Après avoir récité le Tashahhud, le Ta’awwuz et la sourate al-Fatihah, Sa Sainteté Hazrat Mirza Masroor Ahmad (aba) a déclaré qu’il continuerait à parler de la vie simple et du mode de vie du Saint Prophète (sa).
Le modèle parfait de simplicité
Sa Sainteté (aba) a cité Hazrat Mirza Bashir-Ud-Din Mahmud Ahmad (ra), le deuxième Calife de la communauté musulmane Ahmadiyya, qui a souligné que certains pourraient penser que le Saint Prophète (sa) mangeait les meilleurs mets et avait des tables royales dressées devant lui, mais qu’ils seraient surpris d’apprendre que la réalité était tout autre. En tant que modèle parfait en toutes choses, le Saint Prophète (sa) a également été le modèle parfait de la simplicité et d’une vie simple. Il est rapporté que deux mois s’écoulaient parfois sans que le fourneau de la maison du Saint Prophète (sa) soit allumé ; il se contentait alors de dattes, d’eau et, tout au plus, de lait envoyé par ses voisins. Telle était la simplicité de sa vie que rien n’était cuisiné dans sa maison pendant deux mois d’affilée. Aujourd’hui, les gens connaissent des difficultés financières, ce qui peut aussi s’expliquer par des désirs croissants liés à la nourriture et par le souhait de manger le plus possible et les mets les plus fins. Cependant, l’exemple du Saint Prophète (sa) était contraire à cela : loin de manger de manière excessive, il ne mangeait que ce qui était nécessaire.
Dans le même temps, le Saint Prophète (sa) maintenait un juste équilibre. Il ne privilégiait pas l’ascétisme ; au contraire, il mangeait ce qu’il y avait de meilleur parmi ce qui était disponible, tout en veillant à la modération. Le but de sa vie n’était donc pas de manger les meilleurs plats ; il mangeait plutôt le meilleur de ce qui était disponible.
Sa Sainteté (aba) a indiqué que le Saint Prophète (sa) mangeait également de bons aliments. Il est rapporté qu’un jour, il mangeait un gigot d’agneau qu’il coupait avec un couteau. Le moment de la prière étant arrivé, il posa immédiatement son couteau et alla accomplir sa prière, car ses ablutions étaient déjà faites.
Sa Sainteté (aba) a cité le Messie Promis (as), qui a déclaré que l’islam n’interdit pas de manger avec des couteaux et des fourchettes, mais qu’il n’apprécie pas l’ostentation que l’on observe chez certaines autres nations. Le Saint Prophète (sa) a montré l’exemple de l’utilisation d’un couteau pour manger afin de se faciliter les choses. Par conséquent, il n’y a aucun mal à agir ainsi, de même qu’il n’y a rien de répréhensible dans d’autres manières de manger, et celles-ci ne doivent pas être dénigrées. Le Messie Promis (as) a donné son propre exemple, rappelant qu’il lui arrivait parfois de s’asseoir sur une natte à même le sol pour prendre ses repas. Ainsi, il ne faut pas chercher à adopter entièrement les manières des autres nations, mais faire de la simplicité la meilleure pratique.
Accepter même le plus petit des cadeaux est une vertu
Sa Sainteté (aba) a affirmé que le Saint Prophète (sa) acceptait jusqu’au plus petit des cadeaux. Il disait que, s’il était invité à manger un simple morceau d’agneau, il accepterait l’invitation, et que si on lui envoyait un petit morceau d’agneau en cadeau, il l’accepterait également. En d’autres termes, il ne rejetait jamais l’invitation ou le cadeau le plus simple qui soit. En fait, il enseignait qu’il est très désagréable de rejeter un cadeau. À l’inverse, c’est le reflet de belles mœurs que d’accepter un présent, peu importe sa petitesse ou sa simplicité. Le Saint Prophète (sa) encourageait à s’offrir des cadeaux les uns aux autres, car cela accroît l’amour mutuel.
Sa Sainteté (aba) a relaté qu’un jour, on présenta au Saint Prophète (sa) un plat contenant de la viande et de la courge, un légume qu’il affectionnait. Il est rapporté qu’il prenait les morceaux de courge avec ses doigts pour les manger. Pourtant, il y avait aussi des moments où il n’avait rien à manger. Insensé est celui qui s’étonne que le Saint Prophète (sa) ait eu un mets aussi délicieux à manger, car il y avait des moments où il restait affamé des jours durant, et des moments où il s’attachait des pierres sur le ventre à cause de la faim.
Rester attentif aux moins fortunés
Sa Sainteté (aba) a raconté qu’un jour, une femme accompagnée de ses deux jeunes filles se rendit auprès de Hazrat A’ishah (ra) pour demander de l’aide, car elles n’avaient rien à manger. Il n’y avait qu’une seule datte dans la maison du Saint Prophète (sa), que Hazrat A’ishah (ra) donna à la femme. Celle-ci la partagea en deux morceaux pour ses filles. Lorsque Hazrat A’ishah (ra) en informa le Saint Prophète (sa), il répondit que Dieu a décrété le Paradis pour une personne qui a deux filles et les élève bien. Ainsi, le Saint Prophète (sa) ne s’est jamais plaint en période de faim. En vérité, celui qui ne se plaint point face à la faim mérite pleinement toutes les bénédictions du monde, car il demeure content de son Seigneur en toutes conditions et circonstances.
Sa Sainteté (aba) a cité Hazrat Mirza Bashir-Ud-Din Mahmud Ahmad (ra), qui écrit :
« Le Prophète était extrêmement simple en matière de nourriture et de boissons. Il n’a jamais exprimé son mécontentement face à une nourriture mal préparée ou mal cuite. S’il pouvait la consommer, il le faisait pour épargner toute déception à la personne qui l’avait préparée. Si, en revanche, un plat était immangeable, il s’abstenait simplement d’y toucher sans jamais formuler de désapprobation. Lorsqu’il s’asseyait pour prendre son repas, il prêtait attention à la nourriture placée devant lui et disait qu’il n’aimait pas l’indifférence envers les aliments, comme si la personne qui mangeait se tenait au-dessus des simples considérations de nourriture et de boisson. Lorsqu’on lui présentait un aliment, il le partageait toujours avec les personnes présentes. En une occasion, quelqu’un lui offrit des dattes. Il jeta un regard autour de lui et, après avoir estimé le nombre de personnes présentes, il partagea les dattes équitablement entre elles, chacune en recevant sept. Abou Hourayrah rapporte que le Saint Prophète ne s’est jamais rassasié, pas même de pain d’orge.
« Un jour, alors qu’il cheminait sur une route, il remarqua des personnes assemblées autour d’un chevreau rôti, prêtes à savourer le festin. En apercevant le Saint Prophète, elles l’invitèrent à se joindre à elles, mais il refusa. Cela ne venait pas d’un manque d’attrait pour la viande rôtie, mais du fait qu’il n’approuvait pas que l’on se livre à des festins en plein air, visibles aux yeux de pauvres gens qui n’avaient eux-mêmes pas assez à manger. Il est rapporté qu’en d’autres occasions, il lui est arrivé de consommer de la viande rôtie. A’ishah a rapporté que jusqu’au jour de sa mort, le Saint Prophète n’a jamais mangé à sa faim pendant trois jours consécutifs. »
— (Introduction to the Study of the Holy Qur’an, p. 226-227)
Sa Sainteté (aba) a ajouté que ceux d’entre nous qui ont la chance de manger de bons aliments doivent également penser aux plus démunis et faire l’aumône en leur faveur afin qu’eux aussi puissent avoir de quoi se nourrir.
Sa Sainteté (aba) a rappelé que le jour de la conquête de La Mecque, le Saint Prophète (sa), se sentant affamé, se rendit chez Oumm Hani et lui demanda s’il y avait à manger. Elle répondit qu’elle n’avait que du pain sec et qu’elle était gênée de le présenter au Saint Prophète (sa). Le Saint Prophète (sa) insista pour qu’on l’apporte, puis demanda si elle disposait d’un accompagnement. Elle répondit n’avoir que du vinaigre. Le Saint Prophète (sa) demanda qu’on l’apporte et consomma le pain sec avec le vinaigre. Il déclara alors que le vinaigre était bel et bien le meilleur des accompagnements et que toute maison qui en possédait était bénie, ajoutant qu’il s’agissait là de l’accompagnement des prophètes.
Sa Sainteté (aba) a mentionné qu’une personne demanda un jour qu’on lui prépare le repas que le Saint Prophète (sa) avait coutume de manger. On l’avertit que la nourriture du Saint Prophète (sa) était si simple qu’aujourd’hui, il ne l’apprécierait pas. Devant son insistance, on écrasa de l’orge que l’on mélangea à de l’huile d’olive et à quelques épices : c’était là la nourriture que le Saint Prophète (sa) consommait souvent et qu’il aimait.
La simplicité dans l’habillement
Sa Sainteté (aba) a rapporté qu’il est consigné que le Saint Prophète (sa) n’a jamais maudit personne et qu’il n’avait jamais de vêtements pliés et rangés de côté. En d’autres termes, il ne possédait souvent que les habits qu’il portait sur lui et n’avait pas de vêtements de rechange pliés et rangés. Si ses vêtements devaient être lavés, il les lavait lui-même et les remettait souvent avant qu’ils ne soient entièrement secs, au point que l’on pouvait encore apercevoir des traces d’eau sur ses vêtements lorsqu’il les portait. Une telle simplicité n’a jamais été égalée, et ne saurait l’être.
Sa Sainteté (aba) a souligné que le Saint Prophète (sa) a déclaré que seuls les hommes qui ne se soucient point de leur vie dans l’au-delà portent de la soie. Si le Saint Prophète (sa) offrait parfois de la soie à quelqu’un, ce n’était point pour qu’il la porte lui-même, mais afin qu’il puisse en tirer profit par le commerce ou la donner à porter aux femmes de sa famille. La soie est considérée comme un moyen d’embellissement pour les femmes, non pour les hommes.
Dans le même temps, a noté Sa Sainteté (aba), le Saint Prophète (sa) n’interdisait pas aux hommes de bien s’habiller. Un jour, il affirma que les orgueilleux n’entreraient pas au Paradis. Quelqu’un lui fit remarquer que les hommes aiment porter de beaux vêtements et de belles chaussures. Le Saint Prophète (sa) répondit en ces termes : « Dieu est Beau et Il aime la beauté. » Par conséquent, il n’y a aucun mal à porter de beaux vêtements, pourvu que cela ne conduise point à l’arrogance ni au mépris d’autrui.
Éviter l’arrogance
Sa Sainteté (aba) a rappelé qu’un jour, le Saint Prophète (sa) dit à Hazrat A’ishah (ra) que si elle souhaitait le retrouver dans l’au-delà, elle devait se contenter en ce monde de ce qu’emporte un voyageur. Il lui conseilla de ne point fréquenter les gens fortunés et de ne pas jeter ses vêtements, mais de les raccommoder. Il inculqua aussi cette habitude de simplicité à sa famille. Ainsi, le Saint Prophète (sa) conseillait de porter de bons habits tout en veillant à ce que cela ne mène pas à l’arrogance. Il conseillait aussi aux pauvres de ne concevoir aucun complexe d’infériorité quant à leurs tenues et de les raccommoder lorsque cela s’avérait nécessaire.
Sa Sainteté (aba) a ajouté que le Saint Prophète (sa) a déclaré que celui qui porte des vêtements en ce bas monde par ostentation et pour se faire remarquer par autrui sera couvert d’ignominie dans l’au-delà.
Sa Sainteté (aba) a également rappelé que le Saint Prophète (sa) a enseigné que l’estomac est un récipient qui se détériore s’il est entièrement rempli. La nourriture doit plutôt être consommée par nécessité. Si l’on dispose d’une nourriture abondante, il convient de n’en manger que de quoi remplir un tiers de l’estomac, et de laisser un tiers pour l’eau et un tiers pour l’air. Aujourd’hui, les diététiciens et les experts médicaux formulent des recommandations similaires à celles énoncées par le Saint Prophète (sa) il y a 1 400 ans.
Sa Sainteté (aba) a souligné que bien qu’il ne l’eût point interdit, le Saint Prophète (sa) n’aimait pas que l’on mélange deux boissons dans une même coupe ni qu’une seule assiette contienne deux types de plats différents. Il n’aimait même pas mélanger du miel à son lait. La raison en était, disait-il, qu’il avait adopté la simplicité par amour pour Dieu. Aujourd’hui, les gens s’alarment lorsqu’ils ne peuvent s’offrir ou trouver les aliments auxquels ils sont habitués en raison de la situation mondiale. Sa Sainteté (aba) a mis en garde : de telles conditions ne feraient qu’empirer si une guerre mondiale venait à éclater. C’est pourquoi nous devons adopter la simplicité et le contentement, et ne point devenir totalement dépendants de ces choses matérielles.
Sa Sainteté (aba) a déclaré que nous devrions prier pour qu’Allah le Tout-Puissant préserve le monde de telles calamités et pour que le monde soit sauvé de la destruction qu’il s’attire par sa propre arrogance, car sans cela, cette destruction est certaine. Plutôt que de chercher à usurper les richesses et les terres d’autrui, ces nations devraient veiller à servir leurs propres peuples.
Sa Sainteté (aba) a prié pour qu’Allah nous permette à tous de demeurer établis dans la vertu.









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