des heures précises. De cette manière, je passais la journée entière à jeûner. Nul, hormis Dieu, n’avait connaissance de ces jeûnes.
Après quelques semaines, je constatai qu’il ne m’était guère difficile de jeûner tout en prenant encore un repas complet chaque jour. Je décidai alors de réduire progressivement ma nourriture. Peu à peu, je diminuai mes portions jusqu’à ne subsister qu’avec un seul chapati pour l’ensemble du jour et de la nuit. Je poursuivis cette réduction graduelle jusqu’à ne consommer que quelques onces en vingt-quatre heures.
Je maintins cette discipline durant environ huit ou neuf mois. Bien que la quantité de nourriture absorbée fût si infime qu’elle n’aurait pas suffi même à un nourrisson de deux ou trois mois, Dieu Tout-Puissant me préserva de tout effet néfaste et de toute maladie.
Parmi les merveilles associées à ce type de jeûne figurent les visions sublimes qui me furent accordées durant cette période. Il me fut donné de rencontrer certains prophètes du passé (paix soient sur eux) ainsi que plusieurs Auliya’ musulmans éminents.
Une fois — alors que j’étais en plein état de veille — je rencontrai le Saint Prophète (s.a.w.) en compagnie de Hazrat Hassan (r.a.), Hazrat Hussain (r.a.), Hazrat ‘Ali (r.a.) et Hazrat Fatimah (r.a.). Il ne s’agissait pas d’un rêve, mais d’une expérience vécue en pleine conscience. Je rencontrai de nombreuses figures saintes de la sorte, mais il serait trop long d’en relater tous les détails.
En outre, il me fut accordé de contempler des lumières spirituelles se présentant sous la forme de colonnes rouges et vertes, dont la beauté dépasse toute description. Certaines étaient d’un blanc éclatant, d’autres vertes ou rouges. Elles s’élevaient droit vers le ciel et leur contemplation emplissait mon cœur d’un délice ineffable. Rien ne saurait être comparé à la joie que mon cœur et mon âme éprouvèrent à la vue de ces colonnes lumineuses.
Je suis porté à croire que ces colonnes symbolisaient l’amour entre Dieu et l’homme : une lumière s’élevant du cœur vers les hauteurs et une autre descendant d’en haut, les deux se rejoignant pour former une colonne unique. Il s’agit là de réalités spirituelles qui échappent à la perception du monde matériel. Le monde ne peut les reconnaître, car elles demeurent hors de sa vue ; toutefois, il est des êtres à qui elles sont révélées.
En somme, en raison de ce jeûne prolongé, des merveilles me furent manifestées sous la forme de visions multiples et variées. »
Un bénéfice de ce jeûne prolongé
Le Messie Promis (a.s.) continue : « Un autre bienfait que je retirai de cette pratique prolongée du jeûne fut qu’après m’être astreint à cette discipline, je me découvris capable d’endurer la faim et la soif durant de longues périodes, si jamais la nécessité s’en faisait sentir. J’ai souvent pensé que si une personne corpulente, fût-elle un lutteur, avait jeûné à mes côtés, elle aurait succombé bien avant que je n’éprouve un besoin pressant de nourriture. Cette expérience m’enseigna que l’on peut progresser graduellement dans la privation alimentaire et que, tant que le corps ne s’est pas accoutumé à de telles abstinences, une personne attachée au confort n’est guère en mesure de franchir les étapes de l’élévation spirituelle.
Cependant, je ne conseillerais à quiconque de s’engager dans une telle discipline de son propre chef ; pour ma part, je ne l’ai pas entreprise de ma propre initiative. J’ai connu de nombreux derviches ignorants qui, s’étant engagés dans une ascèse physique excessive, finirent par perdre la raison et passèrent le reste de leur existence dans la démence, ou furent frappés de diverses maladies, telles que la tuberculose, entre autres. »
Une mise en garde contre les excès
Les facultés mentales ne sont pas identiques chez tous les êtres humains. Ceux dont les capacités sont naturellement limitées ne peuvent supporter une discipline corporelle rigoureuse. Très rapidement, ils risquent d’être atteints de quelque affection grave. Il convient donc de ne pas s’imposer soi-même une austérité excessive. Il est préférable d’adopter la foi simple et sincère des gens humbles. Bien entendu, si l’on reçoit une révélation de Dieu qui ne s’oppose en rien à la noble charia de l’Islam, il convient de s’y conformer. En revanche, les fakirs égarés de notre époque préconisent des pratiques qui n’apportent aucun bien : il faut résolument s’en tenir éloigné.
La voie médiane dans l’adoration
Sa Sainteté (a.b.a.) a observé qu’à notre époque, certains prônent toutes sortes d’efforts physiques et d’ascèses sévères comme moyen de se rapprocher de Dieu. Or, la voie authentique est celle du juste milieu : s’efforcer de remplir les droits de Dieu et ceux de Ses créatures, chacun selon ses capacités.
Le fondement de l’adoration doit reposer sur ce qui a été établi par le Saint Prophète (s.a.w.). C’est à partir de cette base solide que l’on peut progresser graduellement ; car l’Islam, comme l’a également souligné le Messie Promis (a.s.), proscrit toute forme de difficulté ou de souffrance inutiles.
La dévotion du Messie Promis (a.s.) dès l’enfance
Sa Sainteté (a.b.a.) a indiqué que, dès son plus jeune âge, le Messie Promis (a.s.) se distinguait par une dévotion profonde et constante dans l’adoration de Dieu. Un épisode survenu durant son enfance illustre admirablement cette ferveur précoce : ayant fait une chute qui le plongea dans l’inconscience, la première parole qui franchit ses lèvres à son réveil fut de demander si l’heure de la prière était arrivée.
Le jeûne conforme aux véritables enseignements de l’Islam
Sa Sainteté (a.b.a.) a souligné que la pratique du jeûne chez le Messie Promis (a.s.) était en tout point conforme aux enseignements de l’Islam transmis par le Saint Prophète (s.a.w.). Concernant le repas pris avant l’aube, il est rapporté qu’il lui arrivait parfois de continuer à manger jusqu’à la fin de l’appel à la prière. Toutefois, il ne faisait pas dépendre la limite de ce repas de cet appel, car le moment précis où il convient de cesser de manger est déterminé par l’apparition de l’aube véritable, et non par l’annonce de la prière. En effet, il peut arriver que l’appel soit lancé avant que l’aube ne se soit réellement manifestée.
C’est précisément pour cette raison que le Saint Prophète (s.a.w.) avait un jour précisé que le repas de l’aube ne devait pas être lié à l’appel lancé par Bilal (r.a.). Le Messie Promis (a.s.) respectait ainsi scrupuleusement la pratique authentique enseignée par l’Islam et incarnée par le Saint Prophète (s.a.w.).
Sa Sainteté (a.b.a.) a également indiqué qu’à l’approche du Ramadan, c’est cette même pratique que nous devrions adopter. De nos jours, nous disposons de moyens modernes et précis pour déterminer l’heure exacte de l’aube, ce qui nous permet d’agir avec rigueur en la matière. Toutefois, il ne faudrait pas verser dans la négligence, ni tomber dans un excès inverse consistant à guetter avec anxiété les premières lueurs du jour. Au sein de la Communauté, les horaires de l’appel à la prière sont établis avec une grande précision et, grâce aux avancées contemporaines, les risques d’erreur sont minimes. Il convient donc de se conformer scrupuleusement au tableau des horaires établi par la Communauté, lequel indique tant le moment de commencer le jeûne que celui de le rompre.
La régularité dans l’accomplissement des prières
Sa Sainteté (a.b.a.) a évoqué la constance du Messie Promis (a.s.) dans l’accomplissement de la prière surérogatoire de l’aube (tahajjud). Il avait pour habitude d’en accomplir huit unités, réparties en séries de deux, et s’y adonnait avec une régularité exemplaire, ne s’en dispensant qu’en cas de maladie grave. Cependant, même durant ces périodes d’intense souffrance où il ne pouvait en observer formellement l’exécution, il demeurait éveillé sur sa couche, le cœur entièrement tourné vers l’invocation et le souvenir de Dieu.
Sa Sainteté (a.b.a.) a également mentionné que, même au milieu des nombreuses affaires judiciaires qu’il devait suivre à la demande de son père, le Messie Promis (a.s.) veillait scrupuleusement à ne retarder aucune de ses cinq prières quotidiennes. Il arrivait même qu’au palais de justice, au moment où son affaire était appelée, il fût absorbé dans sa prière. Il ne s’interrompait pas pour autant et ne se hâtait nullement d’en abréger l’accomplissement. Un jour, alors que le greffier venait d’appeler son numéro de dossier, l’avocat adverse tenta de tirer avantage de la situation : en l’absence d’une partie, l’affaire aurait normalement dû être jugée en faveur de l’autre. Pourtant, contre toute attente et à rebours de l’usage courant, le juge rendit sa décision en faveur du Messie Promis (a.s.). Ce fut là une bénédiction supplémentaire accordée à sa dévotion sincère.
Sa Sainteté (a.b.a.) a expliqué que le Messie Promis (a.s.) accomplissait ses prières surérogatoires (sunna) à domicile, puis se rendait à la mosquée pour les prières obligatoires. Après la prière de la nuit (‘isha), il se reposait quelque temps, puis se levait pour offrir la prière surérogatoire de l’aube (tahajjud). Durant l’intervalle séparant cette prière de celle du matin (fajr), il consacrait son temps à la récitation du Saint Coran.
Cultiver la concentration dans la prière
Sa Sainteté (a.b.a.) a rapporté une anecdote instructive du Messie Promis (a.s.) concernant la manière dont il apprit à approfondir sa concentration dans la prière, et cela à travers l’exemple inattendu d’un homme ivre. Une nuit, alors qu’il peinait à atteindre une pleine présence du cœur dans sa dévotion, il sortit à la recherche d’un lieu retiré pour prier. Sur son chemin, il croisa un homme en état d’ivresse qui racontait avoir commencé à boire sans ressentir immédiatement les effets recherchés, mais avoir persévéré jusqu’à les éprouver pleinement.
Cette rencontre suscita une profonde réflexion dans l’esprit du Messie Promis (a.s.) : de la même manière, il résolut de persévérer dans ses prières surérogatoires, sans céder au découragement, jusqu’à ce que s’installent en lui l’attention soutenue et la ferveur spirituelle auxquelles il aspirait.
Prier en congrégation
Sa Sainteté (a.b.a.) a mentionné que le Messie Promis (a.s.) conseillait à ceux qui, résidant loin de la mosquée, accomplissaient leurs prières à domicile, de ne pas prier isolément, mais de les accomplir en congrégation. Cela peut aisément se réaliser en priant avec son épouse et ses enfants. Le Messie Promis (a.s.) mettait lui-même ce principe en pratique : lorsqu’il lui arrivait de prier chez lui, il le faisait toujours en compagnie des membres de sa famille.
La manière du mendiant
Sa Sainteté (a.b.a.) a rapporté un épisode empreint d’enseignements : alors que le Messie Promis (a.s.) venait de diriger une prière funéraire d’une durée exceptionnelle, quelqu’un lui demanda s’il n’en avait éprouvé ni fatigue ni lassitude. Sa réponse fut d’une profonde sagesse : comment aurait-il pu se lasser ? Un mendiant se lasse-t-il jamais ? Nous sommes tous des mendiants à la porte de Dieu, et Lui seul est le Donateur. Comment la lassitude pourrait-elle nous atteindre ? Lorsqu’un mendiant conserve ne serait-ce qu’une infime espérance de recevoir quelque chose en un lieu donné, il y demeure avec persévérance. Notre Seigneur est le Plus Aimant, le Très Gracieux, le Très Miséricordieux, le Maître Souverain, l’Omnipotent. En Lui résident toutes nos espérances. Comment, dès lors, pourrions-nous céder à la fatigue ou au découragement ?
Sa Sainteté (a.b.a.) a conclu par une prière : qu’Allah nous accorde la capacité de cultiver en nous ce même état d’esprit et d’accomplir nos prières avec une semblable ferveur. Nous avons en effet prêté allégeance au Messie Promis (a.s.), nous engageant à prier selon la voie enseignée par Dieu et incarnée par Son humble serviteur.
Prières funéraires
Sa Sainteté (a.b.a.) a annoncé qu’il dirigerait les prières funéraires en absentia pour les défunts suivants :
Amatul Sharif
Amatul Sharif, épouse de Mahmud Ahmad Butt, de Narowal, laisse dans le deuil son époux, six fils et quatre filles. L’un de ses fils, Asim Mahmud Butt, est missionnaire et sert en Tanzanie ; en raison de ses responsabilités, il n’a pu assister aux funérailles de sa mère. Il écrit que celle-ci était dotée de nombreuses qualités éminentes, au premier rang desquelles figurait sa profonde relation avec Dieu, grâce à laquelle elle recevait des rêves véridiques. Elle était également profondément attachée au Saint Coran, qu’elle enseignait à de nombreux enfants, et en avait mémorisé une grande partie. Elle consacrait aussi beaucoup de temps à l’étude des ouvrages du Messie Promis (a.s.) et nourrissait un vif intérêt pour sa poésie.
Sa Sainteté (a.b.a.) a prié qu’Allah lui accorde Son pardon et Sa miséricorde, et qu’Il accepte ses supplications en faveur de sa descendance.
Sheikh Bashir Ahmad
Sheikh Bashir Ahmad, de Lahore, laisse trois fils et cinq filles. Il était assidu dans l’accomplissement des prières, doté d’un caractère noble et pourvu de nombreuses qualités remarquables. Il a servi la Communauté à divers titres, notamment en qualité de président local. Il a également contribué à la construction de mosquées et à l’acquisition de biens au profit de la Communauté. Il entretenait un lien profond de dévotion avec le Khilafat et s’efforçait d’enraciner cet attachement au sein de sa famille.
Sa Sainteté (a.b.a.) a attesté de cette qualité, soulignant qu’il rencontrait chacun avec une grande humilité. Chaque matin, il récitait le Saint Coran à voix haute, offrant ainsi un exemple vivant à ses enfants. Bien qu’homme d’affaires, il ne se laissa jamais absorber par les préoccupations mondaines ; au contraire, il transmit à ses enfants l’amour de la foi.
Sa Sainteté (a.b.a.) a prié qu’Allah lui accorde Son pardon et Sa miséricorde.











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