Après avoir récité le Tashahhoud, le Ta‘awwouz et la sourate Al-Fatihah, Sa Sainteté Hazrat Mirza Masroor Ahmad (a.b.a.) a souligné que, par la grâce d’Allah, le mois de Ramadan venait de débuter. Ce mois sacré de jeûne constitue une faveur divine accordée aux croyants afin de raffermir leur lien avec le Créateur et de parfaire leur réforme spirituelle.
Sa Sainteté (a.b.a.) a prié afin qu’Allah permette à chaque membre de la communauté de tirer un profit véritable et durable des bénédictions de ce mois béni. Il a toutefois mis en exergue une condition essentielle : ce bénéfice spirituel ne prend tout son sens que si le croyant s’évertue à maintenir, voire à surpasser, ses standards de dévotion et d’amour envers Dieu bien au-delà du Ramadan.
S’inspirer de l’adoration des Prophètes
Un modèle de dévotion : le maître et son serviteur
Sa Sainteté (a.b.a.) a rappelé avoir consacré ses précédents sermons à l’amour sublime que le Saint Prophète Mohammad (s.a.w.) et son serviteur dévoué, le Messie Promis (a.s.), portaient à leur Créateur. Il a annoncé la poursuite de cette série, précisant qu’il partagerait de nouveaux récits illustrant la ferveur spirituelle et le degré exceptionnel d’adoration du Messie Promis (a.s.).
Le Ramadan : un temps pour l’introspection
Sa Sainteté (a.b.a.) a souligné la dimension providentielle de cette thématique à l’aube du mois de Ramadan. Cette heureuse coïncidence offre à chaque croyant une opportunité inestimable :
- de procéder à une introspection à la lumière de ces récits prophétiques ;
- de réformer sa condition spirituelle en puisant dans ces exemples de piété ;
- d’élever ses propres standards d’adoration tout au long de ce mois de bénédictions.
Au-delà de l’admiration : la mise en pratique
Le Calife a insisté sur le fait que ces récits ne sauraient être simplement écoutés ou admirés pour leur dimension historique. Ils doivent, au contraire, s’ériger en principes directeurs au sein de notre vie quotidienne.
Une conscience constante de Dieu et de Ses droits
Sa Sainteté (a.b.a.) a relaté qu’en 1907, Maulvi Muhammad Abdullah reçut un morceau de papier destiné à être jeté. Toutefois, ce feuillet comportait des écrits du Messie Promis (a.s.) et de son épouse bénie. Au lieu de s’en défaire, il choisit de le conserver précieusement.
Plus tard, il mentionna l’avoir égaré. Néanmoins, la personne qui le lui avait remis — Amatul Rahman — lui en avait expliqué le contexte de rédaction, conférant à cet épisode une signification d’autant plus profonde. C’est la raison pour laquelle il choisit d’en faire le récit.
Amatul Rahman raconta qu’un jour, le Messie Promis (a.s.) et son épouse décidèrent de se livrer à une modeste expérience : ils souhaitaient vérifier s’ils étaient capables d’écrire sur un morceau de papier en gardant les yeux fermés.
Le Messie Promis (a.s.) ferma les yeux et inscrivit : « L’homme doit toujours craindre Dieu et prier cinq fois par jour. » Ces paroles illustrent avec acuité l’exigence spirituelle qu’il attendait de ses disciples. Quant à son épouse bénie, elle rédigea : « Mahmud est mon fils bien-aimé, que personne ne lui fasse de mal. » Elle ajouta également : « Mubarak Ahmad demande des biscuits ! »
Sa Sainteté (a.b.a.) a souligné qu’il s’agit là d’une caractéristique distinctive des envoyés de Dieu. Leur cœur demeure constamment préoccupé par l’établissement de l’amour divin et par la réforme spirituelle d’autrui. Ainsi, lorsque le Messie Promis (a.s.) couchait des mots sur le papier, même dans les instants les plus candides de la vie quotidienne, de manière spontanée et sans réflexion préalable, sa conscience demeurait inéluctablement orientée vers Dieu et vers les droits qui Lui sont dus.
La compagnie d’un prophète s’apparente à l’embarquement à bord d’un navire
Sa Sainteté (a.b.a.) a relaté un autre épisode marquant de la vie du Messie Promis (a.s.).
Un jour, le Messie Promis (a.s.) envisagea d’entreprendre une retraite spirituelle hors de Qadian, tout en saisissant l’opportunité de voyager à travers l’Inde. Il résolut initialement de se rendre à Sujanpur, dans le district de Gurdaspur. Cependant, Dieu lui révéla qu’il devait plutôt accomplir cette retraite à Hoshiarpur. Il organisa par conséquent son séjour en ce lieu et s’y rendit à bord d’une modeste charrette. En chemin, il leur fallut franchir une rivière à bord d’une embarcation. Au cours de la traversée, le Messie Promis (a.s.) déclara à l’un de ses compagnons :
« Demeurer en la compagnie d’une personne entièrement dévouée à Dieu s’apparente à l’embarquement sur ce navire ; l’on y nourrit l’espérance d’atteindre l’autre rive, tout en encourant le péril de la noyade. »
Les compagnons écoutèrent ces paroles sans en saisir pleinement la portée. Toutefois, parmi les trois compagnons qui l’escortaient, l’un finit par apostasier. Ce n’est qu’à cet instant que Mian Abdullah Sinauri, destinataire de cette remarque, comprit la profondeur de ces paroles.
Quarante jours de retraite spirituelle à Hoshiarpur
Dès son arrivée à Hoshiarpur, le Messie Promis (a.s.) annonça son dessein d’observer une retraite spirituelle de quarante jours. Il précisa qu’à l’issue de cette période, il prolongerait son séjour de vingt jours supplémentaires afin de recevoir les visiteurs et de répondre à leurs interrogations. Il dispensa des directives rigoureuses aux trois compagnons qui l’accompagnaient, chargés de diverses tâches logistiques : ils ne devaient interagir avec lui que s’il en prenait lui-même l’initiative. Le Messie Promis (a.s.) accomplissait ses prières à l’étage supérieur de la demeure. En vue de la prière du vendredi, il requit que l’on trouvât une mosquée située à la périphérie de la ville, afin de pouvoir s’y recueillir dans la quiétude, à l’abri de toute agitation.
Le 20 février – Un jour béni
Sa Sainteté (a.b.a.) a relaté qu’un jour, alors que Mian Abdullah Sinauri déposait son repas devant la porte du Messie Promis (a.s.), ce dernier engagea lui-même la conversation. Il déclara qu’en ces jours, Dieu l’avait comblé d’immenses grâces et qu’Il s’entretenait parfois avec lui de longs moments durant. Il ajouta que la narration de ces expériences spirituelles noircirait de nombreuses pages. C’est au cours de cette retraite spirituelle que le Messie Promis (a.s.) reçut l’illustre prophétie concernant le Fils Promis. Cette prophétie s’accomplit avec éclat en la personne de Mirza Bashir-ud-Din Mahmud Ahmad (r.a.), qui devint par la suite le deuxième calife de la communauté musulmane Ahmadiyya.
Les proches de Dieu reçoivent des visions
Sa Sainteté (a.b.a.) a poursuivi en relatant un épisode survenu au Messie Promis (a.s.) lors de son voyage de retour d’Hoshiarpur.
En chemin, le Messie Promis (a.s.) s’arrêta pour se reposer un instant. À l’endroit où il fit halte se trouvait la sépulture d’une personne réputée pour être un saint éminent. Le Messie Promis (a.s.) se rendit auprès de la tombe et leva les mains en prière pour le défunt.
Après avoir quitté les lieux, il déclara que, pendant qu’il priait, ce saint lui était apparu en vision, assis devant lui. Il le décrivit comme doté de grands yeux et d’une peau foncée. Souhaitant vérifier cette vision, le Messie Promis (a.s.) interrogea un habitant de la région au sujet de ce saint. Ce dernier répondit qu’il avait vécu environ un siècle auparavant et qu’il était effectivement décrit avec de grands yeux et la peau foncée — correspondant en tout point à l’image perçue lors de la vision.
Sa Sainteté (a.b.a.) a souligné qu’il est rapporté que les êtres jouissant d’une extrême proximité avec Dieu reçoivent de telles visions.
Sa Sainteté (a.b.a.) a mentionné que, pendant ses prières lors de sa retraite spirituelle, le Messie Promis (a.s.) eut une vision au cours de laquelle il lui fut révélé :
« Béni soit celui qui est à l’intérieur, et béni soit celui qui est autour. »
Le Messie Promis (a.s.) expliqua que « celui qui est à l’intérieur » faisait référence à sa propre personne, et que « celui qui est autour » désignait les compagnons présents à ses côtés.
Il réside ici une leçon d’une grande profondeur. Parmi ceux qui accompagnaient le Messie Promis (a.s.) figurait Fateh Khan, lequel, à l’époque, témoignait d’une grande dévotion et d’un profond attachement à son égard. Toutefois, il vacilla par la suite et finit par apostasier.
Ainsi, quelles que soient les circonstances, il convient de toujours prier afin de connaître une fin heureuse et vertueuse.
Des réalités que tous ne sauraient supporter
Sa Sainteté (a.b.a.) ajouta que, durant sa retraite, le Messie Promis (a.s.) déclara que Dieu lui avait adressé des paroles et révélé des vérités que nombre de ceux qui l’entouraient ne sauraient appréhender. Il précisa que, s’il devait les leur divulguer, certains en seraient profondément ébranlés.
À quoi ressemblaient les prières du Messie Promis (a.s.) ?
Sa Sainteté (a.b.a.) a décrit la manière dont le Messie Promis (a.s.) accomplissait ses prières : lorsqu’il se tenait debout, il nouait ses mains au niveau du nombril, et le majeur de sa main droite atteignait presque son coude gauche. En prosternation, son front touchait le sol entre ses mains, ses doigts étant orientés vers la Kaaba. Lorsqu’il se relevait, il ajustait son turban, qui se desserrait fréquemment au cours de l’adoration.
Sa Sainteté (a.b.a.) a également mentionné que, lorsque la peste frappa pour la première fois, le Messie Promis (a.s.) se retira avec sa famille dans un verger, jugeant préférable de séjourner dans un espace aéré. Les compagnons chargés de monter la garde nocturne rapportèrent que, lors de leurs rondes, ils apercevaient fréquemment le Messie Promis (a.s.) absorbé par la prière. Ils confiaient même ignorer à quel moment il trouvait le sommeil, tant il demeurait constamment plongé dans l’adoration.
L’importance de la prière surérogatoire avant l’aube (Tahajjud)
Sa Sainteté (a.b.a.) a relaté que, lorsque le Messie Promis (a.s.) accomplissait la prière surérogatoire avant l’aube (Tahajjud), on pouvait parfois l’entendre répéter inlassablement :
« Guide-nous sur le droit chemin. »
Ce récit souligne que nous devrions, nous aussi, multiplier cette supplication afin de demeurer fermement établis sur la voie de la droiture.
Il est également rapporté qu’un jour, vers trois heures du matin, un compagnon aperçut le Messie Promis (a.s.) en train d’accomplir la prière de Tahajjud. Ce compagnon se mit lui aussi en prière à quelque distance, avec le dessein de rester debout aussi longtemps que le Messie Promis (a.s.). Cependant, la station debout de ce dernier se prolongea tant que, après seulement deux raka‘at, le compagnon s’épuisa et se vit dans l’incapacité de poursuivre. Ainsi s’illustrait l’effort soutenu du Messie Promis (a.s.) pour rendre pleinement justice à l’adoration divine.
Sa Sainteté (a.b.a.) a en outre rapporté qu’une personne demanda un jour au Messie Promis (a.s.) la marche à suivre si l’on se trouvait incapable d’accomplir la prière de Tahajjud. Il répondit que, dans une telle situation, il convenait au minimum d’implorer abondamment le pardon d’Allah par l’istighfar et de demeurer constamment absorbé dans le souvenir divin. En persévérant dans cette voie, l’on finirait par être en mesure d’accomplir la prière de Tahajjud.
La réponse du Messie Promis (a.s.) ne proposait pas un simple palliatif à cette prière ; elle offrait plutôt un cheminement progressif, empreint de sagesse, pour y parvenir.
Sa Sainteté (a.b.a.) a souligné qu’en particulier durant le mois de Ramadan, chacun se doit de s’efforcer d’accomplir la prière de Tahajjud. Bien que les prières de Tarawih soient observées pendant ce mois béni, elles ne sauraient se substituer entièrement à la prière de Tahajjud. Ainsi, même les fidèles qui accomplissent les Tarawih devraient consacrer un certain temps à la prière nocturne, ne serait-ce que le temps de deux ou quatre raka‘at.
Demeurer en état de pureté
Sa Sainteté Mirza Masroor Ahmad (a.b.a.) a relaté que Hazrat Mirza Ghulam Ahmad (a.s.) veillait méticuleusement à se maintenir en état d’ablution. Il a été observé qu’à chaque fois qu’il se retirait pour satisfaire un besoin naturel, il procédait sur-le-champ à ses ablutions.
Il est par ailleurs rapporté qu’il prononçait assidûment la supplication suivante :
« Subhan Allah wa bihamdihi, Subhan Allah al-‘Azim » (« Saint est Allah et à Lui la louange, Saint est Allah, le Très Grand. »)
En outre, il est consigné qu’aux premiers temps, le Messie Promis (a.s.) était systématiquement le premier à franchir le seuil de la mosquée. Un jour, un individu résolut de redoubler d’efforts afin de l’y devancer. Nonobstant toute sa détermination, lorsqu’il parvint à la mosquée, le Messie Promis (a.s.) s’y trouvait déjà recueilli.
Sa Sainteté (a.b.a.) a relaté qu’un jour, alors que le Messie Promis (a.s.) se rendait à une audience judiciaire, une averse les surprit en chemin. Il se dirigea par conséquent vers la demeure d’un habitant de cette contrée montagneuse, sise non loin de la route.
Le compagnon qui l’escortait s’avança afin de solliciter l’hospitalité, mais le propriétaire lui opposa un refus. Une vive altercation éclata entre eux, et l’hôte en vint même à proférer des malédictions à l’encontre du compagnon.
Alerté par ce tumulte, le Messie Promis (a.s.) s’approcha. Il narra que, dès l’instant où son regard croisa celui du maître des lieux, et ce, avant même qu’il n’eût prononcé le moindre mot, ce dernier baissa la tête avec humilité. Il s’en justifia en expliquant que son refus d’accueillir des étrangers n’était motivé que par la présence d’une jeune fille sous son toit ; nonobstant cela, il pria le Messie Promis (a.s.) d’entrer.
Ces deux hommes étaient pourtant de parfaits inconnus l’un pour l’autre. Néanmoins, le visage du Messie Promis (a.s.) irradiait d’un éclat spirituel si manifeste — fruit de son adoration perpétuelle et de sa parfaite servitude envers le Divin — que même cet homme candide le reconnut d’instinct.
Une dévotion à la prière sans commune mesure
Sa Sainteté (a.b.a.) a souligné que, même lorsqu’il se trouvait impliqué dans des litiges judiciaires — circonstances engendrant naturellement inquiétude et tension pour tout individu, qu’il soit plaignant ou défendeur —, ces contingences ne détournaient en rien le Messie Promis (a.s.) de l’accomplissement de son adoration.
Bien au contraire, en plein cœur d’une procédure judiciaire, il veillait scrupuleusement à observer ses prières à l’heure prescrite, ne se laissant nullement troubler par l’éventualité d’être appelé à comparaître à tout instant.
Le détachement des contingences matérielles dans la quête du Divin
Sa Sainteté Mirza Masroor Ahmad (a.b.a.) a relaté que, dans sa prime jeunesse, Hazrat Mirza Ghulam Ahmad (a.s.) adressa une missive à son père. Dans cette correspondance, il faisait observer qu’à intervalles réguliers, une épidémie ou une forme de pandémie s’abattait sur une contrée du globe. À ses yeux, ces fléaux constituaient les signes annonciateurs des temps de la fin.
De ce fait, le Messie Promis (a.s.) y confiait s’être progressivement détaché des préoccupations matérielles de ce bas monde. Sa Sainteté (a.b.a.) a fait observer que des tourments analogues se manifestent aujourd’hui à l’échelle planétaire ; par conséquent, il nous incombe de redoubler d’efforts afin de forger et de consolider un lien indéfectible avec Dieu.
Sa Sainteté (a.b.a.) a souligné que le Messie Promis (a.s.) avait effectivement renoncé à maints conforts matériels, de même qu’à des richesses qu’il eût pu aisément préserver, et ce, à la seule fin de sauvegarder et de servir sa foi.
Un épisode illustre d’ailleurs ce renoncement. À Qadian, un nouveau converti, cultivateur de son état, informa le Messie Promis (a.s.) qu’il lui fallait retourner administrer une importante récolte et sollicita l’autorisation de prendre congé. Le Messie Promis (a.s.) lui rétorqua qu’il avait, pour sa part, sacrifié une vaste part des attraits de ce monde pour la cause de la foi. Il exhorta alors ce nouveau musulman à prolonger son séjour de quelques jours, afin de se vouer à l’élévation de sa condition spirituelle avant de vaquer à ses affaires temporelles.
À travers cet enseignement, le Messie Promis (a.s.) démontrait que le croyant se doit d’évaluer sa situation avec discernement : il ne doit ni se laisser accaparer par les mirages matériels, ni s’en isoler de manière absolue. En toute circonstance, il lui incombe de cultiver la conscience du Divin et de ne jamais s’en détourner.
Prières pour le mois béni de Ramadan
Sa Sainteté (a.b.a.) a prié afin qu’Allah nous octroie la grâce de rendre pleinement justice à l’adoration sincère tout au long du mois de Ramadan. Puisse-t-Il accroître l’amour que nous Lui portons, de sorte que nous puissions recueillir l’intégralité des bénédictions de ce mois sacré, et que celles-ci perdurent bien au-delà de cette période. Puisse Allah nous permettre d’incarner l’essence même du croyant authentique.
Sa Sainteté (a.b.a.) a par ailleurs lancé un appel pressant à la prière, tout particulièrement en ces jours bénis, en faveur des ahmadis victimes de fausses accusations et de poursuites judiciaires iniques intentées en raison de leur foi. Qu’Allah leur accorde réconfort et délivrance.
Il a, en outre, exhorté l’assemblée à prier afin que le monde musulman et l’humanité dans son ensemble soient préservés de toute forme de désolation. Puisse Allah préserver les innocents de tout péril et, dans l’éventualité de conflits, qu’Il étende Sa protection sur les justes tout en demandant des comptes aux oppresseurs.
Résumé préparé par La Revue des Religions











Commentaires récents