Résumé du sermon du Calife

Les enseignements du Saint Prophète (sa) et son exemple pratique dans l’expression de la gratitude

Résumé du sermon du vendredi 7 août 2026 prononcé par Hazrat Mirza Masroor Ahmad (aba).

Après avoir récité le Tashahhoud, le Ta’awwouz et la Sourate al-Fatihah, Sa Sainteté Mirza Masroor Ahmad (aba) a déclaré qu’il poursuivrait la série de ses sermons sur les standards de la gratitude chez le Saint Prophète (sa), à travers ses actes et ses enseignements à ce sujet.

La gratitude envers les bienfaits les plus infimes

Sa Sainteté (aba) a expliqué que le Saint Prophète (sa) recommandait d’exprimer sa reconnaissance pour les choses les plus modestes, jusque dans les moindres détails. Le Saint Prophète (sa) a affirmé qu’il plaît à Dieu qu’une personne témoigne de sa gratitude à chaque bouchée qu’elle mange et à chaque gorgée qu’elle boit.

De même, le Saint Prophète (sa) entra un jour chez lui et aperçut un morceau de pain laissé à l’air libre. Il le nettoya puis le mangea, avant de dire à Aïcha (ra) qu’il convient d’honorer ce qui est précieux, ajoutant que lorsque Dieu prive un peuple de Ses provisions, celui-ci n’est plus en mesure de les recouvrer. C’est ainsi que le Saint Prophète (sa) faisait preuve de gratitude envers toute chose, aussi minime soit-elle.

En somme, quiconque souhaite voir ses biens et ses subsistances bénis se doit d’exprimer sa reconnaissance pour tout ce qu’il possède.

Sa Sainteté (aba) a rappelé le jour de la Conquête de La Mecque, lorsque le Saint Prophète (sa) se rendit chez sa cousine Oumm Hani. Ayant faim, il lui demanda si elle avait de quoi manger. Elle répondit qu’elle ne disposait que de pain rassis et lui fit part de sa gêne à l’idée de lui offrir un mets si humble. Cependant, le Saint Prophète (sa) lui demanda de le lui apporter ; il le trempa dans l’eau puis le mangea. Il demanda ensuite à Oumm Hani si elle avait une sauce ou un condiment pour l’accompagner. Elle expliqua qu’elle n’avait que du vinaigre. Le Saint Prophète (sa) demanda qu’on le lui apporte et en versa sur son pain, avant de déclarer que le vinaigre est un excellent mets et qu’un foyer qui en possède ne connaîtra jamais la misère.

Tel était le degré exceptionnel de gratitude du Saint Prophète (sa). Aujourd’hui, bien que de nombreuses personnes vivent dans des pays développés, beaucoup font preuve d’ingratitude et manifestent leur mécontentement pour des détails insignifiants, au lieu d’être sincèrement reconnaissantes pour l’ensemble des bénédictions que Dieu leur a accordées.

L’esprit de gratitude que nous devons tous adopter

Sa Sainteté (aba) a cité Mirza Bashiruddin Mahmud Ahmad (ra), le deuxième Calife de la communauté musulmane Ahmadiyya, qui observait qu’aujourd’hui, les gens ne peuvent se résoudre à porter des vêtements élimés, alors que lorsque les compagnons du Saint Prophète (sa) recevaient ne serait-ce que des habits usés, ils inclinaient la tête avec une profonde reconnaissance. De même, lorsqu’on sert un repas de nos jours, beaucoup expriment le désir de manger autre chose. Pourtant, si les compagnons du Saint Prophète (sa) ne recevaient que du pain rassis, ils ne cessaient d’exprimer leur gratitude envers Dieu.

Le plus sublime exemple de cette gratitude fut offert par le Saint Prophète (sa) lui-même, comme en témoigne cet épisode de la Conquête de La Mecque où, se rendant chez sa cousine qui ne disposait que de pain rassis et de vinaigre, il témoigna une immense reconnaissance. La gratitude développe une grande force morale chez l’individu, tandis que jouir des bienfaits de Dieu sans Lui en être reconnaissant ne contribue en rien à l’élévation du caractère. De surcroît, la gratitude a la capacité de rendre suffisante la plus modeste des nourritures.

Sa Sainteté (aba) a souligné que cet esprit de gratitude est une vertu que chacun devrait faire sienne, en particulier ceux qui ont voué leur vie au service de la foi (Waqf-e-Zindagi). Ces derniers se doivent d’être reconnaissants pour les modestes moyens mis à leur disposition, et s’efforcer d’élever les standards de leur propre gratitude ainsi que celle de leurs épouses et de leurs enfants. Ayant voué leur existence à une noble cause, il leur incombe d’établir des exemples élevés et d’œuvrer à les mettre en pratique.

Sa Sainteté (aba) a ajouté que le Saint Prophète (sa) ne se contentait pas d’exprimer sa gratitude pour les services rendus par ses compagnons, mais qu’il invoquait également d’abondantes bénédictions en leur faveur. Au cours d’un voyage, le Saint Prophète (sa), pris par le sommeil sur sa monture, se mit à pencher d’un côté. Sans mot dire, un compagnon s’approcha pour le soutenir et maintenir son équilibre. La scène se répéta une deuxième, puis une troisième fois. À la troisième reprise, le Saint Prophète (sa) lui demanda depuis combien de temps il marchait ainsi à ses côtés pour le veiller. Le compagnon répondit qu’il l’avait fait tout au long de la nuit. Le Saint Prophète (sa) pria alors pour lui en ces termes : qu’Allah le protège comme il avait protégé le Prophète d’Allah. C’est avec une telle noblesse d’âme que le Saint Prophète (sa) manifestait sa reconnaissance.

Sa Sainteté (aba) a également rapporté un récit où le Saint Prophète (sa) confia qu’Allah lui avait proposé de transformer toute la ville de La Mecque en or pour lui. Le Saint Prophète (sa) répondit qu’il préférait rester affamé un jour et manger à sa faim le lendemain, afin de pouvoir rendre grâce à Dieu lorsqu’il mangerait à sa faim, et L’implorer dans l’épreuve de la faim.

Enfin, Sa Sainteté (aba) a rappelé que le Saint Prophète (sa) buvait l’eau en trois gorgées — c’est-à-dire qu’il ne la buvait pas d’un seul trait, mais paisiblement, en observant trois pauses pour respirer. À chaque pause, il exprimait à nouveau sa gratitude envers Dieu.

L’importance de rendre un bienfait

Sa Sainteté (aba) a rappelé que le Saint Prophète (sa) a enseigné que lorsqu’une personne reçoit un bienfait de la part de quelqu’un, elle doit s’efforcer de le lui rendre. Si elle n’en a pas les moyens, il lui incombe alors d’évoquer ce bienfait en présence d’autrui, car faire l’éloge d’une faveur reçue constitue déjà une marque de gratitude. Quant à celui qui s’attribue de manière mensongère un mérite qu’il n’a pas, il ressemble à un homme drapé dans deux vêtements de mensonge, c’est-à-dire un menteur de la tête aux pieds.

Sa Sainteté (aba) a souligné que le Saint Prophète (sa) gardait un souvenir immuable envers ceux qui lui avaient témoigné de la bonté, et qu’il le rappelait fréquemment. Parmi eux figurait Khadija (ra), qui l’a soutenu à chaque étape de sa vie. Elle comptait parmi les femmes les plus fortunées de La Mecque et, après son mariage avec le Saint Prophète (sa), elle lui confia toute sa richesse pour qu’il en dispose selon sa volonté. Puis, dès l’avènement de la prophétie, Khadija (ra) demeura à ses côtés à travers l’ensemble des épreuves et des périls, jusqu’à son décès survenu durant la dixième année de la mission prophétique.

Tout au long de son existence, le Saint Prophète (sa) ne cessa de louer le dévouement et la bonté de Khadija (ra), à tel point que ses autres épouses en éprouvaient parfois de la jalousie. Un jour, Aïcha (ra) lui demanda pourquoi il continuait d’évoquer avec tant d’éloges une épouse disparue alors qu’il avait désormais d’autres femmes auprès de lui. Le Saint Prophète (sa) répondit qu’il n’avait pas eu de meilleure épouse que Khadija (ra) : elle l’avait cru lorsque les gens le rejetaient, elle avait pris sa défense quand les autres le dénigraient, elle avait mis ses biens à sa disposition alors que tous l’en privaient, et Dieu lui avait accordé à travers elle une descendance, ce qu’Il ne lui avait attribué avec aucune autre épouse. C’est ainsi que le Saint Prophète (sa) exprima sa gratitude envers Khadija (ra) sa vie durant.

Sa Sainteté (aba) a poursuivi en rappelant qu’un jour, le Saint Prophète (sa) déclara qu’Allah avait offert à un serviteur le choix entre les splendeurs de ce monde et les bénédictions qui résident auprès de Lui, et que ce serviteur avait préféré les bénédictions d’Allah. En entendant ces mots, Abou Bakr (ra) fondit en larmes, ce qui surprit les compagnons présents. Abou Bakr (ra) avait immédiatement compris que le serviteur dont parlait le Saint Prophète (sa) n’était autre que lui-même. C’est alors que le Saint Prophète (sa) affirma que personne ne lui avait rendu de plus grands services par sa compagnie et ses biens que Abou Bakr (ra). Il ajouta que s’il avait dû prendre un ami intime (khalil) parmi les hommes en dehors d’Allah, ce serait assurément Abou Bakr (ra).

Enfin, Sa Sainteté (aba) a rappelé que lorsque les musulmans subissaient de cruelles persécutions à La Mecque, certains d’entre eux émigrèrent en Abyssinie, où le roi leur accorda l’asile. Le Saint Prophète (sa) n’oublia jamais ce geste généreux du roi Négus et lui en témoigna sa reconnaissance dès qu’il en eut l’occasion. Lorsqu’une délégation envoyée par le Négus vint lui rendre visite, le Saint Prophète (sa) se leva en personne pour l’accueillir. Les compagnons proposèrent de s’en charger à sa place ; toutefois, le Saint Prophète (sa) répondit que le Négus avait rendu un immense service aux musulmans et qu’il tenait à honorer lui-même ces hôtes en retour. C’est dans ce même esprit de profonde gratitude que, dès l’annonce de la mort du roi, le Saint Prophète (sa) accomplit la prière funéraire en son absence (Janazah Gha’ib).

Le Saint Prophète (sa), serviteur reconnaissant de Dieu

Sa Sainteté (aba) a raconté qu’avant l’Émigration, le Saint Prophète (sa) avait accepté le serment d’allégeance de soixante-dix personnes venues de Médine à sa rencontre. L’une d’elles exprima le souhait que le Saint Prophète (sa) ne retourne jamais à La Mecque, même après la victoire suprême que Dieu lui accorderait. Le Saint Prophète (sa) l’assura qu’il n’en serait rien, déclarant que leur sang était désormais son sang, leurs amis ses amis, et leurs ennemis ses ennemis.

Sa Sainteté (aba) a également évoqué un voyage au cours duquel le Saint Prophète (sa) épousa Safiyya (ra). Durant cette nuit-là, un compagnon monta la garde devant la tente du Saint Prophète (sa). Le lendemain matin, apercevant le compagnon, le Saint Prophète (sa) s’enquit de sa présence. Ce dernier expliqua qu’il redoutait que la nouvelle mariée ne lui causât du tort, étant donné que son père et ses frères avaient péri lors de la bataille de Khaïbar et qu’elle venait à peine d’embrasser l’Islam. Ému par une telle dévotion, le Saint Prophète (sa) pria pour qu’Allah protège ce compagnon comme il l’avait veillé durant toute la nuit.

Sa Sainteté (aba) a rapporté un autre récit où le Saint Prophète (sa) avait demandé un peu d’eau. Un compagnon la lui apporta dans un récipient, mais remarquant un cheveu à la surface, il le retira avant de la présenter au Saint Prophète (sa). Même pour une attention si modeste, le Saint Prophète (sa) pria pour qu’Allah accorde la beauté à cet homme. Il ne laissait ainsi passer aucune occasion d’exprimer sa reconnaissance. Il est rapporté que ce compagnon vécut très âgé sans qu’aucun cheveu de sa tête ni de sa barbe ne blanchisse, sous l’effet de la bénédiction de cette prière.

Sa Sainteté (aba) a rappelé la règle enseignée par le Saint Prophète (sa) : quiconque reçoit un présent doit s’efforcer de donner un présent en retour. S’il n’en a pas la capacité, il se doit d’évoquer ce présent auprès d’autrui. Celui qui témoigne d’un don reçu exprime sa gratitude, tandis que celui qui le tait fait preuve d’ingratitude.

En conclusion, Sa Sainteté (aba) a rappelé que le Saint Prophète (sa) demeurait en prière nocturne si longuement que ses pieds finissaient par enfler. Témoin de cette dévotion, Aïcha (ra) lui demanda pourquoi il s’imposait une telle rigueur, alors qu’Allah l’avait déjà préservé de toute faute passée ou future. Le Saint Prophète (sa) répondit : « Ne devrais-je pas être un serviteur reconnaissant ? » C’est ainsi qu’il atteignit les cimes de la gratitude spirituelle et nous enjoignit d’emboîter ses pas. En d’autres termes, devenir véritablement reconnaissant envers Dieu exige un effort sincère et une quête perpétuelle d’élévation dans l’adoration.

Sa Sainteté (aba) a clôturé son sermon en priant pour qu’Allah accorde à chacun la grâce de devenir un serviteur authentiquement reconnaissant, voué à Son adoration, et de bénéficier éternellement des bénédictions divines.